VIOL DE LA CONSTITUTION
Posté le 06.07.2008 par abdoumenfloyd
Une fois de plus, les sources les plus « informées » ont été démenties. Le président de la République a gardé le silence à propos de la révision de la Constitution. Hier, au siège du ministère de la Défense nationale où il a prononcé une allocution à l’occasion de la commémoration de la fête de l’Indépendance et de la fête de la Jeunesse, il s’est, en effet, gardé de la moindre affirmation, voire allusion.
Tout militait pourtant pour faire de ce 5 Juillet la date idéale de l’annonce solennelle de l’amendement constitutionnel. Le nouveau promu à la chefferie du gouvernement, Ahmed Ouyahia, n’a-t-il pas affirmé à la clôture du tout récent congrès du RND, son parti, que la «révision de la Constitution aura lieu» ? D’aucuns ont eu à comprendre l’affirmation de Ouyahia comme un prélude à une annonce présidentielle imminente. L’annonce, au bout du compte, n’a pas été si imminente, puisque le président Bouteflika a préféré une fois de plus zapper la question de la révision constitutionnelle, faisant, du coup, durer le suspense et maintenir l’illisibilité qui couvre l’univers politique national.
Que se passe-t-il ?
Le temps presse pourtant. La prochaine élection présidentielle aura normalement lieu dans neuf mois. Un temps relativement court si l’on doit supposer que l’amendement constitutionnel fasse au préalable l’objet d’un débat préparant sa soumission à référendum populaire. Le temps est également relativement court, à supposer que la révision constitutionnelle se suffise de l’aval parlementaire, c'est-à-dire des deux chambres du Parlement réunies. En effet, même dans ce cas de figure, l’amendement constitutionnel, pour engageant qu’il est censé être, doit bénéficier d’un temps d’examen et de lecture conséquent. Sinon, même avalisé par le Parlement, il souffrira de ce qu’il sera toujours perçu comme une sorte de victoire à la Pyrrhus. A plus forte raison lorsque l’on sait que cette révision constitutionnelle poursuit en premier chef de faire sauter le verrou constitutionnel qui empêche le président de la République en exercice de postuler pour un mandat supplémentaire. L’enjeu est donc foncièrement politique. C’est, entre autres, pour cette raison que les partis politiques, qui devront retenir de concourir en avril 2009, doivent savoir suffisamment à l’avance dans quelles conditions ils auront à concourir et se préparer en conséquence.
Que se passe-t-il ?
On le saura bientôt.
L.M.
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Posté le 06.07.2008 par abdoumenfloyd
C’est donc officiel : l’Algérie connaîtra un nouveau découpage administratif avec la création de nouvelles wilayas déléguées. Bouteflika en a fait l’annonce hier samedi au siège du ministère de la Défense à l’occasion de son discours traditionnel pour la commémoration de la fête de l’Indépendance.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Même s’il n’a pas fourni de plus amples détails, Bouteflika affirmait, en effet, que «dans l’objectif d’une meilleur prise en charge des impératifs de gestion et mieux faire face aux exigences du développement, ainsi que pour rectifier les déséquilibres constatés au niveau de l’organisation administrative des territoires, il s’avère indispensable de revoir l’organisation administrative en vigueur en transformant certaines daïras en circonscriptions administratives territoriales dans la perspective de la création de nouvelles wilayas». Comme nous l’annoncions en une de nos précédentes éditions, il s’agit, plus précisément, de la promotion de daïras de grosse ou moyenne taille au rang de wilayas déléguées. Et selon une source très bien informée, «après que le président eut fait l’annonce officiellement, tout suivra très vite. Ce nouveau découpage fera l’objet d’un décret présidentiel que vient de finaliser le ministère de l’Intérieur et qui sera soumis à l’examen du prochain Conseil des ministres». Et selon toujours notre source, ce nouveau découpage verra la création de 95 nouvelles wilayas déléguées aux prérogatives renforcées à l’image de ce qui s’était déjà fait à Alger. «Ces nouvelles entités administratives seront soumises à une période probatoire de deux années et se lanceront ainsi dans une sorte de compétition. En effet, c’est à l’issue de ces deux années que seront connues les wilayas déléguées qui réuniront les conditions nécessaires et qui seront donc les plus aptes à être hissées au rang de wilaya». Il est ainsi prévu d’aboutir, à terme, à la création d’une bonne quarantaine de nouvelles wilayas à l’horizon 2010. D’ores et déjà, certaines grandes agglomérations ou centres urbains sont naturellement destinés à être promus au statut de wilaya, et ce, de par leur taille territorial, leur densité démographique et le volume de leur activité économique. Aïn-Salah, actuellement rattachée à Tamanrasset, Djanet, rattachée à Illizi ou Aïn- Sefra à Naâma, pour ne citer que ces exemples, ne peuvent être que des wilayas dès 2010. Pour être au rendez-vous, «ces nouvelles wilayas déléguées bénéficieront de moyens colossaux, ajoute notre source, car il n’est pas question de renouveler l’expérience de 1984 où des wilayas, des daïras et même des communes ont parfois étaient créées juste pour faire plaisir à tel ou tel autre responsable. Lancée sans la moindre préparation rationnelle, elle a donné lieu à des résultats catastrophiques sur tous les plans».
