SOCIETE
Posté le 06.05.2008 par abdoumenfloyd
Les militants du MDS réunis en leur siège à la date symbolique du premier mai, date à laquelle les travailleurs de notre pays et du monde entier se mobilisent autour de leurs revendications pour une vie digne et meilleure, expriment leur solidarité avec les travailleurs dans leur juste combat. Ils saisissent aussi l’occasion de la journée mondiale dédiée à la liberté d’expression du 3 mai pour saluer les luttes des journalistes contre toutes les tentatives de mise au pas et de normalisation de la presse.
Le pays traverse une des périodes les plus sombres de son histoire. Abandonnée à son sort, la société se débat dans les pires difficultés sociales et économiques : l’émigration depuis une quinzaine d’années d’un million d’Algériens, niveau bac et plus selon les chiffres du CNES, les suicides, le phénomène récent des « harragas », la multiplication des émeutes, notamment la dernière en date de Chlef, et les grèves répétitives des travailleurs de la fonction publique pour l’amélioration du pouvoir d’achat à l’appel des syndicats autonomes, sont autant d’indicateurs de la dégradation économique du pays et du mécontentement grandissant de la société. Ils sont aussi autant de facteurs susceptibles de précipiter le pays dans un chaos irréversible en dépit d’un matelas financier colossal de plus de 110 milliards de dollars US de réserve.
Au plan sécuritaire, les campagnes mensongères du pouvoir depuis 1996 et de ses relais ne peuvent plus masquer la réalité. Douze ans plus tard le terrorisme « résiduel » cher à l’ex-chef de gouvernement Ouyahia continue de sévir. Ces derniers mois le terrorisme islamiste a basculé vers de nouvelles formes meurtrières en poussant des kamikazes à la destruction de cibles stratégiques et symboliques sans oublier que la longue liste des victimes continue de s’allonger. Cet état de fait est la conséquence directe du compromis islamo-conservateur et de la politique de « réconciliation nationale ». Celle-ci absout non seulement les assassins de leurs crimes mais les encouragent indirectement à reprendre les armes contre la société.
Au plan politique, le pouvoir continue à maintenir le pays dans un statu quo suicidaire, notamment en s’inscrivant encore une fois dans le processus électoral et ce, malgré la forte abstention constatée lors des dernières « élections » législatives et communales de 2007. Pourtant tout indique que « l’élection » présidentielle d’avril 2009 se déroulera dans l’indifférence généralisée des citoyens.
Les élections telles que conçues et organisées par le pouvoir ne peuvent en aucun cas constituer la solution à la crise multidimensionnelle que traverse le pays depuis plusieurs décennies.
Le MDS estime que la sortie de crise ne peut venir que d’une initiative regroupant l’ensemble des forces républicaines et démocratiques, organisées ou non, acquises à la modernité et aux valeurs universelles de démocratie et d’égalité des droits entre tous les citoyens.
Seule une telle action de rassemblement consacrera la rupture avec l’islamisme politique et le système rentier et bureaucratique, disqualifiera les partis islamistes, les partis-Etats (FLN, RND) et leur syndicat maison UGTA. Elle permettra la levée de tous les obstacles qui ont plombé l’essor de la société vers la modernité par l’abrogation du code de la famille, de l’article 2 de la constitution qui stipule que « l’Islam est la religion de l’Etat » et par la reconnaissance de la langue Amazigh comme langue officielle.
Ces forces républicaines et démocratiques doivent par ailleurs œuvrer à l’émergence d’une économie productive régulée, tournée vers le progrès social, où la valeur travail retrouve son sens et où la solidarité est prise en compte, en laissant toute la liberté aux partenaires sociaux. De la même façon, une attention particulière doit être accordée au système éducatif pour réhabiliter l’intelligence, l’esprit critique et la rationalité dans l’acquisition des savoirs.
Seule une jonction de ces forces républicaines et démocratiques en synergie avec la société pourra alors jeter les bases de la deuxième République moderne, laïque, démocratique et solidaire.
Alger le 01 mai 2008
--
Posté le 05.05.2008 par abdoumenfloyd
“Flouka wala sous-marin, fi juin rayhine rayhine” (que ce soit sur une embarcation ou un sous-marin, en juin on partira, on partira) ; tel est le leitmotiv de beaucoup de jeunes rencontrés la semaine passée à Annaba. C’est que dans la Coquette, l’ambiance est aux préparatifs pour ce que beaucoup appellent déjà “al ghazwa al kobra” (la grande invasion) sur les côtes italiennes.
Certains parlent de centaines de personnes “venant de plusieurs wilayas voisines et même d’Alger”, qui ont déjà “réservé” leur place. Des termes qui en disent long sur l’ambiance régnante et qui a fait dire à un quadragénaire de la ville : “La Coquette se prépare à la conquête de l’Italie.” Il suffit de faire un tour dans les quartiers populaires de la ville pour constater cette incroyable atmosphère de “starting-block”.
