SOCIETE
Posté le 06.07.2008 par abdoumenfloyd
CÉLÉBRATION DU 46E ANNIVERSAIRE DE L’INDÉPENDANCE
Les Algériens ont la tête ailleurs
Depuis quelques années, cette fête nationale est tombée dans la banalité de la célébration officielle.
L’Algérie a célébré, hier, le 46e anniversaire de son Indépendance. Cet anniversaire est-il différent de tous ceux qui l’ont précédé? Comme chaque année, une commémoration officielle et des recueillements sur les tombes des martyrs et des cérémonies en l’honneur de ceux qui ont combattu pour libérer le pays, ont été observés. Et puis sans plus.
Depuis quelques années, cette fête «nationale», pourtant symbolique, est tombée dans la banalité de la célébration officielle. Mis à part le côté «chômé, payé», le 5 Juillet est de moins en moins considéré par les citoyens que d’aucuns interprètent comme un manque flagrant de patriotisme et de civisme. C’est donc un constat amer que l’on fait chaque année, à la date de cette fête qui fait notre identité, et la journée d’hier n’était pas en reste. Et pour cause, les citoyens algériens ont appliqué le principe de «la journée chômée, payée» au pied de la lettre. Puisqu’à peine la journée commencée, les rues étaient désertes et les commerces en congé. On aurait pu penser que cette désertion traduisait justement une implication de ces derniers à cette fête nationale, mais on se serait trompé car ce n’était nullement le cas. En effet, si on faisait l’inventaire des activités de ces derniers lors de cette journée, on aurait retrouvé que certains sont partis à la plage, d’autres ont pique-niqué, d’autres encore sont restés chez eux à regarder les «festivités» à la télévision ou faire une sieste. Les rares personnes, qui ont fait un geste envers ceux sans qui, ils seraient toujours sous l’emprise coloniale, sont parties se recueillir sur les tombes des martyrs parfois membres de leurs familles ou ont salué l’opération «un drapeau dans chaque foyer» en accrochant ce dernier chez eux.
N’est-il pas ingrat de constater que la majorité des citoyens n’ont pas commémoré cette journée glorieuse qui a marqué l’histoire du pays, qui a vu couler le sang de près d’un million et demi de martyrs.
Le constat est d’autant plus amer lorsqu’on regarde de l’autre côté de la rive et que l’on voit comment les autres pays occidentaux et orientaux fêtent leur «indépendance day». Prenons l’exemple américain. Cette puissante nation suscite le patriotisme de ses citoyens dans les quatre coins du pays, qu’ils soient en temps de guerre ou en temps de paix. Chaque année, les Etats-Unis célèbrent la fête de leur indépendance le 4 juillet, journée de célébration patriotique et de réunions familiales dans tout le pays.
Pour ce dernier qui veut instaurer la culture du patriotisme chez tous ses citoyens, la fête de l’indépendance est une grande occasion «civique», qui repose sur la tradition anglo-américaine de la liberté politique. Ainsi, pour célébrer ce jour, la société américaine a tout fait pour impliquer davantage ses citoyens à la vie sociale, politique mais aussi historique, et ce, en transformant cette date en un spectacle vivant, durant toute une journée.
Pour ce faire, des pique-niques appelés «garden-partys» sont organisés dans chaque coin vert du pays, accueillant ainsi des familles entières autour d’une cuisine américaine typique et surtout autour de récits historiques et héroïques sur la liberté.
Par ailleurs, des feux d’artifice ont lieu un peu partout dans le pays. A New York par exemple, un grand magasin appelé «Macy’s» organise, depuis trente ans maintenant, un feu d’artifice le 4 juillet. En 2005, trente-cinq mille pièces d’artifice ont jailli de sept bateaux situés dans l’«East River» et dans le port de New York pour éclater pendant trente minutes au-dessus de la ville. Plus de trois millions de personnes ont assisté à ce seul feu d’artifice qui est aussi retransmis à la télévision depuis quelques années. Outre ces festivités, le 4 juillet est aussi une occasion économique, lançant ainsi de grands travaux publics comme celui de la construction du canal Erié, du monument à la mémoire de George Washington et de la ligne de chemin de fer «Baltimore and Ohio». Autre pays, autre continent, la Tunisie. Tous les acteurs sociaux du pays voisin, préparent, chaque année, un programme riche pour fêter l’Indépendance le 20 mars, coïncidant aussi avec la fête de la Jeunesse du 21 mars de chaque année.