K. A.
Posté le 01.07.2008 par abdoumenfloyd
Le Quotidien d’Oran, proche d’El-Mouradia, l’avouait déjà en janvier : « La perspective d’un référendum n'enchante pas les conseillers de l’entourage de Bouteflika, ni même les états-majors des partis de l'alliance présidentielle, et cela à l'analyse du comportement abstentionniste récurrent de la majorité de l'électorat dans les précédentes consultations populaires. Ils feraient pour cette raison le forcing auprès de lui pour le convaincre de renoncer à soumettre à référendum la révision de la Constitution en faisant valoir qu'un taux d'abstention élevé en cette circonstance entacherait inévitablement sa légitimité. »Comment , en effet, réviser la Constitution quand une population a divorcé d’avec le pouvoir et qu’elle ne vote plus ? Mieux vaut l’amender à la sauvette, par voie parlementaire : c’est, en gros, à cela que se résume le prochain coup de Trafalgar que préparent les hommes du cercle présidentiel.
Pour éviter le référendum, les concepteurs du « viol constitutionnel » évitent de toucher aux fondements sacrés du texte, et dont la modification aurait exigé une consultation populaire. Mais l’essentiel, n’est-ce-pas, c’est l’article 74 limitant le nombre de mandats présidentiels et qu’il s’agit d’amender afin de permettre à Bouteflika de briguer un troisième mandat ! Alors va pour l’article 74 ! Et seulement l’article 74 ! Le Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, le dit très bien : « Les amendements ne concerneront pas les équilibres entre les institutions, car cela exigerait un référendum.
Tout ce qui touche à l’identité de la nation ne changera pas. Les constantes de la personnalité algérienne, comme l’article 2 énonçant que l’Islam est la religion de l’Etat, l’arabité, le nom officiel de la République ou le Sénat ne sont pas concernées par ces amendements.» Il n’est plus question que la « RADP » devienne « RA ». Il n’est plus question d’enlever le Sénat. Le bicaméralisme, tant décrié par le chef de l’État durant les premiers mois de son premier mandat, sera également maintenu en l’état, arguant que “le Conseil de la nation, faisant désormais partie des traditions politiques et institutionnelles du pays”.
Toutes ces « propositions » étaient destinées aux «gogos », pour justifier la révision constitutionnelle. C’est fini, maintenant. Place à l’article 74, et seulement l’article 74 ! il est bien pratique cet article : l’amender autorise un troisième mandat et, de plus, évite de passer par un référendum !Pourquoi se priver ?Voilà comment une camora compte se reconduire au pouvoir.
Posté le 01.07.2008 par abdoumenfloyd

La population d’In Salah le lui avait rappelé en janvier : « Vous avez promis en 2003 de faire d’In Salah une wilaya, nous attendons toujours ! » Et bien ce sera fait pour préparer le troisième mandat ! Et il n’y aura pas qu’In Salah ! Bouteflika a partout promis, tellement promis, en 2004, d’ériger aux populations leurs dairas en wilayas, qu’il a créé 17 nouvelles wilayas. En veux-tu en voilà ! L’Algérie passera à 65 wilayas en 2008 et c’est le président-candidat qui annoncera la bonne nouvelle là où il passera. Le nouveau découpage territorial sera bientôt soumis pour approbation par le gouvernement entrera en vigueur au second semestre de l’année 2008. Selon nos sources, l’Algérie passera de 48 à près de 70 wilayas, soit 17 nouvelles circonscriptions, entre wilaya et wilaya déléguée. En effet, de grandes communes déjà élevées au rang de daïras pourront connaître un nouveau statut, soit de wilayas, soit de wilayas déléguées, alors que de nouvelles wilayas verront le jour à la faveur du projet paraphé par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales.