Pour A. S., 24 ans, l’été 2008 verra encore plus de jeunes tenter l’aventure qu’auparavant. Cet ex-harrag (il a tenté sa “chance” l’été dernier avant d’être recueilli par les gardes-côtes tunisiens) nous dira que “c’est l’accalmie avant la… conquête. Tout le monde se prépare à partir. Les jeunes travaillent jour et nuit pour pouvoir se procurer l’argent nécessaire pour embarquer en juin”.
D’autres nous donneront des détails qui surprendront plus d’un par leurs “précisions”. ہ les entendre (nous avons rencontré A. S. et ses amis du côté de la Caroube, quartier populaire situé sur une crique au tout début de la corniche annabie), l’ère du bricolage est révolue. Beaucoup de leçons semblent avoir été retenues depuis les premiers harragas de Annaba du 31 décembre 2006. Ils nous parlent des préparatifs sans cacher leur enthousiasme : “Tout est prêt. Les embarcations sont là dont voici quelque-unes (ils nous en montrent trois renversées pas loin de la plage) et les moteurs ont été achetés à El-Eulma. Ils sont bien cachés et cette fois, ce n’est plus la camelote qui a laissé plus d’un en plein milieu de la mer.” En aparté, l’un d’eux nous chuchotera : “Il y a dans chaque quartier de Annaba une personne qui s’occupe des futurs harragas. Ce sont eux qui s’occupent des places et des réservations. Les jeunes qui viennent de l’extérieur de Annaba sont dirigés vers eux pour les négociations et les réservations des places.” Il nous dira même que ces “représentants” se réunissent régulièrement pour faire le “bilan”.
Du coup et mine de rien, ils se retrouvent à créer une sorte de démocratie participative qui fera sûrement pâlir les élus locaux. Mais pourquoi juin ? Deux raisons essentielles : le beau temps et surtout la présence de nombreux touristes en Italie. Pour la plupart de ceux qu’on a rencontrés à la Caroube et à Sidi Salem (un quartier de la ville dont sont issus la plupart des harragas en Italie), il n’est pas question de mourir. “On ne veut plus prendre de risques inutiles. On n’a plus envie de yakoulna al houte. Soit on se fait attraper soit on arrive à bon port”, nous diront-ils, avant d’être encore plus précis : “Sur place, on essayera de se faufiler parmi les touristes et on pourra aussi dormir à la belle étoile. Plus on sera nombreux mieux c’est. Ils ne pourront pas nous mettre tous dans des camps. Certains seront bloqués dedans avant d’être refoulés. D’autres auront un laissez-passer de quelque jours et là ce sera tag ala mane tag (chacun doit se débrouiller tout seul). Sortir d’Italie et rejoindre les copains et la famille en France et en Angleterre est le but de chacun.” Certains parmi ces jeunes (tous ont moins de 30 ans) ont étalé devant nous leurs “connaissances” du terrain : “Le billet du bateau qui fait la Sardaigne et Naples est de 40 euros. Il y en a deux chaque semaine et on compte ainsi le prendre pour rejoindre après Rome et quitter l’Italie juste après.”
L’espoir est de retour
Aussi ces jeunes se disent prêts à l’aventure malgré les risques encourus et en dépit du retour de Silvio Berlusconi au pouvoir (les potentiels harragas que nous avons rencontrés le connaissaient tous et nous affirment avoir suivi avec attention les dernières élections italiennes). A. S. nous précisera que l’espoir a été renforcé par la dernière “harga” réussie il y a quelques jours. “Une embarcation a réussi à atteindre l’Italie. Ils ont démarré de la plage de Oued Bougrat et dès qu’ils sont arrivés, ils ont appelé leur famille. On parle de 14 dont 3 filles de Gambetta (ndlr: quartier populaire du centre-ville). C’est un signe pour nous que c’est toujours possible. Tout est une question de chance et on veut la saisir.”
Un meurtre pour une harga
Concernant le prix du “voyage” ceux qu’on a rencontrés sont d’accord sur le même chiffre : 10 millions de centimes en moyenne “8 et jusqu’à 6 millions pour lahbab (les amis)”, préciseront certains. “Rahoum yakhadmou galb et rab lile oua anhar, (ils travaillent d’arrache-pied jour et nuit), pour pouvoir se procurer l’argent nécessaire”, nous diront certains jeunes rencontrés du côté de Rizzi Amor. Toutefois si la plupart ont opté pour l’informel, d’autres ont opté carrément pour le crime. L’histoire du jeune “fraudeur” (taxi clandestin) assassiné au courant de ce mois est sans aucun doute très significative de l’“ambiance” qui règne à Annaba. Un meurtre qui a ébranlé toute la ville. Ainsi, il s’agit de deux jeunes “sans histoires” (dont l’un est le fils d’une personnalité très connue de la région) en quête d’argent pour participer à une harga. Pour cela, ils ont “choisi” leur victime parmi leurs connaissances, un jeune clandestin, à qui ils ont demandé de les emmener dans un lieu isolé de Sidi Salem. Sur place, les deux complices ont carrément égorgé le jeune (selon le récit que tout Annaba raconte) avant de l’enterrer (certains affirment vivant) et de prendre la voiture avec l’intention de la vendre et d’en “récolter” l’argent nécessaire.