Des activités culturelles, artistiques mais aussi sportives sont inscrites au programme national de cette journée de festivités auxquelles tout le monde est convié. Pour son 14 Juillet, la France célèbre la «journée révolutionnaire parisienne» synonyme de la prise de la Bastille. Associé aux bals et aux feux d’artifice, le défilé parisien des troupes françaises est généralement le spectacle par excellence. Ce défilé, qui suscite l’intérêt d’un large public, implique différents corps militaires et de police au sol, à pied, à cheval ou motorisés, défilant à tour de rôle. Compte tenu de ces faits et après 130 années de colonisation, aller à la plage, à la montagne ou rester chez soi à regarder la télévision en guise de célébration, signifie qu’il y a un sérieux problème au sein de la société algérienne.
Cette grande fête-anniversaire, qui devrait être célébrée comme la journée de libération et être solennisée avec grand apparat par des défilés ainsi que des spectacles, des jeux, des sports, des fusils, des cloches, des feux de joie et des illuminations, d’un bout à l’autre de notre pays, inscrivant cette date maintenant et à jamais, est maintenant délaissée par nombre de citoyens, au grand dam de nos aïeuls et de notre histoire.
Yasmine ZOUAGHI
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Posté le 03.07.2008 par abdoumenfloyd
Les membres fondateurs du CBLS envisagent l'organisation d'une Assemblée Générale Constitutive du comité, au cours de laquelle pourraient être débattues les questions relatives à l'organisation et au programme d'action du Comité, centré sur la défense des libertés syndicales, au travers du cas de Ahmed Badaoui et de bien d'autres syndicalistes ayant subi un sort identique.
Prés de 250 personnes ont signé le premier texte pour la Défense des Libertés Syndicales.
Le présent appel n'a d'autre prétention que de leur soumettre quelques propositions en vue de l'organisation de l'assemblée générale constitutive du Comité (AGC).
Les objectifs immédiats
Ils viseraient, d'une part, la réinsertion de Ahmed Badaoui au sein de son organisation syndicale, ainsi que celle de tous les autres syndicalistes touchés par les mêmes mesures discriminatoires.
et, de l'autre,
leur réintégration dans leurs fonctions avec recouvrement de tous leurs droits.
L'AGC aura bien entendu à débattre d' objectifs et plans d'action à plus long terme que se proposerait le Comité.
L'organisation
Un Collectif composé de défenseurs des droits de l'homme, de syndicalistes, de journalistes, d'avocats et de personnalités politiques, aura à préparer l'AGC et à en proposer les règles de déroulement, afin que celle-ci se déroule pour le mieux.
Date et lieu de déroulement de l'AGC
Il est proposé de tenir l'AGC le 17 juillet 2008 à 10 heures au siège de Sawt Echaab, sis rue de Tanger.
Toutes celles et tous ceux désireux d'y prendre part sont invités à envoyer un mail au :
comitébadaoui@yahoo.fr
Posté le 23.06.2008 par abdoumenfloyd
Il s’est jeté du 5e étage à Alger
Suicide spectaculaire à la rue Hassiba Ben Bouali
Il était 14h hier, quand d’après des témoignages un homme âgé de 40 ans s’est jeté du 5e étage d’un immeuble sis à la rue Hassiba Ben Bouali à Alger. " J’était adossé au mur quand soudain j’ai vu un homme rebondir sur le sol, je n’en croyais pas mes yeux."
A notre arrivée sur les lieux, une marée humaine s’était déjà rassemblée autour et un cordon de sécurité avait été formé par la police et les éléments de la Protection civile afin de faciliter la tâche aux à la Police scientifique. Des cartons sont déposés sur le sol pour cacher la mare de sang, quant à la victime, elle a été déjà transportée en ambulance vers les urgences de l’hôpital Mustapha-Pacha d’Alger. Sur place, l’infirmière nous annonça que l’homme en question a rendu l’âme à l’intérieur de l’ambulance qui le transportait. Ses voisins sont sous le choc : " Moi je le connaissait bien, il n’était pas dans son état normal, je ne sais pas s’il est encore vivant, que voulez-vous... il en a assez de sa vie précaire," nous dira un de ses un voisins. En attendant, une enquête a été ouverte par la police afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame.
Hacene Merbouti
Posté le 21.06.2008 par abdoumenfloyd
L’hebdomaire français l’Express a consacré un reportage aux colères de la jeunesse algérienne.
Mêmes causes, mêmes effets. A Sidi Ifni, un petit port du Sud marocain, les forces de l'ordre sont intervenues, le 6 juin, pour disperser sans ménagement de jeunes manifestants qui bloquaient depuis une semaine l'accès aux quais à la suite d'un tirage au sort organisé par la municipalité pour l'embauche de trois personnes. Bilan : 44 blessés, selon les autorités.
La veille, à Redeyef, une ville minière proche de Gafsa, dans le centre de la Tunisie, un chômeur de 25 ans a été tué lors de très violents accrochages opposant la police à de jeunes protestataires. Traditionnellement frondeuse, cette région est en ébullition depuis la publication, au début de l'année, des résultats d'un concours d'entrée à la Compagnie des phosphates de Gafsa, le seul employeur (public) du bassin (voir L'Express du 15 mai).