Cette nouvelle carte mettra fin au découpage électoral de 1984 qui a consacré 48 wilayas et 1 541 Assemblées populaires communales.
Ainsi In Salah deviendra Wilaya mais aussi In Guezam, et bien d'autres dairas. Le cadeau électoral de Bouteflika est à la hauteur de l'ambition : 65 wilayas pour un troisième mandat !
K.M.
Posté le 28.06.2008 par abdoumenfloyd
La conférence de presse tenue par le secrétaire général du Rassemblement National Démocratique, à l’issue du troisième congrès du parti, s’est transformée en une tribune où sous la casquette de chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia s’est exprimé sur plusieurs questions nationales et internationales.
Ce qu'on en retient :
1. Je suis un Chef de gouvernement à part enière
Ouyahia a signifié, lors d’un point de presse organisé hier à l’hôtel El-Aurassi, aux professionnels des médias qu’il est “Chef de gouvernement” et qu’il jouit “de toutes les prérogatives” pour mener à terme la mission pour laquelle il a été nommé chef de l’Exécutif par le chef de l’État. “J’exercerai pleinement ma fonction de Chef de gouvernement et je tiens à vous préciser que je ne vais pas faire l’hypocrite ! Il y a trop de problèmes et je suis là pour justement régler toutes les factures en suspens. Et je ne suis pas seul. Il y a toute une équipe avec moi. Il y a trop de blocages sur le terrain. Je vais essayer de lever quelques contraintes qui bloquent la machine jusque-là”. Sans donner de détails sur ses priorités immédiates, Ouyahia dira que “la priorité des priorités est la société avec une dose de bon sens. Ces priorités, et tout le monde va s’impliquer pour changer les mentalités, n’est pas d’allumer des pneus à chaque coin de rue et ou de déclencher l’émeute. Notre souci majeur est d’abord d’achever le programme du président Bouteflika, et j’ai cet honneur d’être nommé Chef de gouvernement, sachant que ce n’est pas évident et facile d’occuper cette fonction”.
2. Projet de l’union pour la méditerranée : l’intérêt de l’Algérie prime et nous ne seront pas plus palestiniens que les palestiniens
Le secrétaire général du RND et chef du gouvernement a avancé plusieurs éléments sous-entendant la présence de l’Algérie au sommet de Paris qui doit officiellement lancer le .
Ahmed Ouyahia a toutefois déclaré que la décision d’y prendre part ou pas revenait au chef de l’état et que l’intérêt de l’Algérie exigeait un examen préalable avant toute démarche. Il a par ailleurs indiqué qu’il n’était nullement question d’avoir recours à la question palestinienne ou le boycottage du sommet sous prétexte de la présence d’Israël.
Ouyahia déclarera que les algériens ne sont pas censés être plus palestiniens que les palestiniens d’autant plus que Mahmoud Abbas est attendu au sommet de Paris. Il continuera sur sa lancée en revenant sur les voix, les dirigeants arabes particulièrement, qui ont critiqué le fait que le président Bouteflika ait serré la main au premier ministre israélien lors des funérailles du roi marocain Hassan II. Ces critiques reflètent l’hypocrisie, selon Ouyahia, puisque la position de l’Algérie face à la question palestinienne et de ses relations avec Israël n’est pas soumise aux enchères.
3. Mon soutien à Bouteflika est absolu et je ne serais pas candidat s’il se présente
Le secrétaire général du RND a déclaré que son parti n’émettra aucune proposition concernant la révision de la constitution indiquant que c’est là une prérogative du président de la république que le parti veut préserver. Ouyahia a précisé que sa formation préférait conserver les principaux fondements de la constitution comme le maintien du conseil de la nation parmi les institutions de l’état, sinon, il signe un chèque à blanc au sujet de la révision.
Ahmed Ouyahia réitère son soutien au chef de l’état pour un troisième mandat présidentiel et réaffirme qu’il ne se présentera pas à l’élection présidentielle si Bouteflika est candidat.
