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abdoumenfloyd
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ALGERIE ;JE T'AIME... “TRAVAILLONS TOUTES ET TOUS ENSEMBLE A L’INSTAURATION DE LA 2e REPUBLIQUE"
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17.01.2008
Dernière mise à jour :
19.08.2008
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LIBERTE D EXPRESSION

Un gouverment pro islamiste...

Posté le 07.05.2008 par abdoumenfloyd

L'islamisme reprend en Algérie. La vague de l'idiotie humaine n'est malheureusement pas dépassée. Nous les voyons nombreux, ces islamistes en qamis, claquettes et leurs enormes barbes. A tous les recoins de rue, ils sont assis oisifs à surveiller le monde entier et à donner des leçons. Ils ne lachent personne, ni femmes ni hommes. Leur dada c'est d'emmerder les gens autours d'eux. Ils commentent tout et sur tout le monde. Parlons de ces nombreuses femmes voilées en niqab noir, cachant leurs visages d'hypocrites confirmées. Les femmes du coté obscur. Qu'est ce qu'elles cachent avec leur Hijab? Si au moins ce niqab reussissait à nous épargner votre ignorance, vos sales idées et votre laideure. Pour beaucoup ce niqab n'a rien de religieux, mais juste une question d'image et d'apparence. Soit disant en mettant ce genre de tissu, elles intègrent le groupe des femmes pures et de bonne famille (Toz, c'est le vice total).
Enfin là, est toute l'hypocrisie sociale.
La tyrannie des faux prêcheurs qui nous saoullent avec leurs principes à deux sous. Des milliers de gens sont morts durant toutes ces années noires à cause de la bétise humaine.

Les islamistes sont toujours présents et veulent encore et plus que jamais prendre le contrôle du pays. On cherche à nous imposer leurs idéologies irrationnelles ainsi que leurs modes de de vie (hypocrisie absolue). Ce qui est encore plus aberrant et fou, c'est le gouvernement actuel qui a répondu à toutes les revendications des intégristes. Nous avons un gouvernement pro-islamistes qui se fait passer pour modéré, mais ce sont des islamistes en costumes. On commence par de petites concessions et on finit par leur céder le pays. Ils procèdent étape par étape. C'est comme une maladie infectieuse qui dévore le corp humain piano piano.
Observez attentivement et remarquez qu'au final, le gouvernement actuel a réussi à faire tout ce que le FIS n'a pu faire durant les années 90. C'est chaque jour, une nouvelle étape et un nouvel échelon d'islamisme de franchi. Les zewaya (Zewya) par-ci, les discours débilitants par là. Un ministere des affaires religieuses qui protège les imams pronants le terrorisme et le djihad. Djihad de quoi? vous ne faites absolument rien de productif durant vos journées. Quel jihad et pour quel idéal? la reconquète de l'Andalousie? Pour en faire quoi, un enfer ou une poubelle à ciel ouvert . Qu'apportez vous de nouveau et de positif à ce monde? Le savoir?le développement? Zéro. Des imams qui encouragent à la guerre sainte...pourquoi faire? La seule menace pour l'islame et le monde musulman, c'est vous! Vous les islamistes, vous la pourriture, vous les ignorants intégristes et vous terroristes et mafieux.

Ils recrutent et incitent les jeunes à se faire exploser sans raison(bien ;que le terrorisme d'etat existe toujours entre ces clans au pouvoir...).
Pourquoi, le ministere des affaires religieuses le nie? Dans notre pays, c'est le denie de la réalité.

En conclusion, notre gouvernement, n'est autre qu'un islamiste en costume. C'est encore plus dangereux qu'un islamiste apparantl. Ils étouffent les institutions du pays progressivement. Ils sont entrain de museler les partis politiques, les syndicats, le journalisme et les medias. On bafoue encore plus les libertés et droits individuels. Personne ne peut revendiquer sa différence. No màs de liberté de penser. On veut faire de nous un peuple de moutons, tous dans la même direction et quelle direction? Celle de l'ignorance et de l'irrationnel et biensur l'enfer sur terre ou ailleurs. On nous plombe les cerveaux . Pas d'évasion intellectuelle, ni liberté d'expression...c'est la prison à l'air libre. Ils cherchent à enfermer nos idées et âmes dans un espace restreint contrôlé par la bêtise humaine et la tyrannie des dirigeants machiavéliques, sans foi ni loi...assoiffés de pouvoir sans intérêt pour le citoyen algérien.

