LIBERTE D EXPRESSION
Posté le 29.04.2008 par abdoumenfloyd

Le Comité contre la torture de l’ONU qui ouvre aujourd'hui sa quarantième session à Genève, examinera le vendredi 2 mai les mesures prises par l'Algérie pour prévenir les actes de torture. Les autorités algériennes présenteront au cours de cette séance le troisième rapport périodique et répondront aux questions des membres du Comité à propos de la mise en œuvre, par le pays, des dispositions de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les dix experts du Comité examineront, à huis clos, toute information révélant que des actes de torture seraient pratiqués de manière systématique par l’État algérien. Ils examineront aussi les communications qui leur seront soumises par des particuliers se plaignant d'être victimes de la violation d'une ou de plusieurs dispositions de la Convention. A ce jour, deux ONG − Al Karama, basée à Genève et Amnesty International à Londres −, qui accusent l’Algérie de pratiquer des tortures, seront entendues au cours de ce débat. Le rapport d’Al Karama, quelques trente pages, titré « la torture reste une pratique courante » note qu’en dépit d’une amélioration sensible de la situation sécuritaire, « le problème de la torture en Algérie reste entier et [que celui-ci] ne se résume pas à une question de textes juridiques à intégrer dans la législation nationale ». Parmi « les facteurs déterminants dans la perpétuation de la torture en Algérie », il cite « l’inexistence d’un pouvoir judiciaire indépendant, l’absence de contrôle des services des renseignements de l’armée par une autorité civile et la poursuite de l’impunité, aujourd’hui légalisée par la Charte pour la paix et la réconciliation nationale(…) ». En conséquence de quoi, Al Karama demande la levée de l’état d’urgence, l’abrogation de la charte de la réconciliation nationale, ainsi que la mise sous contrôle des autorités civiles de tous les lieux de détention. Et adresse une série de recommandations aux autorités en matière juridique ( période de la garde a vue ramenée à 48 heures, application rigoureuse des procédures légales relatives à l’arrestation et à la garde à vue, accès rapide à une défense, à un examen médical en cas d’allégations de tortures ou de mauvais traitements, et droit à une autopsie dans tous les cas de décès en garde à vue). Amnesty International quant à elle fait état de nombreux cas de victimes de torture et de violations des droits de l’homme. Pour sa défense, l’Algérie estime dans son rapport que « la prétendue recrudescence de ces actes n’est pas recevable, car il découle d’une appréciation subjective et d’affirmation non étayée par des éléments de preuves. S’il est arrivé que des actes de torture soient commis, il ne pouvait s’agir que d’actes isolés ou marginaux n’obéissant à une quelconque pratique systématique de la torture »Rappelons que l'Algérie s'est engagée à déclarer la torture illégale et à interdire explicitement d'invoquer des ordres supérieurs ou des circonstances exceptionnelles pour justifier des actes de torture. Le Comité, créé en 1987, au moment de l'entrée en vigueur de la Convention, pour surveiller sa mise en œuvre par les États parties et les aider à en appliquer les dispositions se penchera également sur le suivi de l'examen des rapports des États parties.
Le comité examinera également les rapports de l’Australie, de la Suède, de l’Islande, de l’Indonésie, de la Zambie et de la République de Macédoine (ex-Yougoslavie).
Le Matin (avec Centre des Nouvelles de l’ONU et El Watan)
--
Posté le 29.04.2008 par abdoumenfloyd
Nicolas Sarkozy a entamé sa visite en Tunisie en délivrant un satisfecit à Benali qu'il a assuré de son soutien. Ceux qui s'attendaient à une prise de position du président français sur la question des droits de l'homme dans ce pays pressenti pour recevoir le siège de la futur Union pour le Méditerranée en sont pour leurs frais. Le président français les a pris à contre-pied en estimant au contraire que la Tunisie pouvait "se comparer sans rougir à tant d'autres pays" et a déclaré ne pas avoir de leçon à donner à la Tunisie en matière des droits de l'homme.
Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) a dessiné pour Nouvelobs.com un sombre tableau de la situation des droits de l'homme en Tunisie que nous reproduisons ici .
Qu'en est-il de la situation des droits de l'homme en Tunisie?