4. Je ne présenterai pas le programme du gouvernement devant le parlement
Le chef du gouvernement a révélé qu’il ne présentera pas le contenu du programme de son gouvernement devant les deux chambres du parlement puisqu’il s’agit de poursuivre l’application du programme du président de la république entamé il y a plus de quatre ans, ajouté aux grands axes qui ont caractérisé le premier mandat présidentiel.
Ouyahia a souligné que le fait de ne pas présenter son programme est légal citant son prédécesseur Belkhadem qui s’était abstenu de présenter le programme du gouvernement lorsqu’il en prit la tête. Le nouveau chef du gouvernement a affiché son optimisme quant au respect par le gouvernement des grands axes du programme présidentiel notamment en ce qui concerne les délais. Il donnera l’exemple des projets du million de logements et de l’autoroute est-ouest.
5. La peine capitale pour mettre fin aux détournements de fonds, aux viols et aux rapts
Ouyahia a affirmé sa ferme intention de lutter contre la corruption et ses aspects appuyant ouvertement l’application de la peine de mort à l’encontre des coupables dans quatre cas qui seraient, d’après lui, la raison principale de la détérioration de la société. Il s’agit du détournement des deniers publics, le viol d’enfants, le kidnapping et la drogue. S’il estime qu’il découlera de ces déclarations une grande responsabilité étant donné sa place dans l’exécutif, il affirme que la question implique une lutte acharnée pour endiguer ces maux.
6. " Je ne ferai pas l’hypocrite ! "
Ouyahia renchérit : “Je donnerai ma langue au chat si je vous dis le contraire. Mais au risque de me répéter, je ne ferai pas l’hypocrite ! Car il y a un volume de travail à faire incomparable aux années précédentes.” Citant des exemples de succès, comme le logement et l’autoroute Est-Ouest, le Chef du gouvernement regrette, en revanche, que les banques algériennes ne jouent pas le jeu dans la création d’emplois et des richesses. “Le nombre de dossiers acceptés et validés au niveau de l’Ansej a sensiblement chuté l’année dernière. Or, il y a un dispositif qui garantit le processus de financement et qui prend en charge le risque de remboursement des prêts pour les jeunes. Dès lors, nos banques financent de moins en moins les projets.”
À ce sujet, Ouyahia a annoncé une prochaine rencontre avec les P-DG des banques pour faire le point et lever cette énième contrainte. Dénonçant la contrebande qui ronge l’économie nationale, Ouyahia dira d’emblée que “trop de gens bricolent, mais ne travaillent pas. À commencer par ceux qu’on appelle la République des conteneurs.”
7. Nous œuvrerons à la réinsertion des "patriotes"
Concernant les éléments des Groupes de légitime défense en cette période de post-terrorisme, Ouyahia a indiqué que l’état n’a pas suffisamment récompensé ceux qui ont exposé leur vie au danger pour protéger l’état et la société. Il ajoutera que l’état a procédé à la réinsertion d’un certain nombre d’entre eux dans différents secteurs sans pour autant l’annoncer officiellement. Il s’engage à œuvrer à l’insertion sociale et professionnelle de tous les "patriotes". Sauf que sur ce point, la vision du chef du gouvernement diffère de ce que veulent les "patriotes" car il s’oppose à la promulgation d’un statut particulier pour eux.
8. Changement de la Constitution : “Elle aura lieu bientôt”
La révision de la loi fondamentale interviendra très prochainement, selon Ouyahia. “Probablement cette révision va passer par le Parlement. Sinon, si référendum il y a, on attendra la décision du chef de l’État et on est là ! Pour vous dire, le président de la République n’a pas changé d’avis sur cette révision depuis juillet 2006.
Et les choses sont aussi claires maintenant”, dira Ouyahia, qui rappelle que le Rassemblement national démocratique (RND) a exprimé, à l’issue de son 3e congrès national ordinaire, sa position sur les amendements qui devront toucher la loi fondamentale et réitéré son soutien au chef de l’État pour se présenter en 2009 afin de briguer un troisième mandat.
9.“Je ne suis pas un Clint Eastwood, je fais mon job !"