L'Algérie n'est pas en reste. Régulièrement, des jeunes y brûlent des pneus, barrent des routes et s'en prennent aux bâtiments publics pour protester contre la "malvie". Le détonateur est souvent anodin : la défaite d'une équipe de foot, une rixe avec des policiers, la distribution, au compte-gouttes, de logements sociaux... Les émeutes durent quelques heures, ou quelques jours. Ces coups de colère accompagnés d'actes de vandalisme sont, depuis le début du printemps, de plus en plus fréquents. Au point d'être devenus l'unique forme de contestation sociale.
La colère des "diplômés chômeurs"
En avril, la ville de Tiaret, dans le centre du pays, s'est enflammée parce qu'un ministre s'était rendu sur place afin d'assister aux obsèques de jeunes harraga - candidats à l'émigration clandestine - dont les corps avaient été repêchés quelques jours plus tôt.
En mai, des émeutes ont éclaté en plusieurs endroits : à Gdyel, près d'Oran, après un suicide et la noyade d'autres harraga ; à Ouargla, dans le Sud, parce que des jeunes s'étaient sentis insultés par des propos du préfet ; à Chlef, à mi-chemin d'Alger et d'Oran, à cause du retard pris dans un programme de construction de logements. A Oran, enfin, des troubles ont agité la deuxième ville du pays : les violences, qui ont fait 300 blessés, ont été déclenchées par la relégation en deuxième division du club de foot local ! Plusieurs dizaines de manifestants ont été interpellés.
Chômage, vie chère, inégalités, clientélisme, absence d'avenir : les jeunes Maghrébins expriment dans la rue leur mal-être et leur ras-le-bol. Quand ils ne décident pas de « brûler » leurs papiers et les frontières en embarquant pour l'Europe à leurs risques et périls. Ou de s'engager dans un jihad mortifère.
La flambée des prix des denrées alimentaires, que les subventions des Etats ne suffisent plus à contenir, et la dégradation des conditions de vie qui en résulte alimentent la crise sociale. Le Maroc aura sans doute dépensé, en 2008, 40 milliards de dirhams (3,5 milliards d'euros) pour soutenir les prix des carburants, des céréales et du sucre, soit 5 % de son PIB. A long terme, c'est évidemment insoutenable.
En Algérie, la hausse du cours des hydrocarbures, qui a propulsé les réserves de change au-dessus de la barre des 80 milliards d'euros, est un motif supplémentaire d'exaspération. Mais c'est surtout le chômage des jeunes, endémique, qui ronge les trois pays, malgré une croissance soutenue.
En Tunisie, où 60 000 diplômés arrivent chaque année sur le marché du travail,le chômage des moins de 25 ans se situerait aux alentours de 20 %, au lieu de 14 % en moyenne. Plusieurs dispositifs ont pourtant été mis en place qui permettent la prise en charge par l'Etat des premiers mois de salaire, le financement de microentreprises et l'accès à des programmes de formation. Les experts estiment qu'il faudrait une croissance de 8 % pour absorber les nouveaux demandeurs d'emploi.
En outre, une bonne partie des 150 filières proposées par l'université tunisienne ne sont pas adaptées au marché du travail. Le constat est le même au Maroc, où seules quelques formations sélectives préparent aux métiers dont le secteur privé a besoin. Le pays, en plein développement, manque d'ingénieurs et d'informaticiens. Mais, selon les chiffres du Haut-Commissariat au plan, 4 demandeurs d'emploi sur 10 ont moins de 25 ans et le taux de chômage à la sortie de l'enseignement supérieur s'établit à 20,8 %.
En ville, 20 % des ménages mettent l'emploi en tête de leurs préoccupations. Depuis dix ans, chaque jour ou presque, des dizaines de "diplômés chômeurs" expriment leur colère, à l'appel de l'une ou l'autre de leurs associations, devant le Parlement de Rabat.
L'Algérie est riche... mais pas les Algériens
La violence des incidents de Sidi Ifni a été dénoncée avec vigueur par les associations de défense des droits de l'homme, ainsi que par une grande partie de la presse du royaume. Personne, au Maroc, n'a oublié les "émeutes de la faim" qui avaient fait une soixantaine de morts à Casablanca en 1981... "Les gens ont peur de l'avenir, commente Ahmed Lahlimi, haut-commissaire au plan et figure de l'Union socialiste des forces populaires, principal parti de la gauche marocaine et membre de la coalition gouvernementale. Or les Marocains, après avoir longtemps vécu dans une société bloquée, ont pris l'habitude de manifester. Les forces de l'ordre ne savent pas toujours faire face.