Toutefois, l’un des deux “assassins” a eu entre-temps des remords et en a parlé à son père.
Ce dernier a sur-le-champ emmené son fils vers les services de sécurité pour dénoncer le crime et retrouver ainsi le corps de la malheureuse victime. Tous ceux qui nous ont raconté cette histoire finissaient leur narration avec la même “sentence” qui sonne plus comme un avertissement qu’un constat de dépit : “Ces meurtriers sont des jeunes qui n’ont jamais eu de problèmes avec la justice et que personne n’aurait pu imaginer capables de faire ça. C’est dire que tout le monde est prêt à faire n’importe quoi pour quitter ce pays”, nous a dit un taxieur de la ville. Aussi cette histoire est venue secouer encore plus les parents dont l’un d’eux (âgé d’une cinquantaine d’années et père de trois jeunes de 21, 23 et 26 ans, tous chômeurs) nous déclare d’un ton triste : “J’ai peur de me réveiller un jour et de ne pas trouver mes enfants.” Il précisera aussi que “la pauvreté n’est plus la seule raison. J’ai déjà des amis qui ont une excellente situation sociale mais leurs fils ont quand même pris une embarcation vers la Sardaigne. Certains sont sans nouvelles d’eux”.
Familles de disparus “contre” l’ENTV
ہ Annaba, s’il y a des ex- et des futurs harragas, il y a aussi les disparus. Tellement nombreux qu’un collectif a été créé depuis plusieurs mois déjà. Nous avons rencontré les deux fers de lance de ce “collectif des familles de harragas disparus”, en l’occurrence Kamel Belabed et Boubekeur Sabouni. Deux infatigables bonhommes qui ne cessent de taper à toutes les portes dans l’espoir de retrouver leurs enfants disparus (24 ans et 28 ans lorsqu’ils ont “embarqué”) il y a plus d’une année. Pour Belabed, il n’est pas question de baisser les bras. “Nous serons à Alger la semaine prochaine et on nous a promis une rencontre avec les ministres de l’Intérieur et de la Justice.” Sabouni, de son côté, n’arrêtait pas de reprocher à l’ENTV son très controversé reportage sur les harragas diffusé le 4 avril dernier : “Ils ont osé parler des harragas morts dont les corps sont brûlés en Europe. Ils n’ont aucune idée du mal qu’ils ont fait en montrant ces images-là. D’ailleurs l’état de santé de ma femme s’est détérioré encore plus depuis qu’elle a vu ce maudit reportage.”
ہ leurs côtés, il y avait un jeune informaticien, un certain Salah, qui a l’habitude d’aider Belabed et son acolyte depuis plusieurs mois déjà. Au cours de nos discussions, il nous a relaté la situation dramatique des familles de harragas disparus. “Une vieille femme dont le mari n’a plus donné signe de vie depuis plusieurs années en est la meilleure illustration”, avant de nous narrer son histoire : “Il est parti en voyage en Italie et n’est plus revenu. Pendant plusieurs années son unique fils a vécu avec cette envie de le retrouver et finalement il a décidé de rejoindre l’Italie sur une embarcation avec d’autres harragas, dont l’un était d’ailleurs le fils de Belabed, dans l’espoir de retrouver son père. Du coup, cette vieille femme s’est retrouvée sans nouvelles de son mari et de son unique fils. Ses malheurs ne se sont pas arrêtés là. Lorsqu’elle a entendu parler des autorités tunisiennes qui auraient capturé des harragas, elle s’est déplacée au consulat de ce pays à Annaba. En sortant, très déçue par le non-aboutissement de ses efforts, elle a été renversée par une voiture et s’est retrouvée avec des broches et l’incapacité de bouger.”
Tout ce remue-ménage que vit Annaba se déroule presque en catimini. On parle plus volontiers de la rocambolesque histoire de la kalachnikov “perdue” par un policier dans un restaurant de la ville, ou encore de la corniche qui est en train d’être “assassinée” depuis quelque jours par les bulldozers et les pelleteuses. Mais ceci est une autre histoire…
Salim koudil
Posté le 04.05.2008 par abdoumenfloyd
Les émeutes qu’a connues, vendredi, la localité de Ksar El-Boukhari, dans la wilaya de Médéa, pour dénoncer les conditions de précarité auxquelles sont confrontés les jeunes, ont conduit à l’arrestation de pas moins de 35 émeutiers. Rappelons que la décision de l’APC de la fermeture du marché informel de la commune, principal lieu d’occupation des jeunes chômeurs, a suscité un grand mécontentement qui a conduit à des actes de violence.