- La Tunisie est aujourd'hui une des pires dictatures d'Afrique et malheureusement la plus méconnue. Les gens voient la Tunisie comme une destination de vacances mais sous la plage il y a l'arbitraire. Au niveau du contrôle de la population, la situation est comparable à la Roumanie de Nicolae Ceauşescu. La société est totalement bouclée et la presse est sous contrôle de la même façon qu'en Chine. On parle de miracle économique tunisien, c'est d'ailleurs le grand argument du régime, mais c'en est un seulement pour ceux qui sont dans les papiers du pouvoir. C'est un pays extrêmement corrompu. Derrière le miracle, il y a 30 % de chômage, la situation est dramatique. On observe des grèves très dures, notamment dans les usines de textiles, il y en a pratiquement en permanence mais on en parle pas car la répression est terrible, rarement les mouvements sociaux sont à ce point-là réprimés. Le tableau est sombre.
La situation peut-elle changée? Faudra-t-il attendre l'après Ben Ali ?
- Pour l'instant la situation est bloquée, Ben Ali vient encore d'être réélu avec 99% des voix, j'ai entendu des dirigeants politiques français féliciter cet "exemple démocratique", il y a de quoi se poser des questions. Ben Ali a fait changer la constitution, ce qui lui permet de cumuler les mandats et d'être président à vie. Actuellement c'est un petit clan qui contrôle tout et qui vie du "miracle" économique.La seule manière de faire changer les choses serait que l'Union Européenne, dans le cadre d'un accord d'association économique avec la Tunisie, fasse appliquer l'article 2, qui consiste a pratiquer cette association économique en échange du respect des droits de l'Homme. Sans l'Union Européenne, la Tunisie ne tiendrait pas plus de quelques semaines, ce serait le seul moyen de faire changer d'attitude Ben Ali. Ce serait beaucoup plus efficace que les multiples gesticulations. C'est notre silence, notre lâcheté et le double discours de nos dirigeants qui maintiennent Ben Ali au pouvoir.
Les ONG se sont déclarées déçues après la première visite de Nicolas Sarkozy. L'Élysée a annoncé qu'il devrait prononcer un discours sur ce thème, pensez vous que les droits de l'homme soient véritablement une de ses préoccupations ?
- Nicolas Sarkozy est déjà venu en Tunisie, ce fut sa première visite après son élection, il était là avec Rama Yade, sa secrétaire d'Etat chargée des Droits de l'Homme. Et pour la première fois lors d'une visite en Tunisie de représentants français, ni l'un ni l'autre n'ont eu une seule minute pour rencontrer les associations et les membres de l'opposition. Quand nous avons fait remarqué ça à Madame Yade, elle nous a répondu " j'ai rencontré le Premier ministre", c'est comme si vous vouliez parler du Tibet avec le Premier ministre chinois. Nicolas Sarkozy nous a dit qu'il avait changé, on va voir, car il ne s'agit pas seulement de faire des discours, ce qui compte ce sont les actes. Je ne veux pas faire de procès d'intention, mais il parle de rupture, et bien nous attendons la rupture. C'est insupportable pour ceux qui sont dans les prisons tunisiennes et qui attendent beaucoup de la France. On dit qu'il n'y a pas d'amour mais des preuves d'amour et bien là c'est pareil, il faut des actes et pas seulement des discours. Interview de Jean-Pierre Dubois par Estelle Gross
Posté le 28.04.2008 par abdoumenfloyd
La Cour d'Alger a confirmé, le 18 avril 2007, ma condamnation à un an de prison ferme pour fraude fiscale et le paiement d'un montant de 8.479.643,48 DA, suite à une plainte de la direction générale des impôts concernant un redressement fiscal contre le quotidien EL OUMA qui avait été suspendu en 1995.
Ce redressement fiscal est basé sur de graves erreurs. Le chiffre d'affaires du journal a été estimé en se basant sur les factures d'impression :
Quantité imprimée x Prix de vente HT= Chiffre d'affaires
Ce raisonnement simpliste est une véritable aberration pour les raisons suivantes :
1) L'éditeur ne commercialise jamais lui-même les journaux mais assume seul le déficit structurel des invendus.
2) Le journal EL OUMA a été suspendu neuf (9) fois de parution en 1995, les reprises très laborieuses ont subi de gros invendus, les tirages limités par les imprimeries et la diffusion sabotée.
3) Le prix de vente du journal était de 4 DA en 1995 et non de 10 DA. Le chiffre d'affaires de l'éditeur n'inclut jamais la marge de diffusion (2da/journal vendu).
4) Sur ces faits, le redressement calculé sur toute la quantité imprimée sur la base du prix public de 10 DA, soit 9,3 DAHT est erroné, donc nul et non avenu.