Il arrive qu'il y ait des bavures. Je n'en suis pas moins convaincu que c'est en laissant les gens s'exprimer, même dans la rue, que l'on évitera une explosion sociale." L'emploi est au coeur des politiques publiques et de l'Initiative nationale pour le développement humain, un programme de lutte contre la pauvreté lancé il y a trois ans. La croissance reste cependant largement tributaire des aléas climatiques, même si la situation s'est sensiblement améliorée ces dernières années. "Je n'ai pas de baguette magique", avait prévenu Mohammed VI en 1999, peu après son accession au trône.
L'Algérie, elle, est riche. Mais les Algériens, eux, continuent à tirer le diable par la queue, à s'entasser dans des appartements exigus, à vivre de petits boulots. Le taux de chômage des jeunes atteint 25 % (13 % en moyenne), le pays manque de 1,5 million de logements. Il y a aussi la hogra, un mot propre à l'Algérie, presque intraduisible, qui exprime le sentiment qu'ont les citoyens d'être méprisés par un Etat autiste face à leurs revendications. Pétrole, gaz, plaines fertiles, plages ensoleillées à deux heures de l'Europe... Les Algériens n'ignorent rien de cet énorme potentiel. Et ils enragent de vivre aussi mal alors que leur pays était celui de tous les possibles.
Dominique Lagarde avec Baya Gacemi (à Alger), mis à jour le 19/06/2008
Posté le 18.06.2008 par abdoumenfloyd
Les malades souffrant de maladies cancéreuses lancent un SOS aux pouvoirs publics. La rupture de stocks des médicaments complique leur état de santé déjà fragile. Cette rupture touche particulièrement et fortement les malades au niveau de l’hôpital de Tlemcen et du service d’oncologie du CHU d’Oran. L’association Nour Doha, d’aide aux malades, dénonce cet état de fait à travers un communiqué rendu public hier. Lors d’une visite d’investigation opérée à l’ouest du pays, suite aux nombreuses requêtes formulées par beaucoup de malades et leurs familles, dont celle lancée en direct le 13 mai dernier par des citoyens sur les ondes de la radio Chaîne III, l’association Nour Doha a effectué un contrôle de soutien au sein des infrastructures médicales d’Oran et de Tlemcen dans les services d’oncologie, de radiothérapie et d’hématologie.
Selon l’association, les révélations des chefs de service et des médecins sont effarantes. « Les malades ne trouvent plus les mots pour décrire leur calvaire », souligne l’association en précisant que « certains praticiens ont exprimé leur ras-le-bol de la situation faite aux malades à cause de la rupture de traitement et de cure. » A Tlemcen, un médecin a été jusqu’à dire qu’il ne « voulait plus venir le matin, car il n’en peut plus de voir la souffrance des malades et ne pouvoir rien faire pour les aider ». Un autre médecin du même CHU a indiqué que le service enregistre un manque terrible de médicaments antidouleur tels que le Tamgesic. « Le manque de médicaments fait que des traitement sont interrompus et ceci est très mauvais pour les malades. Certains produits sont devenus inexistants comme le Xeloda, la Mitomicyne, la Vincristine et le Mabthera. Pour ce dernier par exemple, sur une commande de 100 boîtes, ils n’en ont reçu que 5 alors que le produit est disponible à Alger. Nous recevons chaque mois 50 patients souffrant de cancer et nous ne pouvons traiter que 4 à 5 cas. Nous les prenons en charge selon la quantité disponible du médicament. » Selon l’association, une patiente de Bel Abbès souffrant d’un cancer du sein et après avoir subi une intervention chirurgicale, attend depuis trois mois son traitement d’Herceptin. Face à cette situation « démoralisante », l’association signale que les médecins ont les mains liées, mais ils tentent tant bien que mal de soulager des malades.
Djamila Kourta
Posté le 08.06.2008 par abdoumenfloyd
Un monsieur, ou plutôt une brute épaisse, m’a fait parvenir un message, que je ne vous infligerai pas, dans lequel il me traite de tous les petits noms de bas quartier. Depuis le temps que ça dure, Je ne m’en formalise pas vraiment. Je me contente habituellement d’actionner un petit clic et de les envoyer à la corbeille, sans même les lire jusqu’au bout. Je ne suis pas masochiste.
Mais ce message ci m’a paru plus intéressant que les autres, puisqu’en plus de me traiter d’agent à la solde d’Israël, il me défie de dire clairement, et sans « manipulations » dit-il, « ce qui ne va pas en Algérie. J’ai cru un moment que ce monsieur plaisantait, ou qu’il ne vivait pas dans le pays . Et à le relire, j’ai eu, en effet, le sentiment, qu’il devait faire partie de ces privilégiés du système qui sont totalement coupés de la réalité des Algériens d’en bas, comme on dit maintenant. Ce doit être un de ces parvenus qui ont profité sur la bête. Un gros beggar ou un petit galonné.