“Je ne suis pas un Clint Eastwood, je fais mon job ! La corruption est cette fille née d’une grande dérive que nous devons tous combattre. C’est une lutte sans pitié et un long combat”, affirme Ouyahia qui relève également d’autres phénomènes indissociables du terrorisme. “Celui qui détruit son pays ne mérite que la mort. Et je suis pour la peine de mort dans des cas comme les kidnappings, la violence contre les enfants, les grands détournements dans les postes et les banques ainsi que le trafic de drogue, mais pas ceux qui consomment un joint et que la loi doit réprimer", explique le conférencier qui s’appuie sur des textes de loi, d’une part, et la détermination de l’État à faire mal à ceux qui continuent à entretenir ces phénomènes autrefois étranges à notre société.
Il dira en revanche que la lutte contre le terrorisme et le processus de la réconciliation nationale se complètent dès lors que l’État et la société algérienne n’ont jamais cessé de braver le terrorisme et à soutenir la loi relative à la réconciliation nationale. À la question relative aux statuts des Patriotes, le conférencier tranche : “Y en a marre des statuts. Il y a le texte de loi de 1996 et la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.”
L.M. (Liberté)
Posté le 26.06.2008 par abdoumenfloyd
« Nous réaffirmons notre soutien aux efforts et à l’action de Monsieur le Président de la République, le frère Abdelaziz BOUTEFLIKA. Il pourra toujours être assuré de notre soutien loyal, que ce soit au sein des institutions, que soit dans le cadre de l’Alliance Présidentielle, ou que ce soit en tant que famille politique, notamment aux échéances politiques majeures qui s’annoncent pour bientôt. En votre nom à tous, Mesdames et Messieurs les Congressistes, je salue la contribution loyale de nos militants, membres du Gouvernement et cadres à différents niveaux de l’appareil de l’Etat, pour la mise en œuvre du programme de Monsieur le Président de la République. »
C’est en ces termes que M. Ahmed OUYAHIA, Premier ministre, secrétaire général du RND, dans un discours prononcé aujourd’hui à Alger à l’ouverture du Congrès du RND, a rendu hommage à Bouteflika et signifié un soutien total du RND au troisième mandat de ce même Bouteflika.
Posté le 18.06.2008 par abdoumenfloyd
Le rideau se ferme sur le mauvais vaudeville : le président de l'Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse) de l'Algérie, Abdelaziz Ziari, a affirmé que l'annonce officielle de la révision constitutionnelle par le président algérien Abdelaziz Bouteflika est "pour bientôt", au vu des échéances politiques de l'année 2009.
Cette révision passera par le Parlement avec les deux chambres réunies sur convocation du président de la République.
M. Ziari, qui ne cache pas son soutien à un troisième mandat pour le président Bouteflika a, dans un entretien au journal francophone la Tribune, publié mardi, M. Ziari a indiqué, en ce qui concerne l'échéance de la révision constitutionnelle, que la décision appartient "légalement et constitutionnellement" au chef de l'Etat, ajoutant que "cela ne saurait tarder parce qu'il y a des échéances comme l'élection présidentielle".
La Constitution est claire en ce qui concerne sa révision, et lorsque "cela ne doit pas aller vers le référendum, (...) cela passera par le Parlement avec les deux chambres réunies sur convocation du président de la République", a-t-il ajouté.
"D'autant plus que nous allons vers la présidentielle", a-t-il dit, ajoutant qu'"organiser trop de consultations populaires finit par lasser les citoyens".
Persistant dans le mensonge, Ziari jure que la révision de la Constitution s'impose parce que, au-delà de la position du président Bouteflika exprimée dès 1999, l'actuelle loi fondamentale a été élaborée " dans l'urgence pour répondre à une situation d'urgence".
"Depuis 1996, la situation a changé et impose une adaptation du texte qui définit et organise les institutions", a-t-il affirmé, soulignant qu'il fallait "remettre en place les institutions qui avaient été suspendues après l'arrêt du processus électoral de 1991".
"Amender la Constitution, ce n'est pas ne pas la respecter. Puisque, elle-même prévoit sa propre révision", a-t-il ajouté.
L.M.
Posté le 18.06.2008 par abdoumenfloyd
Fidèle du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, Abdelaziz Belkhadem, 63 ans, est le chef du gouvernement algérien depuis mai 2006 et le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN). Avec l'aide de ce parti majoritaire au Parlement, il vise à faire modifier la Constitution pour permettre au chef de l'Etat de briguer un troisième mandat en avril 2009.