5) Ce redressement fiscal est fondé sur une "injonction" évidente, sachant qu'à la date mentionnée sur le redressement (20/05/1997), j'étais incarcéré à la prison de Blida suite à un mandat d'arrêt en attente de jugement pour chèque sans provision ... alors que ce chèque était payé! Les ennemis de la liberté de la presse qui avaient organisé cette cabale contre moi pour suspendre mon journal, me neutraliser, saisir et s'accaparer mon imprimerie (Sodipresse), cherchaient "un autre moyen" de me garder en prison.
Je n'admets pas qu'on porte ainsi atteinte à mon honnêteté et mon intégrité.
J'ai déposé un recours auprès de la Cour Suprême, mais je vous invite solennellement de reconnaître l'erreur de la direction des impôts et d'alerter la justice sur l'abus manifeste de cette plainte.
Dans le cas où la cour Suprême confirme cette condamnation abusive, je déposerai plainte contre l'Etat algérien auprès du Comité des Droits de l'Homme de l'ONU pour non-respect du Pacte sur les droits civils et politiques ratifié par l'Algérie en 1989, et j'en demanderai réparation.
Saâd LOUNES
Directeur du Journal EL OUMA
Posté le 27.04.2008 par abdoumenfloyd
Abdelhamid Mehri, Alger le 15 avril 2008
A son excellence, monsieur le président de la République, le frère Abdelaziz Bouteflika
Monsieur le président
Salutations à la hauteur de votre statut et de votre militantisme.
J’ai participé, depuis deux mois ou plus, avec les frères Abdelmadjid Chikhi, Directeur Général du Centre National des Archives et le Docteur Amine Zaouï, Directeur de la Bibliothèque Nationale, à la préparation d’un colloque historique à caractère scientifique se rapportant au cinquantenaire de la Conférence de Tanger qui a regroupé, en Avril 1958, les Partis qui ont conduit la bataille des indépendances en Tunisie et au Maroc et le Front de Libération Nationale algérien.
Le frère Abdelmadjid Chikhi a été chargé de prendre les contacts nécessaires et d’assurer la coordination avec les structures officielles qui, comme il est d’usage, s’occupent de ce genre de manifestations. Je pense qu’il a accompli cette mission.
J’ai été informé hier, 14 avril 2008, que des instructions fermes, dont je ne connais pas la source, ont été signifiées aux deux Institutions citées plus haut afin d’interrompre l’ensemble des dispositions et préparatifs de ce colloque et à renoncer définitivement à sa tenue.
Je pense, Monsieur le président, que vous imaginez bien l’ampleur de la surprise, du choc et de l’embarras provoqués par cette décision et la gravité des interrogations qu’elle suscite. Il n’est guère besoin d’un surcroît d’explications, vous êtes, par votre passé et par votre position, suffisamment instruit pour percevoir toutes les dimensions de ces questions.
Avec mes sincères salutations et respects fraternels
Abdelhamid Mehri
Posté le 24.04.2008 par abdoumenfloyd
L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme
(OMCT-FIDH)
Communiqué de presse
Genève-Paris, le 22 avril 2008. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a été informé de la violente répression dont a fait l’objet une manifestation pacifique des syndicats de l’administration publique le 15 avril 2008 à Alger, au terme de deux jours de grève. Plusieurs syndicalistes ont été violemment arrêtés et du matériel photographique et des tracts ont été saisis.
Le 15 avril 2008, des membres de l’Intersyndicale autonome de la fonction publique [1] ont demandé à rencontrer le Premier ministre Abdelaziz Belkhadem, après deux jours de grève, afin de lui faire part de leur désaccord sur le projet de revalorisation des salaires, élaboré par le gouvernement sans consultation des syndicats. Les hommes des Unités républicaines de sécurité (URS) ayant empêché cette rencontre, les syndicalistes sont passés outre l’interdiction de manifester, en vigueur depuis 2001, et ont organisé un rassemblement sur la place de la Grande Poste, où ils ont exhibé des banderoles hostiles au gouvernement. Les policiers, pris de court, sont intervenus de façon musclée afin de s’emparer des banderoles, bousculant, insultant et prenant à partie les manifestants. Les forces anti-émeutes, appelées en renfort, ont chargé les manifestants et fait usage de leurs matraques, arrêtant sept enseignants en fin de matinée, qui ont finalement été relâchés dans l’après-midi. Une militante du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) a été violemment prise à partie et M. Nouar Larbi, membre du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (CNAPEST), a été traîné par la veste dans la rue, arrêté, puis immédiatement relâché sous la pression de ses collègues. Au total, 10 personnes ont été arrêtées, auditionnées puis relâchées quelques heures plus tard. Dans la mesure où la police a dressé des procès-verbaux de ces auditions, il est à craindre que des poursuites ultérieures soient engagées contre les manifestants arrêtés.