Vive la liberté et Vive l'Algérie.

DJAZAYER HORRA DEMOCRATIA


Par République Algérienne Cybernautique et ABDOUMENFLOYD



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Un journaliste fâche le ministre en évoquant la suspension du Matin et manque de se faire renvoyer

Posté le 07.05.2008 par abdoumenfloyd
Un journaliste du quotidien « Le jeune indépendant » a failli être licencié lundi soir pour avoir contrarié le ministre de la communication, M Boukerzaza. Le journaliste participait à l’émission « Forum » de la télévision algérienne dont l’invité était M Boukerzaza. Il a déstabilisé ce dernier en l’interpellant sur la suspension du « Matin » et l’emprisonnement de son directeur de 2004 à 2006 à la prison d’El harrach.

Surpris, le ministre apporta de vagues réponses mais, très remonté contre le journaliste, il téléphona au directeur du « Jeune indépendant » pour se plaindre de « l’outrecuidance » de son reporter, qui pourtant n’a fait que soulever le cas d’un journal injustement suspendu depuis 4 ans. Le jeune journaliste fût alors sévèrement tancé par sa direction et reçut un blâme accompagné d’un sermon sur le « journalisme responsable ».

Aux dernières nouvelles, la direction qui hésite à prendre des sanctions contre le journaliste pour une faute inexistante, préfère se donner le temps avant de trancher sur le sort de notre courageux confrère.

Rappelons que ce nouvel épisode de harcèlement et d’intimidation de la presse s’est déroulé lors d’une émission commémorant la journée mondiale de la liberté de la presse.

La veille, le chef du Gouvernement Abdelaziz Belkhadem et son ministre Boukerzaza avaient fait étalage de leur attachement à la liberté de la presse.

L.M.

Quand Ouyahia parle de liberté de la presse !!!!!!

Posté le 07.05.2008 par abdoumenfloyd

Ahmed Ouyahia est un type bien. L’objectif de la pénalisation des délits de presse, a-t-il déclaré sans rire, « n’est nullement de réprimer les journalistes » mais de les inciter à « se professionnaliser ». Ajoutant que la dépénalisation viendra « tôt ou tard ». Celui qui, en tant que ministre de la Justice, a obtempéré aux injonctions d’Abdelaziz Bouteflika, pour faire adopter en 2001 les amendements durcissant les peines envers les journalistes, assurant au passage que la liberté d’expression sera garantie, a sans doute le sens de l’humour ! N’est-ce pas lui – c’était vers la fin de l’été 1998 – qui avait pris et assumé la responsabilité de suspendre plusieurs journaux dont le Matin, au motif qu’ils ne s’étaient pas acquitté de leurs dettes envers les imprimeries d’Etat ! Pour ceux qui ne se souviennent pas – de temps à autre il faut rappeler les faits- la presse, notamment le Matin avait fait campagne en faveur de l’universitaire constantinois, Ali Bensaad, militant démocrate connu, victime d’une cabale politico-judiciaire. L’universitaire avait été condamné à mort en 1998 pour appartenance au GIA par le tribunal de Constantine ! Rien de moins ! . En fait, lors d’un meeting de Rédha Malek à Constantine, Ali Benssad avait eu le tort de critiquer le général Betchine, alors homme fort du pouvoir. Au final, grâce à la campagne de la presse, dont le Matin, qui avait dévoilé les dessous de l’affaire, Bensaad a été innocenté et avait pu regagner le pays. S’était greffé sur cette affaire, le scandale provoqué par le ministre de la Justice, Adami – passons sur les détails – qui avait éclaboussé le régime et qui avait provoqué sa démission du gouvernement. Pour ces deux faits, surtout le premier, le pouvoir n’avait pas pardonné cette « incartade » à la presse. La suite ? Deux mois de suspension des principaux journaux. Le motif, comme indiqué plus haut : non paiement de leurs dettes aux imprimeries !

Dès lors quand on entend aujourd’hui Ahmed Ouyahia parler de « professionnalisation » de la presse, le message est clair. Décodé : cela signifie une presse dite « responsable », des journalistes de cour, pour ne pas dire des « cireurs de bottes » aux tenants de l’Algérie d’en haut. Ce genre de journalisme que Mohamed Benchicou a eu raison d’épingler dans son intervention à Casablanca (voir l’article).