Souvent qualifié par ses adversaires d'islamo-conservateur, Abdelaziz Belkhadem appartient à ce courant qui a toujours existé au sein du FLN, où la ligne entre nationalisme et religion est floue. Le chef du gouvernement cultive ainsi une image d'homme nationaliste et pieux à la fois.
Votre homologue français, François Fillon, est attendu à Alger les 21 et 22 juin. Qu'attendez-vous de sa visite ?
Tout d'abord, un raffermissement des relations entre nos deux pays. Celles-ci sont déjà très bonnes, mais si nous voulons aboutir à un partenariat d'exception, il nous faut donner de la chair à ce partenariat. Nous souhaiterions, notamment, plus d'investissements français en Algérie, plus d'assistance technique, et plus de souplesse dans la circulation des personnes.
La question du Sahara occidental n'est-elle pas également source de crispations de l'Algérie envers la France ?
La France a une position qui relève de sa seule souveraineté. Mais nous considérons que le pays des droits de l'homme ne peut pas tourner le dos au droit des peuples à l'autodétermination et encore moins à la légalité internationale.
L'Algérie critique ouvertement le projet d'Union pour la Méditerranée de Nicolas Sarkozy...
L'Algérie est favorable à toute initiative qui rapprocherait les deux rives de la Méditerranée. Mais celle qui nous a été exposée en 2007 par le président Sarkozy n'est plus celle qui nous est présentée aujourd'hui. Initialement, il s'agissait des seuls pays de la Méditerranée. L'objectif était de construire une union du même type que l'Union européenne, avec des projets à géométrie variable. Aujourd'hui, c'est une Union pour la Méditerranée, et non plus une Union méditerranéenne, et son contenu reste flou.
Cette union regroupe 44 pays et s'intègre fidèlement dans le processus de Barcelone, qui nous a déçus. Sur les trois volets - politique, économique et humain -, il n'y a guère eu d'avancées. Sur le plan humain, les choses se sont même dégradées, à la suite des mesures prises par les Etats de l'Union européenne, après le 11 septembre 2001. Et la France se limite à mettre en relief l'amélioration des conditions matérielles de délivrance des visas, sans préconiser des mesures tangibles pour mettre fin aux restrictions et discriminations auxquelles sont soumis les ressortissants algériens.
J'ajouterai, enfin, que si l'Algérie est favorable à une union de projets à géométrie variable, il ne faut pas que ces projets soient une couverture pour une normalisation rampante avec Israël.
Malgré toutes ces réticences, le président Bouteflika sera-t-il présent, le 13 juillet à Paris, au sommet qui lancera l'Union pour la Méditerranée ?
Je ne peux pas m'avancer mais le président Bouteflika nous a toujours habitués à être là quand l'Algérie doit être représentée à son plus haut niveau.
Vous démentez, par conséquent, les rumeurs selon lesquelles M. Bouteflika sera absent de ce sommet ?
Je dis qu'il n'est pas exclu que le président Bouteflika vienne à Paris pour ce sommet.
Où en est ce projet, que vous annoncez depuis presque deux ans, de réviser la Constitution pour permettre à M. Bouteflika de briguer un troisième mandat ?
Au FLN, nous avons été les premiers à demander une telle réforme, et nous continuons de la souhaiter. De mon point de vue, cette révision aura lieu, c'est une question de temps. Nous préconisons un régime présidentiel fort, ainsi qu'un approfondissement de la pratique démocratique. Ce verrou de deux mandats nous paraît antidémocratique. C'est au peuple de décider (en avril 2009) s'il veut redonner sa confiance au président pour un troisième mandat. Nous sommes favorables à une élection présidentielle sans exclusion. A l'heure actuelle, c'est le président qui souffre d'exclusion en raison de cette limitation à deux mandats.
Quelle voie choisir pour cette révision de la Constitution : le référendum ou la voie parlementaire ?
Un troisième mandat n'altérant pas l'équilibre des pouvoirs en Algérie, la voie parlementaire pourrait suffire.
On parle aussi d'une révision de la Constitution qui permettrait non pas un troisième mandat mais allongerait de deux ans l'actuel quinquennat. Autrement dit, le président Bouteflika pourrait rester chef de l'Etat jusqu'en 2011.