L’Observatoire condamne avec la plus grande fermeté la répression de cette manifestation pacifique qui vise à restreindre les activités des syndicats et sanctionne l’exercice par des défenseurs des droits de l’Homme de leur droit à “promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales”, conformément à la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’Homme.
Par ailleurs, l’Observatoire prie les autorités algériennes de cesser tout acte de répression à l’encontre de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme et de se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, qui prévoit notamment en son article 6.b que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, d’étudier, discuter, apprécier et évaluer le respect, tant en droit qu’en pratique, de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales, et par ces moyens et autres moyens appropriés d’appeler l’attention du public sur la question”.
Enfin, l’Observatoire demande plus généralement aux autorités algériennes de se conformer, en toutes circonstances, aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l’Homme, ainsi qu’aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme.
[1] L’Intersyndicale autonome de la fonction publique regroupe le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (CNAPEST), le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP), le Syndicat national des professeurs d’enseignement paramédical (SNPEPM), le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) et la Confédération des enseignants contractuels algériens (CECA).
Posté le 19.03.2008 par abdoumenfloyd
« Les journaux indépendants en Algérie s'autocensurent », a déclaré hier, Robert Stephen Ford, ambassadeur des Etats-Unisd’Amérique en marge des travaux du quatrième Séminaire des institutions nationales arabes des droits de l’homme. Selon lui, les médias indépendants, notamment la presse écrite, ne profitent paspleinement des libertés qui leur sont accordées.
Robert Stephen Ford a souligné ses réserves concernant deux dossiers: les prisons et la liberté d’expression en Algérie. La monopolisation du secteur de l’audiovisuel est une atteinte aux droits de l’homme selon ses propos, appelant ainsi les autorités algériennes à ouvrir ce champ médiatique aux privés.
Autre sujet délicat : les rencontres de l'ambassade avec les associations et les institutions politiques algériennes. M.Ford aclassé ces rencontres dans le cadre des échanges « ordinaires ».
« L’Amérique s’intéresse à la politique algérienne comme l’Algérie s’intéresse à la politique américaine», a-t-il expliqué.De plus «l’Algérie est un pays important et a ses point forts dans le Bassin méditerranéen et le monde arabe ». Ce qui renforce l’intérêt de son pays vis-à-vis de l’Algérie. Cet intérêt exige la consolidation du dialogue entre les deux Etats, selon les propos de M.Ford. « C’est dans ce but qu’on a ouvert un certain dialogue avec les associations et les institutions politiques et qu’on a organisé ces rencontres », a-t-il affirmé.
« On ne peut pas connaître les centres d’intérêt de la société civile en Algérie si on ne rencontre pas et si on discute pas avec ses acteurs », a-t-il conclu. Ainsi, l’ambassadeur des Etats-Unis réfute les propos du chef du gouvernement et ceux de la secrétaire générale du PT selon lesquels le diplomate américain s’immisce dans les affaires internes du pays.
Enfin, « La révision de la Constitution est une affaire algérienne. » C’est ce qu’a « En tant qu’Etat, on n’a pas la prérogative d’accepter ou de rejeter la révision de la Constitution », a-t-il ajouté.
E.H.
Posté le 19.03.2008 par abdoumenfloyd
Des journalistes condamnés à des peines de prison ferme et menacés d’incarcération. Des syndicalistes licenciés pour avoir revendiqué des salaires décents. Des chrétiens harcelés pour délit de prière. Les signataires, vivement inquiets de cette escalade contre les libertés démocratiques expriment leur solidarité avec les journalistes libres, les syndicats autonomes et la communauté chrétienne d’Algérie, cibles de mesures aussi brutales qu’injustifiées ; réaffirment leur attachement à la liberté d’expression, au pluralisme syndical et à la liberté de conscience, synonyme du droit de chacun de pratiquer la religion de son choix, ou de ne pas pratiquer ; appellent à la tolérance et au respect des libertés et de la diversité, valeurs cardinales de toute société démocratique. Alger, le 17 mars 2008