Aussi vais-je accepter de relever son défi. Juste pour lui faire plaisir. Mais je ne vais pas faire le bilan de tout ce qui ne va pas, parce qu’il faudrait des milliers de pages pour n’en recenser qu’une infime partie. Je vais donc lui livrer un petit pot pourri d’une petite partie de « ce qui ne va pas dans le pays ». « Sans manipulations ».
L’Algérie est un pays potentiellement riche. Surtout de sa jeunesse. S’il était dirigé par des politiciens un tant soit peu compétents, et un tout petit peu intègres, il devrait, en toute logique, être possible pour n’importe lequel de ses habitants de vivre dignement, de manger à sa faim, de disposer d’un logement décent, d’un emploi et de la liberté de choisir ses dirigeants, son projet de société.
Or, à ma connaissance :
Commençons par évoquer la situation des plus faibles :
*Les handicapés de toutes sortes sont livrés à eux-mêmes. Aucune politique de soutien adéquate à ces centaines de milliers de citoyens n’a été mise en œuvre. Nos villes sont pleines d’aliénés mentaux, infestés de vermine, en haillons, qui se nourrissent dans les poubelles, et quelles poubelles, qui dorment dans les rues, et que les municipalités évacuent de nuit dans des camions, pour aller les jeter dans les communes voisines. Ceux qui sont internés, le sont dans des asiles d’un autre âge, soumis à des traitements dégradants, frappés, avilis. Nombreux d’entre eux meurent faute de soins appropriés, à la suite de maladies bénignes, sans que personne ne s’en formalise.
Les handicapés moteurs, les malvoyants, les malentendants, les muets, et autres paralytiques sont totalement marginalisés. Le système ne leur a pas aménagé la moindre disposition. Ni dans les transports publics, ni dans les infrastructures, ni dans les emplois aménagés, ni dans les administrations, et encore moins en matière de prise en charge. Hormis quelques misérables indemnités, ils dépendent totalement de leurs familles pour vivre. Ceux qui n’ont pas cette chance vivent dans des conditions atroces. Et comme pour la plupart d’entre eux sont issus de familles pauvres, autant dire qu’ils sont presque tous livrés à l’indigence, à l’indignité et à la souffrance morale. Dans l’indifférence générale. Dans un pays qui se réclame de valeurs de l’Islam. Où l’on disserte sur la longueur de la barbe et du pantalon. Et où l’islam est la religion de l’Etat. J’invite mon charmant correspondant à aller voir du côté des pays d’en face avec quelle sollicitude est entourée cette catégorie de personnes. Mêmes les handicapés étrangers, dont mon propre enfant, y sont traités comme les vrais êtres humains qu’ils sont. Malheur à la société qui opprime les plus faibles d’entre elle.
*L’Ecole algérienne a été le champ d’expérimentation d’apprentis sorciers qui ont en fait, pour reprendre les termes de spécialistes, une « Ecole sinistrée ». Depuis l’école primaire jusqu’à l’université, la médiocrité et le bricolage ont conduit des générations entières à une impasse. La preuve la plus éclatante que le « système éducatif » du pays a été totalement dévoyé est que les dirigeants du pays envoient leurs enfants des écoles privées, et dans des universités occidentales. Au frais de l’Etat.
*La santé publique est dans un état déplorable. Des gens innombrables meurent des suites d’une mauvaise prise en charge. Même la privatisation de la médecine s’est faite dans un bricolage effarant. Ceux qui ne peuvent pas s’offrir l’accès à des cliniques privées, se retrouvent dans des hôpitaux mouroirs qui manquent cruellement des moindres moyens. Des hôpitaux surpeuplés, dans une promiscuité scandaleuse, où il n’y a pas de draps de lit, de fil chirurgical, d’équipements adéquats, où le personnel est sous qualifié, où les Urgences médicales sont inopérantes, où la gestion est catastrophique. Des milliers d’accidentés de la route meurent chaque année faute d’une prise en charge minimale. Dans les cliniques privées, un nouveau phénomène est apparu : Le profitage sur la détresse des malades. Un seul exemple : depuis quelques années, une proportion anormale d’accouchements se fait par césarienne. Parce que cette formule rapporte plus à la clinique. Et que ça fait gagner du temps. Les barons du régime, leurs familles et leurs clientèles se soignent dans les meilleurs établissements de santé du monde. Comme l’hôpital américain de Neuilly, par exemple. Aux frais de l’Etat.
* Plus de 40% des Algériens sont au chômage. Les femmes au foyer ne sont pas décomptées. Le Chef du gouvernement a déclaré publiquement qu’il a fallu importer des travailleurs chinois, parce que les jeunes algériens ne veulent pas travailler, selon lui, lors de son déplacement récent à Gdyel. De l’aveu même d’organismes étatiques, près de 50% des travailleurs sont employés « au noir ». Le SMIG permet à peine, à une famille algérienne moyenne, à couvrir les dépenses quotidiennes de deux litres de lait, deux kilos de pommes de terre, de l’huile, le gaz, l’électricité et le loyer.