Au FLN, nous ne sommes pas favorables à cette manière de faire. Soit on permet un mandat plein et entier, soit on ne le permet pas. Si on procède à un amendement de la Constitution, pourquoi se limiter à une prolongation de deux ans ? Mais soyons très clairs : nous sommes pour une élection pluraliste. Le peuple choisira entre plusieurs candidats. Le président Bouteflika n'est pas en train de réclamer un mandat à vie.
Propos recueillis par Florence Beaugé
LE MONDE
Posté le 08.06.2008 par abdoumenfloyd

L’intox pour combler le vide. C’est à cela que semble jouer le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Abdelaziz Belkhadem et les marchands de « tuyaux ». Belkhadem a ameuté hier les membres de l’instance de coordination du parti (les ministres FLN, les présidents des commissions et vice-présidents au niveau des deux Chambres du Parlement, le président de l’Assemblée populaire nationale, les présidents des groupes parlementaires à l’APN et au Conseil de la nation et les présidents des commissions permanentes au sein du parti) mais pour leur dire quoi ? Rien, selon l’Expression. Le journal écrit : « Hier, dinosaures et jeunes loups se sont retrouvés au siège national du parti à Hydra. Un conclave important pour le parti majoritaire mais sans prononcer le moindre mot au sujet du congrès extraordinaire et de la révision de la Constitution. Les «conclavistes» on disserté sur l’éternel sujet du renouvellement des structures, de la situation du pays avant de se séparer avec les congratulations d’usage en attendant de se revoir, une autre fois et dans les mêmes conditions. L’horloge politique est bloquée dans les têtes et dans les actes. »
Mais un autre quotidien, Liberté, croit savoir que Belkhadem a annoncé que le gouvernement sera bientôt remanié et que la révision de la Constitution est encore à l’ordre du jour et qu’elle interviendra “très prochainement”. Les marchands de « faux tuyaux » sont entrés dans le jeu !
L’initiative des « tuyautistes » ressemble fort à un « passage en force », une façon de requinquer le moral des troupes laminé par l’absence du président Bouteflika, les bruits qui courent sur sa maladie et les rumeurs de l’abandon du 3è mandat.
Abdelaziz Belkhadem en serait à sa dixième « annonce » sur le sujet de la révision de la Constitution.
Qui dit faux, qui dit vrai ? Même les militants sont en désaccord, selon l’Expression.
«Les rapports, les dossiers et tout est prêt au niveau du parti, nous attendons le signal de la Présidence. Nous ne pouvons pas organiser un congrès extraordinaire sans que la révision de la Constitution ne soit déclarée par le président de la République» », confient les uns.
« Non! disent d’autres sources. Le FLN couve une crise réelle et l’actuelle direction fuit la réunion du conseil national car elle a tout simplement peur de présenter son bilan.» Pour ces militants, il n’y a pas de rapport direct entre le congrès extraordinaire et la révision de la Constitution. La guerre entre militants est larvée depuis mai 2007, date de la tenue des dernières législatives. Le fossé s’est creusé lors des élections municipales où le FLN a marqué un net recul en termes de sièges au niveau local.
En attendant Godot, relisons cette chute de l’Expression : « La léthargie dans laquelle est plongé le FLN et le silence qui embaume ses activités, renvoient les bruyants cris de désaccords aussi bien entre les membres de ce parti que les arcanes du pouvoir. Après avoir mis une incroyable pression sur ses camarades de l’Alliance présidentielle, le RND et le MSP, le FLN de Belkhadem traîne le pas. Pourtant, il s’est fixé comme objectif d’être la locomotive, mais sur tous les terrains elle s’essouffle. »
Posté le 02.06.2008 par abdoumenfloyd
Rachid Boudjedra a animé une conférence-débat jeudi à Bouzeguène en tant qu’invité des Mois littéraires de l’association Igelfan avec son épouse Michèle.
Sur Bouteflika : « Je ne suis ni pour le premier ni pour le deuxième et encore moins pour un troisième. » Avec cette précision : «Je suis de gauche et lui de droite, c’est un honneur pour moi qu’il ait un jour cité tous les écrivains algériens sauf moi preuve que je suis honorable et qu’il n’y a rien à bouffer avec moi.»