Premiers signataires (par ordre alphabétique)
Abdennour Ali Yahia (président d’honneur LADDH), Rabah Abdellah (journaliste), Hakim Addad (responsable associatif), Abdeslem Mehenna (maître de conférences), Farida Aït Ferroukh (universitaire), Louisa Aït Hamou (universitaire), Arezki Aït Larbi (journaliste), Sanhadja Akrouf (éducatrice, responsable d’association), Tewfik Allal (militant syndical et responsable associatif), Zoubir Allouche (avocat), Dalila Alloula (médecin), Soltane Ameur (chirurgien hospitalo-universitaire), Sakina Ammar-Khodja (avocate), Djamila Amzal (comédienne), Malika Baraka (cardiologue) - Yahia Belaskri (journaliste), Hocine Bellaloufi (journaliste), Ben Mohamed (poète), Chérif Benbouriche (responsable associatif), Djilali Bencheïkh (écrivain), Hocine Benhamza (écrivain), Malika Benidir (avocate), Djamel Benmerad (journaliste écrivain), Djamel Benramdane (journaliste), Ali Bensaâd (universitaire), Nacéra Benseddik (archéologue), Fouad Boughanem (journaliste-éditeur), Yvonne Bounif-Lagadec (retraitée), Smaïl Boussalah (avocat), Bouhadef Mustapha (universitaire, ancien député), Chemakh Saïd (enseignant de linguistique berbère), Jeanine Caraguel (universitaire), Salem Chaker (professeur des universités), Farid Cherbal (universitaire, syndicaliste), Hamid Chikdène (avocat), Ahmed Chikaoui (avocat), Fanny Colonna (directrice de recherche émérite au CNRS), Vincent Colonna (écrivain), Dahmani Ahmed (universitaire), Mohand Dahmous (ingénieur), Ali Dilem (caricaturiste), Daho Djerbal (universitaire), Malika Domrane (artiste), Saïd Doumane (universitaire), Ihsen El Kadi (journaliste), Abdelkrim Elaïdi (universitaire), Barkahoum Ferhati (chercheur), Amel Feve (employée),Tewfik Guerroudj (architecte), Mohammed Hachemaoui (universitaire), Haddad Nacer (juriste), Smaïl Hadj Ali (enseignant chercheur), Leïla Hadj Arab (avocate), Bachir Hadjadj (écrivain), Sofiane Hadjadj (éditeur), Saïd Hamdani (docteur en médecine), Mohamed Harbi (historien), Selma Hellal (éditeur), Hichem (le Hic caricaturiste), Hirèche Hacène (universitaire), Mohammed Iouanoughène (journaliste), Boudjemâa Karèche (ancien directeur cinémathèque d’Alger), Ali Kati (expert comptable), Khelloudja Khalfoun (avocate), Saïd Khellil (pharmacien biologiste) Liazid Khodja (cinéaste), Slimane Laouari (journaliste), Jean-Pierre Lledo (cinéaste), Lasheb Ramdane (archéologue), Lalami Feriel (politologue), Mahmoud Mamart (journaliste), Mohamed-Larbi Marhoum (architecte), Dahmane Marouf (médecin réanimateur), Malika Matoub (présidente Fondation Matoub Lounès), Adlène Meddi (journaliste, auteur), Faïka Medjahed (chirurgien dentiste), Ferhat Mehenni (artiste), Sahra Mekboul (universitaire), M’barek Menad (cinéaste, comédien), Farida Mesbahi Aïche (avocate), Rachid Messaoudi (médecin allergologue), Fayçal Métaoui (journaliste), Arezki Metref (journaliste, écrivain), Ali Mouzaoui (cinéaste), Amrane Naït Ali (avocat), Mouhoub Naït Maouche (ex-membre de l’ALN), Kamel Naït Zerrad (universitaire), Boussad Ouadi (éditeur, libraire), Aomar Ouali (journaliste), Hacen Ouali (journaliste), Hadjira Oubachir (poétesse, comédienne), Ali Oubouzar (ex-officier de l’ALN), Lila Oubouzar (universitaire, architecte), Idir Ounoughen (chirurgien dentiste), Arezki Ounoughene, (médecin urologue), Méziane Ourad (journaliste), Fatima Oussedik (sociologue), Nouredine Saâdi (universitaire, écrivain), Nadjib Sadek (avocat), Boualem Sansal (écrivain), Sid Ahmed Semiane (SAS, journaliste), Hamid Skif (écrivain), Rezika Slimani (avocate), Remaoun Hassan (universitaire), Wassila Tamzali (ex-directrice à l’Unesco, essayiste), Belkacem Tatem (metteur en scène et comédien), Yassine Temlali (journaliste), Kamel Yahiaoui (artiste plasticien), Hassina Yahiatène (avocate), Dalika Zekal (présidente d’association), Hassane Zerrouki (journaliste), Ghania Zidane Rezzouk (secrétaire).