* Plus de la moitié de la population vit dans des logements trop exigus. Plus de cinq millions d’algériens vivent dans des logements insalubres. Plus de quatre cent milles dans des bidonvilles. Le pays souffre d’un déficit de plus de cinq millions de logements. Dans une société où la population se marie habituellement entre 25 et 30 ans, un nombre incalculable de jeunes ne peuvent plus fonder des ménages, faute de logements. Les barons du régime, leurs familles et leurs clientèles logent dans des résidences somptueuses. Ils ont même créé le Club des pins où ils vivent entre eux, et où ils se marient entre eux. Ils sont devenus une famille.Ils ont leurs ports de Yachting, leurs plages, et bientôt leurs parcours de golf.
* La délinquance, l’usage de stupéfiants, d’alcool et de stupéfiants font des ravages au sein de la jeunesse. La prostitution, qui a toujours été marginale dans nos sociétés, s’est propagée à des niveaux effarants. C’est une prostitution de la faim. Les enlèvements en échange de rançon, ont fait leur apparition depuis quelques années et se multiplient dans tout le pays.
*Presque toute la jeunesse du pays n’a plus qu’un seul objectif : Quitter le pays. Le phénomène des harragas se multiplie, et c’est par milliers qu’ils tentent de traverser la méditerranée à bord de petits esquifs. Des centaines d’entre eux se sont noyés. Des milliers d’autres se trouvent dans des centres de rétention en Europe.
*La corruption s’est généralisée à tous les niveaux de la société. Les corrompus ne craignent plus d’afficher le fruit de leur forfaiture en se construisant des résidences somptueuses. Ils ne sont jamais inquiétés. aux niveaux supérieurs de l’Etat, la corruption et le pillage des richesses nationales a atteint un niveau effarant. Dans une impunité totale. Le Secrétaire général de l’UGTA qui a profité de son statut de Président du conseil d’administration de la Sécurité sociale pour verser plus de 1 milliard et demi de dollars dans la Banque Khalifa n’a pas été inquiété par la justice malgré les preuves formelles qui existent contre lui. Un liquidateur désigné par le régime pour l’affaire Khalifa a détruit les preuves qui existent contre des proches du Chef de l’Etat, contre des généraux et d’autres barons du régime. Les magistrats, y compris les juges d’instruction, obéissent à des injonctions et profitent, au passage, pour s’adonner impunément à une corruption flagrante et débridée.
*Le processus électoral qui a donné la victoire aux islamistes a été interrompu et les islamistes ont été délibérément poussés à la violence. Parce qu’ils menaçaient de poursuivre les barons du régime qui avaient pillé le pays. La violence terroriste a été créée par la junte. Des populations ont été froidement assassinées sur ordre des généraux janvièristes. La torture a été instituée en règle systématique d’interrogatoire et de terreur. Les enlèvements de civils et les exécutions sommaires par des forces de sécurité et des milices crées par les généraux se comptent par milliers. Une loi scélérate a été arrachée au peuple algérien, pour absoudre les généraux et leurs agents islamistes.
*Les élections législatives de mai 1997, ont été largement boycottées par le peuple algérien. L’abstention a été de 70%. Malgré cela le parlement, le moins représentatif du monde, a été investi.
*Un vaste plan d’accaparement des richesses du pays a été mis en branle pour permettre aux barons de l’oligarchie de faire main basse sur les ressources naturelles du pays, sur les services et sur tous les secteurs rentables du pays.
. Un clan du régime, allié aux américains, tente de réactiver la violence islamiste, après avoir fait du GSPC, Al Qaida du Maghreb islamique, pour permettre à l’Africom de s’implanter sur le Sahel, en prévision d’une nouvelle stratégie américaine. Une base américaine a commencé à être installée dans le sud algérien, à l’insu du peuple algérien, pendant les années de sang. Au moment où les Algériens tombaient par dizaines de milliers, la BRC, un joint venture entre une société de Dick Cheney et la Sonatrach, introduite en Algérie par le Ministre américain de notre énergie, a détourné des sommes colossales. Le Chef de l’Etat a dissous cette société pour que le scandale ne remonte pas aux vrais bénéficiaires de cette immense forfaiture, parce ses proches y sont impliqués.
* Une politique d’évangélisation forcenée, et usant de moyens faramineux, a été assistée par des milieux du DRS, pour couper la Kabylie du reste du pays, et répondre aux sollicitations de leurs alliés sionistes chrétiens, néocons et israéliens. Pendant des années, les missionnaires évangéliques, qui prônaient d’extirper l’islam de nos contrées, ont agi sous la direction d’un service de l’ambassade américaine, avec la coopération zélée du DRS. Au moment où les prêtres catholiques étaient décapités.