Posté le 01.05.2008 par abdoumenfloyd
Nous avons tendance à interpréter à la lettre le message coranique sans faire aucun effort intellectuel pour donner à ce livre saint une portée spirituelle et morale. Cette approche dogmatique qu'on rencontre notamment chez les berbères enlève à notre religion sa dimension universelle, spatio-temporelle et humaniste. En la confinant dans un milieu sclérosé l'Islam n'est plus en mesure d'apporter des solutions justes à la crise multi dimensionnelle qui traverse le monde musulman.
La présente réflexion sur la hijra tente d'approfondir le sens de la hijra
Dans le saint coran la higra est mentionnée dans plusieurs sourates En islam, elle devient obligatoires dés lors que le musulman est soumis au despotisme à l'injustice et qu'il lui est impossible de la combattre. Dieu dans Le verset 97 de la sourate 4″les femmes” dit ” ceux que les anges auront recouvrés en état d'iniquité contre soi , ils leur diront : “Où étiez vous?” , et ceux ci répondront :” Nous étions des opprimés sur la terre”. Mais les anges diront ” la terre de Dieu n'était elle pas assez large pour votre exode?” Ceux-là, leur refuge sera l'enfer.
Les jeunes Harraga algériens quand ils prennent des risques certains, meurent en mer dans des conditions épouvantables en fuyant l'injustice et le despotisme du pouvoir, politique deviennent en Islam des martyrs chahid dont on doit honoré leur mémoire.
Il est utile de rappeler que les 3 religions monothéistes sont nées ont combattant le despotisme ” toughat” des grandes civilisations hydrauliciennes, de la Mésopotamie de l'Egypte pharaonique et de Byzance.
La victoire des nomades forts de leur foi sur des civilisations brillantes fortes mais injustes est une leçon à méditer pour tous les croyants Toutes ces religions ont dénoncé et interdit l'injustice la rapine le vol, prêcher l'amour et la miséricorde, l'aide aux pauvres, la lutte contre la pauvreté source de tous les pêchers « La pauvreté est presque un pêcher » Hadith du prophète Mohammed que le salut soit sur lui.
La plus part des pays musulmans sont pourtant devenus à travers le monde le berceau du despotisme de l'injustice de la mauvaise gouvernance et de la corruption.
En Algérie ceux qui prétendent avoir combattu le colonialisme injuste mais porteur d'une civilisation ont engendré en s'accaparant du pouvoir en 1962 le « colonnelisme » un régime, ignare, rapace, vorace, prédateur, corrompu, destructeur de civilisation , qui a détruit la culture du travail et l'épargne, développé celle de la rente, de la cueillette, à l'instar des populations primitives et sauvages du début de l'histoire de l'humanité, des biens matérielles laissés par le colonialisme en 1962 et des richesses naturelles du pays .
Il a appauvri la population d'un pays éminemment riche, ruiné ses richesses naturelles, détruit son agriculture, bradé aux puissances étrangères ses richesses en hydrocarbure, engendré la rupture de la cohésion sociale, et nationale, manipulé les soulèvements populaires , instrumentalisé le nationalisme, la langue nationale, la religion, crée en pratiquant le régionalisme , le clanisme et le tribalisme les conditions propices à l'éclatement de la Nation en mini douars.
Un système politique qui a poussé : les diplômés et la main d'œuvre qualifiée chèrement formés e à l'exil, s'est accaparé des richesses du pays qu'il a soigneusement placé dans les banques internationales, qui a contraint la jeunesse composée en grande partie de chômeurs à choisir entre la drogue, le suicide et ils sont très nombreux, le maquis, le kamikaze ou fuir le pays en courant une mort quasi certaine.
Dans ces conditions l'exil devient un devoir religieux et les dirigeants quelque soit le niveau de leur responsabilité coupables de cette tragédie nationale sont des traîtres de la nation, des ennemis de l'humanité et de L'Islam. Dieu les châtiera sans pitié. Amen.
Un citoyen écœuré par la racaille qui a pris le pays en otage depuis 1962
Posté le 01.05.2008 par abdoumenfloyd
Par Tahar Besbas*
Les travailleurs algériens voient arriver le 1er mai, cette date symbole immuable des luttes syndicales, alors qu’ils viennent, pour la plupart d’entre eux, de sortir d’un mouvement de protestation fait de grèves et de marches dont l’initiative est à l’actif exclusif de jeunes syndicats autonomes.