Pour signer la pétition, contacter l’un des premiers signataires ou envoyer un mail à : sos.libertes@yahoo.fr
Signatures:
Abdelkrim Amar (rédacteur en chef), Agawa Aksil (journaliste, formateur), Aït Aïder Aomar (universitaire, écrivain), Aït Mohamed Madjid (cadre retraité), Aït Saïdi Ahcène (journaliste, écrivain), Akkar Nadia (conseiller communautaire), Amarouche Nassima (biologiste), Ambes Ali (enseignant), Amir Nabila (journaliste), Amirouche Nacer (universitaire), Ayyoub Habib (écrivain), Azamoum Saïd (enseignant universitaire), Azem Hocine (vice-président CMA/Algérie), Bekkat Amina (universitaire), Bekkat Nadir (avocat), Belhimeur Mahmoud (journaliste), Bellahsène Amar (étudiant), Bouaricha Nadjia (journaliste), Bouchek Saliha (correctrice), Boudraâ Chahrazade (PES correspondante de presse), Boufroura Smaïl (maître de conférences), Boumendil Arezki (journaliste, ancien député), Bourslya Ferhat (chimiste), Boussaïd Fatima (chargée de programme), Boutadjine Mustapaha (artiste peintre), Bouzeghrane Nadjia (journaliste), Chentouf Moulay (militant MDS), Djebar Fouad (étudiant au Canada), Djermoune Nadir (architecte, universitaire), Faïssal Aziz (photographe), Ferrah Md Arezki (architecte à Montréal), Fouila Yasmine (ingénieur), Gacemi Baya (journaliste), Gasmi Hamid (ingénieur), Ghris Mohamed (auteur, journaliste indépendant), Graïne Larbi (journaliste), Gribi Mustapha (retraité), Guerfi Azeddine (éditeur), Hachid Mourad (journaliste), Hachoud Kaci (citoyen, militant politique), Haddar Yazid (psychologue), Hadjadji Tayeb, Hadjarab Mustapha (journaliste en France), Hakkar Abderahmane (journaliste à Paris), Hamel Tewfik (doctorant en sciences politiques université), Robert Schuman, Hannoun Salah (avocat), Kacer Saïd (journaliste, écrivain), Kahla Chebal Anissa (libraire, enseignante), Kahla Saïd (médecin, artiste peintre), Kebaïli Akli (universitaire), Kenzari Touhami (journaliste à Lyon), Lahdir Chérif (journaliste), Lebkiri Moussa (auteur, comédien), Mahdid Brahim (étudiant), Makedi Madjid (journaliste), Medani Moussa (cadre d’entreprise), Medjahed Fayçal (journaliste), Medjamia Miloud (consultant), Mekfouldji Abdelkrim (enseignant à la retraite, journaliste), Missoum Boumediene (membre du Comité de soutien pour la liberté de la presse en Algérie), Oussadi Salem (architecte à Montréal), Ramdani Abdelkader (chef d’entreprise), Remi Yacine (journaliste), Rezagui Rachid (poète), Saâdallah Abdelkader (Dr en géologie, consultant), Sahki Abdellah (enseignant), Slimani Samia (architecte), Tlemçani Salima (journaliste), Yefsah Karima (universitaire), Yessad Mustapha (citoyen), Zobiri Oussama (agent commercial), Nadir Hammou (étudiant).
19 mars 2008
Posté le 14.03.2008 par abdoumenfloyd
Chroniqueur d'El-Watan et correspondant de Courrier international, Chawki Amari rentre dans son pays pour purger une peine de prison. Il explique les raisons de son choix.
Le tribunal de Jijel a confirmé en appel, le 4 mars, votre condamnation et celle d'Omar Belhouchet, le directeur d'El-Watan, à deux mois de prison ferme et à une amende de 10 000 euros pour diffamation et injures. Pourquoi un verdict aussi lourd ?
CHAWKI AMARI :La sévérité fait partie de l'arsenal juridique algérien. En ce moment même, des fonctionnaires sont poursuivis en justice pour avoir fait grève et sont menacés de licenciement. D'autres journalistes sont sous la menace de condamnations, et des personnes arbitrairement incarcérées. Le régime algérien reste foncièrement antidémocratique, convaincu que toutes les forces de revendication sont ses ennemies. C'est un père autoritaire, abusif, qui frappe ses enfants et les enferme dans le placard pendant que tout se monde se moque de lui dehors et que sa femme le trompe. Si je peux me permettre cette image qui entre dans le cadre de la diffamation.
D'autres journaux ont également évoqué des affaires de corruption dans la préfecture de Jijel (à 350 km à l'est d'Alger) ? Comment expliquez-vous que seuls les journalistes d'El-Watan aient été condamnés à de la prison ferme ?