Le problème est qu’au vu de la situation explosive au plan social et incertaine au plan sécuritaire, il ne sert à rien de masquer la réalité. Faire comme si de rien n’était quand des jeunes affirment à un journal qu’ils attendent l’été pour tenter l’aventure en Europe en traversant la mer au mépris de leur vie, quand après Gdyel (Oranie), Chlef, c’est Ksar el Boukhari (Médéa) qui est à son tour le théâtre d’émeutes sociales, quand on vient à banaliser la mort de deux officiers de l’armée tués dans l’exercice de leur fonction ( le combat antiterroriste), nous sommes en présence d’une politique à courte vue. Car ce pouvoir, s’il en a la volonté, devrait au contraire permettre une libéralisation totale de la liberté d’expression. Certes, il ne faut pas rêver. On n’en est pas là.

Mais, pour paraphraser Ahmed Ouyahia, il est permis de penser que cette liberté de la presse « viendra tôt ou tard ».


H.Z

Mustapha Bouchachi, président de la LADDH au Courrier

Posté le 04.05.2008 par abdoumenfloyd

«Il faut dépénaliser le délit de presse…La Ligue algérienne de la défense des droits de l’homme (LADDH) a demandé la levée de l’état d’urgence qui entrave davantage le métier de journaliste…Il est temps de dépénaliser et de revoir le code de l’information que nous considérons, en tant que militants des droits de l’homme, comme un code pénal bis. Pour promouvoir la liberté de la presse, il faut ouvrir le champ audiovisuel, à l’instar de ce qui se fait dans tous les pays démocratiques…La presse algérienne travaille dans des conditions dangereuses. Il faut que la liberté d’expression soit respectée, selon les standards universels».

Ouyahia honore la presse. Quelle horreur !

Posté le 04.05.2008 par abdoumenfloyd

A l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, le Rassemblement national démocratique (RND), a organisé ne cérémonie en l’honneur des journalistes. Lors de cette cérémonie, le RND a récompensé quelques directeurs de publication de la presse écrite.

Ces diretcteurs et les journalistes récompensés ont oublié que Ahmed Ouyahia était l’initiateur du projet d'amendement du Code pénal adopté par l'Assemblée populaire nationale le 15 mai 2001. Pour rappel, l'article 144 bis prévoit des peines de deux à douze mois de prison et des amendes variant de 50 000 à 250 000 dinars (762 à 3811 euros) contre toute “atteinte au président de la République en termes contenant l'injure, l'insulte ou la diffamation, soit par l'écrit, le dessin ou par voie de déclaration, et ce, quel que soit le moyen utilisé : diffusion sonore, image, support électronique, informatique ou autre”. Les poursuites peuvent désormais être engagées directement par le ministère public, sans dépôt préalable d'une plainte. En cas de récidive, les peines d'emprisonnement et les amendes sont “portées au double”. Toutes ces sanctions sont également applicables dans le cas où les délits sont commis à l'encontre du “Parlement ou de l'une de ses deux Chambres, de l'ANP” (l'Armée nationale populaire) mais aussi de toute “autre institution publique ou tout autre corps constitué”.


Sur la photo Ahmed Ouyahia et Idir Benyounes, directeur de La Dépêche de Kabylie et néanmoins membre du bureau national du Syndicat national des journalistes SNJ

Au-delà de l’expression, le gain

Posté le 04.05.2008 par abdoumenfloyd

L’argent, le nerf de la guerre… et de la presse

Par Ali Boukhlef, La Tribune

L’ouverture du champ médiatique, au début des années 1990, a donné de l’espoir aux nombreux journalistes qui, en réalité, ne cherchaient que cette brèche pour prouver leurs compétences.
L’enthousiasme créé par cette ouverture a été tellement immense que la scène médiatique s’est enrichie, en quelques années, de centaines de titres, dont une bonne partie disparaît juste après publication, à cause notamment de faillite financière. Même si beaucoup de titres ont été fermés pour des raisons politiques, donc de choix éditorial.
Seulement, beaucoup d’observateurs, notamment des lecteurs, ont été floués par un mythe qui fait qu’un journal, une publication, sont un instrument de la lutte pour les libertés démocratiques, à commencer par celle de s’exprimer. La thèse tient la route, bien entendu. Mais on a toujours oublié de dire qu’un journal est avant tout une entreprise. Il gagne donc de l’argent.
Cela n’empêche que, dès les premiers mois de l’ouverture, la majorité, sinon la totalité des titres parus à l’époque ne l’ont été que grâce à un soutien très actif de l’Etat, d’autant plus que la majorité des journaux étaient détenus par d’anciens journalistes des médias publics.
Des salaires versés par le Trésor public, bonifications sur les emprunts et publicité à profusion donnée par l’entreprise publique d’édition et de publicité, ANEP, en passant par des loyers dérisoires, tous les moyens étaient mis en œuvre pour donner du tonus à une presse censée apporter un nouvel élan à une démocratie naissante. Sur le plan politique, l’affrontement avec le pouvoir a été parfois très dommageable, provoquant des fermetures de journaux, mettant au chômage plusieurs journalistes et travailleurs de presse.