A ce propos, Boudjedra, dit ne pas cacher son attachement pour les pauvres et les gens qui ne sont pas favorisés par la nature et la vie. Enfant à Aïn Beïda, lui fils de riche fréquentait un cul-de-jatte sur le sort duquel il s’était davantage apitoyé lorsque ce dernier lui avait demandé un jour pourquoi Dieu l’avait créé ainsi. Le conférencier, qui a étudié pour quitter sa famille et la féodalité d’un père polygame vivant avec quarante maîtresses, estime que la littérature ne dénonce pas, elle dit simplement les choses d’une manière poétique.
Sur la littérature : «Je suis le seul écrivain qui ne mélange pas ses écrits avec les idées politiques. » Un écrivain écrit d’abord pour lui-même. Il écrit pour se défouler et pour atténuer la douleur. La souffrance est un élément important pour écrire, peindre filmer ajoute-t-il. Portant un regard critique sur le travail des jeunes écrivains, «qui se font éditer à compte d’auteur et se considèrent au final comme des génies», Boudjedra dit toute la complexité de l’écriture. Un rigorisme qu’il s’applique à lui-même : «On dit que je suis un bon écrivain, attendons de voir ce qu’en gardera l’histoire algérienne dans quinze ans.» Les jeunes écrivains trichent, ils ne peuvent pas bien écrire. Il y a certes quelques-uns mais il n’y a pas de rupture» a dit Boudjedra qui souligne que «Kateb a mis trente ans pour rompre avec Dib et lui-même 20 ans pour rompre avec Kateb et que Sansal était l’écrivain qui pouvait provoquer la rupture avec lui mais…». «Moi j’aurai, encore besoin de quinze ans pour parler des harraga.»
Sur Tahar Ouettar et Yasmina Khadra : Répondant à une avalanche de questions sur ses pairs de la littérature algérienne, le conférencier qui ne cache pas son admiration pour l’écriture de Kateb, son modèle algérien, fustigera Ouettar, «un opportuniste de tous les courants» dont il n’oubliera pas ce qu’il a dit à la mort de Djaout et de Sebti : «Tahar Ouettar est nul, un méchant, un khabith ». Qualifiant l’entrée de Assia Djebbar à l’Académie française de non-événement, l’auteur de FIS de la haine répond que la littérature de Yasmina Khadra est mineure».Rachid Boudjedra explique qu’en racontant une histoire avec des zigzags et des flashs-back, il ne fait que refléter la complexité de la vie.
Sur l’histoire : «L’Algérie a été conquise par les musulmans non par les Arabes, c’est une conquête musulmane réussie car les autres conquêtes n’avaient pas d’idéologie. L’Arabe est innocent dans cette conquête ». La francophonie ? «Elle est truffée de coquetterie», concède l’écrivain qui estime qu’au Canada, elle aura plus de chance de se rallier les suffrages algériens de par sa neutralité. L’humour et le côté épicurien apportés dans certains romans tragiques, c’est pour dénouer le drame et pour que le tragique ne l’emporte pas, explique le conférencier qui se décrit comme quelqu’un de très triste au fond : «C’est d’ailleurs toujours une partie de moi que je décris dans les personnages de mes romans.»
Sur ses projets : Révélant qu’il est en train d’écrire son roman sur la guerre d’Algérie qui commencera en 1830 et se terminera en 2008, il indiquera que dans «le démantèlement, c’est une partie de la guerre d’Algérie qui est traitée», faisant ce constat que «le FLN a fait la Révolution, il ne peut faire désormais que de la corruption». Boudjedra, moudjahid lui-même, salue la mémoire des combattants qui ont rejoint les rangs du peuple après l’Indépendance. Parlant de son expérience de scénariste, l’écrivain confie qu’il écrit de manière cinématographique, réfléchissant en plans et estimant qu’un bon film commence toujours par un bon scénario. La bureaucratie ? «En chacun de nous sommeille un censeur car la société est basée sur le mensonge et l’intellectuel n’est pas un sauveur, c’est quelqu’un qui peut proposer des idées.» Ne perdant pas espoir de voir un jour l’Algérie renouer avec l’écriture et les arts, l’hôte de Igelfan avoue avoir un peu de culpabilité envers l’Algérie : «Je peux vivre partout dans le monde où je suis traduit dans 32 langues, mais je ne peux pas quitter mon pays», concluant qu’«il faut dire le mal de l’Algérie ici et pas là-bas au risque de devenir louche».
S. Hammoum