Beaucoup de journaux ont écrit sur la préfecture et ses dépassements. Il faut savoir que l'Algérie, à l'instar d'autres pays riches et autoritaires, est bien classée dans l'échelle mondiale de la corruption. Celle-ci est infiltrée dans les rouages de l'Etat, où des réseaux très puissants et solidaires pompent l'argent public comme dans le désert on pompe du pétrole. Plusieurs procès sont en cours, dans cette préfecture et ailleurs. Il faut attendre. Pour l'instant, à part nous, un autre journaliste a été condamné à 4 millions de dinars d'amende (40 000 euros), et il y a encore d'autres procès avec la wilaya de Jijel qui n'ont pas encore été sanctionnés. Mais il faut savoir que, par le passé, d'autres préfets ont été accusés par les journaux, ces derniers se sont retrouvés en justice et, en bout de course, les préfets eux-mêmes sont allés en prison ou ont été démis. Le délit est donc d'en parler trop tôt, avant que le pouvoir central ne se décide à lâcher ces préfets, qui sont, comme en France, nommés par le président et ne sont pas élus, à l'image de ce qui se fait dans d'autres pays.
Est-ce un message envoyé à la presse pour la museler dans un contexte politique difficile (le projet de réforme constitutionnelle pour permettre à Bouteflika d'effectuer un nouveau mandat) ?
C'est possible. Avec cette affaire, on peut éventuellement faire voter l'amendement de
la Constitution lors de la session parlementaire de mars, au lieu de passer par la case référendum. Mais je n'y crois pas trop, surtout que rien n'est joué pour l'adoption de la réforme constitutionnelle ; le régime hésite à se moquer aussi ouvertement de la population. El-Watan pose souvent des questions qui fâchent et apporte des réponses qui énervent. Pour le régime, qui aime faire croire que tout fonctionne dans le meilleur des mondes, ce journal est gênant, tout comme d'autres titres privés qui entravent “la marche vers la stabilité”.
Faire payer El-Watan, un syndicat libre ou un militant des droits de l'homme relève du même esprit. “Tous ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous et ceux qui sont avec nous ont intérêt à bien l'être, de façon visible.” En revanche, cette affaire survient au moment où le ministre de
la Communication rencontre les journalistes et les patrons de journaux privés pour leur annoncer un nouveau contrat de confiance mutuelle et la promesse de dépénaliser les délits de presse, en éliminant les sanctions pénitentiaires pour les journalistes. Pour lui, cette affaire tombe très mal. Mais, en Algérie, on a l'habitude d'entendre les gouvernants dire une chose et faire son contraire. Un pas de côté, deux pas en arrière, un pas en avant. C'est connu, les Algérien(ne)s sont de très bon(ne)s danseur(se)s.
El-Watan évoque “un hiver des libertés démocratiques”. Peut-on parler d'un recul de la liberté de la presse en Algérie ?
Pour reculer, il faut d'abord avancer. Depuis 1988, date de l'ouverture du secteur de l'information aux acteurs privés, il y a eu de timides avancées. Puis un gel par cryogénisation délibérée, qui dure depuis l'apparition du terrorisme, en 1992. C'est un cas assez classique : sous couvert de sécurité, on sacrifie les libertés. Etat d'urgence, monopole de l'Etat sur les médias, surveillance, contrôle et infiltration des journaux par les services de sécurité, écoutes, etc. Toute la panoplie d'un régime autoritaire qui, pour tout contrôler, n'a trouvé que la solution des barrières et des miradors. L'autre problème est qu'il n'y a pas de réel contre-pouvoir constitué pour défendre la liberté d'expression. La justice est aux ordres dans les affaires politiques et l'Assemblée regroupe un gros pourcentage d'apparatchiks qui adorent les voitures de luxe et les bonus de fin de mois.
Il n'y a finalement que quelques partis politiques, des syndicats libres et des forums ou groupes de citoyens qui se sont intéressés à notre affaire. Le progrès viendra peut-être d'eux. Est-on dans un hiver des libertés ? Oui, un hiver qui dure et qui n'est pas seulement la création du président Bouteflika. Sauf qu'au pays du soleil ça fait encore plus froid dans le dos.
La presse algérienne a souvent été présentée comme la plus libre du monde arabe. Est-ce toujours une réalité ?