Cette protestation, devenue quasi permanente depuis quelques années, ne semble pas avoir donné à réfléchir à un gouvernement dont l’autisme apparaît désormais comme une constante. Ainsi, les syndicats à l’origine des luttes actuelles, bien que légalement constitués, sont systématiquement ignorés. Pis, ils sont réprimés, au besoin par la matraque et leurs responsables ne comptent plus les procès en justice qui leur sont intentés par les ministres. Pis encore, l’ex-syndicat unique qu’est l’UGTA, régulièrement appelé à la rescousse par le gouvernement, ne rechigne pas à la besogne dès qu’il s’agit de diaboliser les véritables défenseurs des intérêts des travailleurs. « Les grèves ne règlent pas les problèmes.» Ainsi avait parlé le secrétaire général de l’UGTA pendant les derniers débrayages et quelques jours avant de se faire « réélire » par un congrès décrié y compris à l’intérieur de cette organisation. Une telle déclaration doit être entendue comme l’expression pudique d’un renoncement à un droit constitutionnel, un droit consacré à présent jusque et y compris dans des Etats où le droit n’est pas toujours la première vertu. Une organisation syndicale qui se dessaisit ainsi de tout pouvoir de dissuasion face à la toute-puissance du patronat ou à l’omnipotence des pouvoirs publics, perd toute raison d’être. Plus que l’abandon d’un instrument de lutte universel, il s’agit là d’une désertion déguisée du terrain syndical, mais une désertion qui ne soustrait pas l’organisation à l’obligation de remplir son rôle de syndicat alibi.
C’est que l’UGTA finit à présent par se révéler comme partie intégrante d’un système politique moribond. D’avoir accompagné solidairement et sans remise en cause un tel système, l’ex-syndical unique achève désormais de se décliner comme l’homologue syndical de l’ex-parti unique. Elle est l’expression fidèle, sur le terrain des luttes sociales, de l’échec politique du vieux parti dans la gestion de la cité. Avec toutefois une nuance : si le FLN n’a ni la latitude de se réformer ni les capacités de s’adapter à un paysage politique marqué par le pluralisme et donc par la compétition, l’UGTA, quant à elle, n’a même plus les moyens structurels de mobiliser, encore moins de préserver une place prépondérante dans le champ syndical. Mais, en la matière, la partie est encore plus aisée pour l’ex-parti unique qui, non sans un certain succès, s’appuie sur la fraude électorale afin de se maintenir. Le challenge est en effet plus ardu pour l’UGTA, bousculée en permanence par l’action des organisations autonomes par trop combatives et dont l’audience s’élargit sans cesse au sein du monde du travail, précisément grâce à cet engagement et à cette générosité dans la lutte.
Toutefois, le déclin désormais avéré de l’UGTA n’est pas seulement la résultante de la position peu confortable à laquelle l’a contrainte l’émergence tonitruante des syndicats autonomes. Il est aussi l’expression de la faillite du système politique dont l’organisation a toujours été un appendice, jusqu’à muer aujourd’hui en une sorte d’excroissance de l’Alliance présidentielle, collaborant avec elle aussi bien au gouvernement qu’au Parlement. Le processus par lequel le FLN s’est éloigné des valeurs démocratiques et sociales énoncées en 1956 est en tous points identique à celui qui a amené l’UGTA à se départir des principes fondateurs qui, la même année, avaient présidé à sa création.
Si les syndicats autonomes sont promis à un épanouissement certain, leur progression et leur affirmation comme entités incontournables sont appelées à donner du rythme à la démocratisation de la vie politique. Et vice-versa. Quant au sort de l’UGTA, il est intimement lié à l’avenir du système. Mais celui-ci en a-t-il un ?
T.B
*Député, ancien président du Comité national pour la sauvegarde des libertés syndicales
Posté le 30.04.2008 par abdoumenfloyd

"Si l'on ne peut soudoyer les mécontents pour qu'ils taisent leurs revendications, il faut les empêcher de s'organiser; s'ils le sont déjà ou arrivent à le faire, il faut les allécher pour les prendre dans la "toile de soumission au système"; si l'on ne peut les capter ou, comme on dit, les "normaliser", il faut provoquer des divisions entre eux afin de faire imploser leurs organisations; si l'on n'y arrive pas, il faut les provoquer pour qu'ils entrent en action, qui ne peut être qualifiée que d'illégale et pouvoir ainsi les réprimer, en emprisonner les leaders, les casser et poursuivre tranquillement notre mission à la tête de ce pays!". Telle semble être, à travers toutes les luttes citoyennes, syndicales et démocratiques qui éclosent de plus en plus, la logique qui préside à l'action délibérée du Pouvoir de la réconciliation avec les terroristes islamistes qui régente le pays face au mécontentement, au désenchantement et à la paupérisation de plus en plus massifs des Algériens/ennes.
Sinon, comment lire par exemple ses promesses à plus d'emploi, pour les jeunes notamment, quand il se refuse à tout investissement productif national structurant et joue à l'aveugle devant toutes les contraintes bureaucratiques et les pratiques de corruption qui rongent ses institutions et qui dissuadent plus d'un entrepreneur national à investir utile et durablement pour le pays? Comment lire son laxisme devant la gabegie qui caractérise le secteur public en charge de l'agriculture et le sinistre de cette dernière qui affaiblit notre pays au point où il se trouve quasiment désarmé devant l'actuelle crise alimentaire mondiale? Comment lire la médiocrité qui s'est encore développée dans la gestion des affaires publiques (Santé, Education, Fiscalité, Administrations, etc.)? Comment lire le maintien d'un état d'urgence dont les dispositions ne semblent être appliquées que contre les citoyens en lutte pour leur dignité et les forces démocratiques, les intégristes religieux porteurs du projet théocratique menaçant pour le pays étant, eux, à côté des gros "trabendistes", parmi les premiers bénéficiaires de la situation créée par la politique de ce Pouvoir ?