*Le Chef de l’Etat a décidé d’ériger la plus grande mosquée du monde après celle de la Mecque, au moment où des familles algériennes souffrent de malnutrition. Une politique touristique est à l’étude, pour le lancement de projets touristiques pharaonniques, destinés à une clientèle du Golfe, avec parcours de golfe, marinas, et tours d’affaires. Alger sera encerclée à son sud par d’immenses terrains destinés à une richissime clientèle et la baie d’Alger sera défigurée par des gratte-ciel d’affaires. Les Algériens serviront de boys et les petites algériennes de chair fraîche. Les autres, ceux qui n’ont pas les moyens d’aller en Tunisie, iront dans les plages où se déversent les égouts.
A part ça, tout va très bien madame la marquise. N’importe quel algérien pourrait continuer à énumérer sans discontinuer tout ce « qui ne va pas bien » dans notre pays. Pour ma part, c’est assez pour aujourd’hui. Que nos amis qui fréquentent ce site me pardonnent cette manière décousue de dire les choses. Je les ai livrées comme ça, sans y réfléchir et sans y mettre la forme. Mais rien que de les dire, j’ai des envies de meurtre. Que n’ont-ils fait à ce malheureux pays. J’ai envie de pleurer.
DB
Publié dans : http://www.tahiabladi.com
Posté le 07.06.2008 par abdoumenfloyd
Terrassés par le dénuement fortement amplifié par un désoeuvrement insupportable, les jeunes de la commune de Layoune daïra de Khmisti ont tenté le mercredi dernier, à partir de 14h30, de barrer la RN 14 qui traverse leur commune. Selon certaines informations recueillies sur place, la cause de cette échauffourée est l’exclusion de ces jeunes du programme d’emploi de jeune et celui du filet social. chose qui a été jugé par le PAPC relativement “absurde”. Cet acte de violence a été repris une deuxième fois dans la nuit de la même journée et aurait pu être dramatique n’était l’intervention du renfort de la gendarmerie national qui a pu établir l’ordre. Une trentaine d’émeutiers parmi lesquels se trouvent des acteurs d’un précédent incident similaire ont été arrêté. Ils doivent être déférés aujourd’hui devant la justice.
Posté le 05.06.2008 par abdoumenfloyd
L’avocat M’Hand Issâad, qui avait présidé la commission d’enquête sur les évènements de Kabylie, a assuré que la violence et les protestations sont à présent la seule langue de dialogue avec les autorités, et il a considéré que le cycle des actes de violence ne s’arrêtera pas si les autorités ne se décident pas à investir dans de véritables projets, au lieu de dépenser l’argent public sous formes d’aides.
El Khabar : Quel est votre opinion sur le retour du cycle des protestations et des actes de violence dans de nombreuses wilayas ?
M’Hand Issâad : Les protestations ne se sont pas arrêtées depuis environs 10 ans, et il faut être aveugle pour ne pas les voir se répéter, se multiplier et se déplacer d’une wilaya à l’autre. Les choses ne vont pas changer si l’on ne suit pas une politique sérieuse, qu’il s’agisse d’investissement, de culture, d’enseignement ou du secteur de la justice, sinon il n’y aura de dialogue qu’à travers les actes de violence et les protestations.
El Khabar : Que pensez-vous de la main de l’étranger que l’on brandi à nouveau pour expliquer les mouvements de protestation et les violences dans n’importe quelle wilaya où la situation dégénère ?
M’Hand Issâad : Cela est dû au manque d’imagination, car si l’on parle de la manipulation de la rue par l’étranger, cela veut dire que les Algériens sont incapables de penser et d’agir spontanément. Il faut cesser de répandre de telles explications qui ne convainquent plus personne. Les jeunes révoltés attendent que l’on réponde à leurs problèmes par des solutions effectives.
El Khabar : Vous étiez à la tête de la commission d’enquête sur les évènements de Kabylie. Pensez-vous, du fait de votre expérience, que ce qui s’est passé dans cette région se répète dans d’autres wilayas et régions car les raisons demeurent les mêmes dans chaque endroit ?
M’Hand Issâad : Ce qui s’est passé en Kabylie existe dans toutes les régions de l’Algérie, et il faut ajouter le problème d’identité. La jeunesse algérienne souffre, dans tous les coins du pays, des mêmes problèmes et ils sont confrontés aux mêmes conditions difficiles, alors leur réaction vis-à-vis de ces conditions est la même, à savoir le recours à la violence. J’ai dit cela dans le rapport final sur les évènements de Kabylie. La violence est devenue la seule langue de dialogue avec les autorités, et il semble que cela n’a pas changé depuis que j’ai remis le rapport. Au lieu de cela, la culture de la violence s’est généralisée à l’ensemble des wilayas, et à mon avis les jeunes sont encore plus révoltés car ils réalisent que des dizaines de milliards sont dans les caisses de l’Etat. Nos responsables doivent faire la distinction entre l’investissement et la dépense, car actuellement il ne s’agit que de dépense d’argent public, qui n’a aucun effet et qui ne change rien au vécu des Algériens.