On ne fait pas trop de vagues et, en face, on ne frappe pas trop fort. C'est comme une mer un peu plate avec des surfeurs qui font semblant de pratiquer un sport à risque dans une eau peu profonde. D'un côté, on a l'alibi démocratique d'une presse relativement libre et, de l'autre, un semblant de stabilité politique. Avec une répartition d'argent plus ou moins honnête et équitable, la machine tourne. Mais elle n'avance pas. Les presses libanaise et marocaine sont peut-être plus libres aujourd'hui. De toute façon, contrairement à ce que l'on pense, la liberté d'expression, en Algérie ou ailleurs, ne suit pas un développement linéaire, mais alterne entre cycles de fermeture et d'ouverture. Actuellement, nous sommes dans un cycle de fermeture. Alors, soit on se repose, soit on va chez le serrurier. Soit on casse la porte.
Vous pourriez rester en France pour échapper aux poursuites judiciaires ? Pourquoi prenez-vous le risque de retourner en Algérie ?
Je crois que, pour l'instant, ma place est en Algérie, aux côtés de tous ceux qui se battent pour un avenir meilleur. L'Algérie a pratiquement tout ce dont peut rêver un pays, des cadres instruits, des hommes et des femmes formés, une classe moyenne relativement progressiste, du pétrole, de l'argent et de la terre. Manquent les libertés. Un truc concret qu'on pourrait laisser à nos enfants, si toutefois on l'arrache à nos parents. En gros, je crois qu'il n'y a pas vraiment d'abus de pouvoir, il n'y a souvent que des abus d'obéissance.
Cela étant dit, personnellement, je vivrais bien en short dans des îles du Pacifique, entouré de jolies créatures et lisant un journal par an pour faire les mots croisés. En attendant ce devenir, je préfère rester à Alger. Un enfer sympathique, géré par de méchants gardiens de prison, mais où les détenus sont encore capables de tendresse. Il faut juste “licencier” les gouvernants. Cette dernière phrase entre évidemment dans le pur cadre de la diffamation. Ou de l'apologie de la violence ?
Posté le 13.03.2008 par abdoumenfloyd
Reporters sans frontières est préoccupée par l’inculpation et le placement sous contrôle judiciaire, le 4 mars 2008, de Noureddine Boukraa, du quotidien Ennahar, par le tribunal général d’Annaba (600 km à l’est d’Alger), suite à une plainte déposée par le responsable de la sécurité publique dans la région.
“Cette affaire témoigne des fortes pressions pesant sur les journalistes qui révèlent l’implication de personnalités proches du pouvoir dans des trafics d’influence. Ces pressions sont encore plus fortes en province, où les affaires de presse sont moins médiatisées et où les journalistes sont plus exposés aux potentats locaux”, a déclaré l’organisation.
Le 4 mars 2008, Noureddine Boukraa a été placé sous contrôle judiciaire après avoir été provisoirement inculpé de “divulgation du secret de l’instruction par l’utilisation de documents classés confidentiels”, d’”atteinte à l’honorabilité d’un corps constitué” et de “diffamation”, en vertu du code pénal. Le procureur avait requis l’incarcération préventive. Dans l’attente de son procès, le journaliste devra se présenter une fois par semaine au parquet d’Annaba. Il n’est pas autorisé à quitter la région.
Contacté par Reporters sans frontières, Noureddine Boukraa a affirmé avoir été entendu à plusieurs reprises par la police au cours des derniers mois pour s’expliquer sur les malversations qu’il avait dénoncées dans un article publié le 12 novembre 2007 dans le quotidien arabophone Ennahar. Se basant sur des documents confidentiels, le journaliste avait accusé des membres des services de police de trafics d’influence. Il s’est déclaré surpris par cette inculpation et par la gravité des faits qui lui sont reprochés. La plainte a été déposée par Draï Messaoud, chef de la sécurité publique.
Suite à la publication de son article, Noureddine Boukraa avait été interpellé et placé en garde à vue pendant une nuit au quartier général de la police judiciaire. Il avait été entendu par un juge d’instruction avant d’être relâché.
L’Algérie occupe la 123e place du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. L’organisation a publié, le 13 février, son rapport annuel 2008 sur la liberté de la presse dans le monde.
Posté le 09.03.2008 par abdoumenfloyd
Dans un communiqué de soutien à Omar Belhouchet et Chawki Amari, rendu public aujourd'hui, le Secrétaire général de l'UDR, Amara Benyounes, a affirmé que par la condamnation des deux journalistes d'El Watan ”les partisans de la presse unique et de la pensée unique confirment leur volonté de mainmise sur l’un des derniers bastions de la liberté dans notre pays”.
Reconnaitre que la presse est l'un des derniers bastions de la liberté dans notre pays signifie tout simplement que les autres libertés n'existent pas. Il est alors à s'interroger sur les raisons de soutien qu'apporte Benyounes au président de la République !