Comment lire ses incessants piétinements des lois de la République qui se traduisent, entre autres, par sa non reconnaissance de fait des dispositions positives de la Constitution et sa volonté de plus en plus avérée de les supprimer dans le cadre d'une soi-disant révision constitutionnelle, par son refus crâneur de reconnaître les syndicats autonomes dont nous saluons le courage et la persévérance dans la lutte, par son ingérence inqualifiable dans la désignation de la Direction de l'UGTA, qui lui est pourtant acquise corps et âme? Comment lire son action contre les cadres des entreprises nationales, notamment de Sonatrach et particulièrement de sa Division AVAL si ce n'est pour déstabiliser encore ce secteur stratégique de notre économie et de notre souveraineté? Comment lire, dans cette optique, l'accord donné pour l'ouverture d'un Bureau du FBI (en charge pourtant des seules affaires intérieures américaines) à Alger ?
Comment lire le traitement policier répressif qu'il réserve aux harragas qui échappent à la noyade? Comment lire tout cela et autres aspects non énoncés ici si ce n'est que le Système d'abord, et le Pouvoir qui l'incarne depuis une décennie ensuite, se refusent délibérément à mettre en œuvre une politique de salut national, à même de relancer le développement, de développer l'emploi, de répartir équitablement la richesse national, d'améliorer la qualité des divers aspects de la vie des citoyens/ennes, d'émanciper les libertés démocratiques et de mobiliser le pays pour le faire sortir de la crise multidimensionnelle qui le mine? C'est que jamais rupture entre gouvernants et gouvernés n'a été aussi nette; et jamais décennie n'a été autant porteuse de reculs, de dégradations, de retour aux archaïsmes et de détresse pour notre peuple, pour notre pays et pour ses institutions!
Comment alors, dans ces conditions, oser prétendre à un énième mandat présidentiel? En d'autres termes, où sont aujourd'hui "l'Honneur et la Dignité" (el-izza wal karama) promis aux Algériens/ennes pour espérer leur soutien pour un 3ème mandat? Heureux encore devraient être les soutiens de Bouteflika que notre société n'aient pas encore fait émerger les conditions à même de destituer démocratiquement un Président avant la fin de son mandat pour raison de conflits d'intérêts et/ou de mauvaise gestion des affaires et des intérêts suprêmes du pays.
IL FAUT QUE ÇA CHANGE !
Le blocage est dans le Système rentier bureaucratique corrompu et parasitaire, son pouvoir et ses institutions. Ce Système est arrivé à ses extrêmes limites et aucune évolution positive n'est plus à espérer avec lui. Et son blason ne pourra être redoré ni par les kermesses de soutien qu'animent ses partisans, ni par les condamnations tonitruantes de certains cercles et partis dits démocratiques qui apportent de l'eau à son moulin et légitiment ses institutions croupions en acceptant de cautionner les mascarades électorales qu'il organise en y participant et en trompant ainsi la société sur leur crédibilité (n'est-ce pas, Hocine Ali et son MDS frelaté?).
IL FAUT QUE TOUT CHANGE !
Renforçons nos organisations et ouvrons résolument le chantier politique décisif pour un vrai changement démocratique pour sauver notre pays du désordre général actuel et du risque de sa transformation en chaos ouvert!
"Par la lutte, l'Homme forge sa dignité. Toutes les fois que l'opprimé lutte, son humanité prend une dimension nouvelle; s'il renonce à la lutte, il renonce à une part de son humanité" ! (Abdelhamid Benhedouga, "Djazya et les derviches", 1982)
Fédération d’Oran du MDS
Posté le 30.04.2008 par abdoumenfloyd
Envoyé par le ministre de l’Intérieur pour éteindre l'incendie que celui-ci a provoqué en supprimant les aides financières aux sinistrés, le pompier Ould Kablia s'est littéralement transformé en pyromane.
Ministre chargé des Collectivités locales, Dahou Ould Kablia a donc ouvert les hostilités avec une population qu'il était venu calmer par une déclaration douteuse mais néanmoins péremptoire. Pour lui les commanditaires du mouvement de protestation de ces deux derniers jours à Chlef "ne sont concernés ni de près ni de loin par le dossier du préfabriqué". L'ensemble de ses autres propos seront tous de la même veine. Systématiquement, les déclarations du ministre Ould Kablia consisteront à mettre en accusation la population insurgée. Au lieu d'écouter ses doléances et d'ouvrir le dialogue avec elle, il ne fera que jeter de l'huile sur le feu, en désignant des pseudo-agitateurs et en pointant du doigt "des associations et des formations politiques hors wilaya, commanditaires" des troubles qui, selon lui, "n'ont de but que celui de nuire à la crédibilité de l'Etat et à ses institutions".