ElKhabar
Posté le 04.06.2008 par abdoumenfloyd

Plus d’un million de jeunes se sont transformés en bombes humaines qui commencent à éclater par des actes de violence et de tuerie dus à la marginalisation et la négligence dont ils ont été victimes au cours des années précédentes. C’est du moins ce qu’a déclaré le Pr Moustafa Khiati, président de la fondation nationale pour la promotion de la santé et du développement « Forem » à Echorouk. Il assure par ailleurs que les actes de violence en croissance observés dans différentes wilayas du pays sont dus à la négligence de cette tranche sociale qui avait pourtant assisté à de terribles massacres qui ont laissé des images de tuerie de viols qui sont toujours ancrés dans leurs cerveaux sous forme de cauchemars et des comportement haineux qui n’ont toujours pas trouvé quelqu’un pour les comprendre et les soulager. Pour lui : un enfant dont la famille a été exterminée il y a de cela 10 ans, a accusé un choc violent qui l’a empêché de poursuivre ses études, est aujourd’hui un chômeur sans avenir. Il n’a trouvé aucune aide de l’Etat donc il essaye de se venger saisissant toute occasion pour manifester son refus de la situation actuelle. Signalons que la Forem a effectué une enquête, la première de son genre en Afrique et dans le monde arabe et qui a duré 10 ans pour l’étude des séquelles psychologiques et physiques des enfants de la tragédie nationale en Algérie. La fondation présente par la même occasion les types de traitement et de prise en charge de cette tranche sociale. Naceredine Jabi : l’Algérie connaît un début de la production de violence Le sociologue Dr Naceredine Jabi a assuré de son coté que les jeunes qui ont observé des actes de violence ou qui en a été victime à cause de la décennie noire œuvrent à reproduire la violence dont ils ont été victime en guise de vengeance de cette même société qui ne les a pas aidé à surmonter les crise psychologiques et sociales qu’ils ont sévi. L’Etat Algérie renchérit le spécialiste n’a pas su lire les causes de la violence qui connaît une croissance dans plusieurs wilayas. Naceredine Jabi assure que l’étape de violence actuelle est spontanée et anarchique, si l’etat n’intervient pas pour l’encercler par des solutions réalistes pour les problèmes de jeunes, viendra celui qui profitera de ce phénomène pour orienter cette violence à son profit. A ce moment l’Algérie observera un etat d’insécurité qui sera difficile à maîtriser. Campagne nationale pour la lutte contre la violence en dehors des stades l’année prochaine Le président de l’académie de la société civile, M. Ahmed Chenna, a pour sa part déclaré qu’il oeuvrera à organiser une campagne nationale contre la violence à l’intérieur et à l’extérieur des stades à compter de la prochaine saison, ajoutant que la campagne qu’il a effectué ce mois ci a permis de tirer la sonnette d’alarme de ce qui pourra se passer dans les tribunes des stades comme actes de violence dans les quartiers et biens publics et privés et dont les clubs sportifs et des instances officielles.
K.M.
Posté le 03.06.2008 par abdoumenfloyd

Le pays est assis sur une poudrière, estime le Parti des travailleurs (PT). Dans une déclaration rendue publique hier à l’issue de la réunion de son secrétariat politique, le PT brosse un tableau noir sur la situation qui prévaut dans le pays. La formation de Louisa Hanoune estime que les « graves événements de Berriane », les émeutes (qui) éclatent dans tout le pays, la crise de « légitimité » des institutions, le chômage, la « rupture de confiance avec la jeunesse », la « flambée des prix » et la prochaine élection présidentielle sont annonciateurs d’une « déstabilisation généralisée ». Le secrétariat politique, après s’être félicité de la condamnation d’un des anciens députés du parti — le verdict est qualifié de « frein au processus de décomposition politique… » —, prend à partie le projet de loi portant amendement de la loi domaniale. Le projet en question introduit, d’après le PT, les conditions d’un « démembrement du pays », « institutionnalise » la liquidation des biens de l’Etat par la « généralisation du système colonial des concessions ». Le PT réaffirme son opposition à la nouvelle loi domaniale dont les amendements ont été approuvés en mai par l’APN. « Cette loi est idéologique… anticonstitutionnelle », estime le PT. Sur cette question précisément, le PT appelle à un débat général à l’APN.
A.M. A.