Pour appuyer sa thèse du complot ourdi par des parties hostiles à l'Etat et conforter l'idée d'une intervention étrangère à la... wilaya, il précise que "95 % des personnes arrêtées sont soit des mineurs, soit des personnes qui n’ont aucun rapport avec le dossier des logements en préfabriqué".
Intervenant lors d'une rencontre avec le mouvement associatif de la wilaya, il a estimé que "de tels actes relèvent du non sens, car ils ne profitent ni aux citoyens de la wilaya et encore moins aux habitants des quartiers en préfabriqué". Puis, effleurant le sujet à l'origine de l'explosion populaire, il a ajouté : "Le dossier des logements en préfabriqué est pris en charge par les pouvoirs publics", et, rappelé, pour preuve de la bonne volonté de l'Etat de remplir ses engagements, une vague promesse de régulariation faite par Bouteflika à la population sinistrée la décision lors de sa visite en... 2005 !
Le Matin
Posté le 29.04.2008 par abdoumenfloyd
Mohamed Yakoubi. Président de l’Association des sinistrés de 1980 à Chlef à EL Watan
« Les agissements des autorités sont à l’origine de ces émeutes »
Des émeutes ont secoué, dimanche, la ville de Chlef avant même le début de votre procès, prévu le même jour. Pourquoi, selon vous, la situation a-telle dégénéré ?
Les agissements des autorités locales et leurs déclarations incendiaires sur les ondes de la radio sont à l’origine de ces manifestations. Leurs décisions constituent une injustice flagrante pour les sinistrés de la wilaya de Chlef. La première décision est l’annulation de l’aide financière destinée aux sinistrés, décidée dans le cadre de la loi de finances 2007. L’annulation de cette aide est intervenue à travers l’article 75 de la loi de finances complémentaire de 2007. Une annulation que les citoyens et l’association dénoncent énergiquement car les sinistrés du séisme qui a secoué Chlef en 1980 n’ont bénéficié d’aucune indemnité. De plus, ils continuent à souffrir dans ces chalets qui ne devraient pas être utilisés au-delà de 10 ans. Ils sont complètement dégradés et l’amiante risque de nous poser d’énormes problèmes de santé. Nous sommes exposés à toutes les maladies. Quand nous avons tenté d’attirer l’attention des autorités sur la gravité de la situation, ces dernières ont fait la sourde oreille. Elles ont fermé tous les canaux d’expression et toutes les portes du dialogue. C’est un véritable autoritarisme. Nous demandons l’application de la première décision (article 99 de la loi de finances 2007), car nous sommes dans des conditions difficiles. Nous n’acceptons pas cette différenciation entre un locataire et un propriétaire. Nous sommes tous des sinistrés et là où il y a une habitation préfabriquée, c’est que la personne qui y habite est sinistrée. Nous ne sommes pas contre la construction d’une nouvelle ville, mais il faut que tout le monde soit logé.
En quelle année avez-vous créé cette association et quand avez-vous posé pour la première fois ce problème ?
Au début, des comités de quartier ont été créés par les autorités en 1986. A cette époque, on a lancé l’opération de la reconstruction de la wilaya de Chlef. Une opération qui a été suspendue pour des raisons que j’ignore. La situation est restée la même jusqu’à l’an 2000 et la venue de l’ancien chef du gouvernement, Ahmed Benbitour à Chlef. Ce dernier avait décidé d’octroyer une aide de 40 millions de centimes aux sinistrés. Une décision qui n’a pas été appliquée. Le wali actuel a créé en 2004 une commission présidée par lui-même pour essayer de trouver une solution au problème des chalets. Mais depuis son installation, cette commission ne s’est jamais réunie. Quand nous avons constaté que les autorités n’ont pas voulu nous associer au travail de la commission, nous avons saisi le président de la République par écrit. Le chef de l’Etat nous a écoutés et a dépêché sur les lieux trois ministres (ceux de l’Intérieur, des Finances et de l’Habitat). Ces derniers nous ont proposé des crédits que nous avons rejetés, car les gens ne peuvent pas rembourser. Nous demandons notre droit à l’indemnisation, car nous n’avons bénéficié même pas d’un mouchoir.
Le wali vous a conviés à un dialogue. Qu’en est-il exactement et allez-vous accepter de le rencontrer ?
Il y a eu des contacts effectivement. Ce que nous demandons c’est l’ouverture d’un dialogue. Car si les portes du dialogue étaient ouvertes, on ne serait pas dans cette situation. Pourtant, nous les (autorités) avons averties. Nous ne dirons pas non au dialogue. Nous sommes prêts à dialoguer et nous sommes contre ces actes de destruction. Ces gens qui saccagent les édifices publics n’ont rien à voir avec nous. En tout cas, le wali connaît mes positions sur le sujet. Pour solutionner le problème, il faut libérer tous les détenus, ouvrir le dialogue avec la société civile et revenir sur la décision d’annuler l’aide financière au profit des sinistrés.
M. M
Posté le 29.04.2008 par abdoumenfloyd

«Après Berriane, Gdyel et Tiaret, la ville de Chlef vient de connaître de violentes émeutes. Cette exposition est une conséquence directe d’un long pourrissement social qui a laissé en marge des pans entiers de la population notamment des jeunes. » Il s’agit là d’un extrait d’un communiqué du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Pour le parti de Saïd Sadi, c’est « le refus d’exécuter, dans la transparence, une disposition de la loi de finances de 2007, octroyant une aide financière aux victimes du séisme d’octobre 1980 et la répression opposée à toute vie associative autonome dénonçant l’arbitraire et les détournements » qui sont à l’origine des présentes émeutes. Le RCD dénonce « les abus d’une administration menée par un wali (…) qui n’a de cesse d’entretenir les passedroits sur fond de tribalisme ». « Le respect le plus élémentaire de sa fonction, poursuit le RCD parlant du wali de Chlef, lui commandait de montrer un minimum de disponibilité envers des députés qui avaient reçu à l’APN une délégation de ces associations (de Chlef, NDLR) et qui s’étaient rendus sur les lieux pour mieux appréhender la situation et contribuer à la prise en charge de revendications justes et légitimes dans un climat de sécurité. »
H.N.
Posté le 28.04.2008 par abdoumenfloyd
La coupe était pleine de longue date mais il a fallu le procès en diffamation engagé contre le président de la Coordination des sinistrés du séisme d’octobre 1980, suite à ses déclarations sur le dossier du préfabriqué, pour qu’elle déborde. Le feu à pris aux poudres et la ville de Chlef et ses environs proches − des véritables poches de misère telle que la commune voisine de Chettia, considérée comme l’un des grands bidonvilles de la région−, sont entrés en éruption, juste au matin de ce procès inique contre le représentant des sinistrés qui avait osé réclamer le versement de l’aide publique promise par l’Etat, évaluée à 100 millions de centimes par famille, votée par l’APN il y a déjà une année… mais annulée par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales.
Revenant sur les éléments déclencheurs de ces émeutes, les correspondants de presse locaux rappellent des signaux d’alarmes lancés une semaine auparavant par des protestations pacifiques. Le dispositif policier déployé la veille du procès du représentant des sinistrés ajouté à la fermeture des voies d’accès menant au tribunal a été ressenti par la population comme une nouvelle provocation. « Quant au procès, il a été reporté au 11 mai prochain », écrit le journaliste du Soir d’Algérie, qui relate ainsi les événements : « Dès 9h du matin, la ville de Chlef s’est transformée en un véritable champ de bataille : pneus brûlés, voitures saccagées. Des manifestants, la plupart des jeunes, ont exprimé leur ire contre les autorités locales de Chlef, à leur tête le wali.(…)
Une masse humaine, déchaînée, excédée, a déferlé dans les principales artères de la ville : boulevard Ben-Badis, en passant par la direction régionale d’Algérie Télécom, le lycée Salem, jusqu’au nouveau siège de la daïra. Selon des témoins oculaires, les protestataires ne maîtrisant plus leur colère et bravant la chaleur, ont saccagé véhicules, édifices et tout ce qu’ils trouvaient sur leur chemin. Un important dispositif de sécurité a été installé pour endiguer le mouvement de révolte qui nous renvoie à un certain 5 Octobre 1988. Les forces antiémeutes durent utiliser leur attirail : des bombes lacrymogènes contre les émeutiers qui ne décoléraient pas en ripostant de plus belle. Des camions «moustaches » arrosaient d’eau chaude la marée humaine. (…)
Ainsi, et selon des informations recueillies en fin d’après-midi, le bilan des dégâts est lourd. Plusieurs voitures brûlées, le centre d’un opérateur de téléphonie mobile, la BEA, la poste, la daïra et d’autres bâtiments ont été saccagés par une jeunesse incontrôlable. Des blessés, il y en a eu de part et d’autre. Le siège de la wilaya a été épargné puisque les brigades anti-émeutes appelées en renfort ont réussi à repousser les manifestants vers le boulevard Ben-Badis. La riposte aurait gagné d’autres quartiers situés en dehors du centre-ville, comme haï Bensouna, nous dit-on. La RN4 reliant Alger et Oran, à hauteur de l’université, et celle reliant Chlef et Ténès ont été bloquées par les émeutiers à l’aide de pneus brûlés et autres objets de fortune. C’est aux environs de 17h que la ville retrouvera un calme précaire. Pour beaucoup, la révolte des Chelfis d’hier est à inscrire dans les annales de l’histoire.
Meriem Benmehdi (avec N.Y du Soir d’Algérie)