Limogés par… des annonceurs
L’argent, nerf de la guerre, a souvent été utilisé, soit pour bâillonner ceux qui commençaient à montrer une certaine audace, soit pour faire taire d’autres, moins audacieux.
Passé la relative accalmie des années 1990 –une sorte de trêve imposée par la situation chaotique vécue à l’époque par le pays- les choses prennent une autre tournure depuis la fin de la décennie 1990. Bien sûr, le pouvoir a toujours brandi l’argument économique pour faire pression sur les journaux, soit par l’entremise de l’imprimerie d’Etat, comme cela s’était passé en 2003, soit par le biais de l’ANEP ou, parfois, du fisc. Mais la grande nouveauté introduite dans les milieux de la presse, ces dernières années, est sans conteste le boom de la publicité des entreprises privées, à la lumière de l’arrivée de grandes firmes multinationales et la rapide croissance de certains secteurs, notamment les services, en particulier, les communications. Cet état de fait a permis à plusieurs journaux de devenir de grandes entreprises florissantes.
Car, au fur et à mesure que les annonceurs se bousculent, les prix des pages de publicité augmentent, pour atteindre, dans plusieurs journaux à fort tirage, 400 000 DA jour. Cette aisance financière profite-t-elle à tout le monde ? A-t-elle réussi à améliorer les conditions de vie des hommes et des femmes des médias ?

Salaires de misère et absence de protection
Avant de répondre à ces questions, il y a lieu de souligner que de nouveaux phénomènes sont nés avec cette embellie budgétaire. Plus qu’une bouffée d’oxygène qui permet aux entreprises de presse de respirer sur le plan financier, l’arrivée de la publicité a charrié avec elle de nouveaux phénomènes. A commencer par les pressions qu’exercent des annonceurs sur les entreprises. Des pressions qui, souvent, prennent l’image d’un chantage ayant conduit à des pratiques à la limite de l’inacceptable. Des journalistes ont même été sanctionnés ou parfois limogés pour avoir rapporté les mésaventures d’un patron ou les mauvaises performances d’un grand annonceur. D’autres ont été mis à la porte comme de vulgaires voyous sur une simple injonction d’un responsable d’une grosse boîte. Un jeune journaliste s’est même vu infliger une ponction sur salaire. Le motif ? «Atteinte aux intérêts économiques de l’entreprise». Son tort ? Il ne savait pas qu’une activité, qu’il a annoncée, a été organisée par un annonceur.
Sur le plan social, l’aisance financière a, bien sûr, profité aux responsables et aux actionnaires, faisant même de nouveaux riches. Mais elle n’a pas de grandes incidences sur le pouvoir d’achat des journalistes et autres travailleurs du secteur.
Dans certaines rédactions, des journalistes sont payés juste au SNMG et n’ont même pas de couverture sociale, en infraction avec toutes les lois de la République. Plus grave encore, ces journalistes, à leur corps défendant, sont appelés à dénoncer des situations identiques à la leur… mais dans d’autres secteurs. Mais, en l’absence d’une vraie représentation des journalistes et face au manque de respect de l’éthique de plusieurs patrons de presse, les pouvoirs publics semblent être dans une position confortable. Parce que le journaliste, en l’absence de conditions minimales de vie décente, ne peut que se replier sur lui-même. Sur un autre plan, cette aisance financière augure une nouvelle étape. Plusieurs grands groupes de presse étrangers veulent faire leur entrée dans le paysage médiatique algérien. D’ores et déjà, on annonce la vente de certains grands tirages de la presse nationale. Cela permettra-il d’opérer la décantation nécessaire à la professionnalisation de la presse ? Pas si sûr. Du moins pas avant longtemps.

La LADDH incite les journalistes à s’organiser pour défendre leurs droits

Posté le 04.05.2008 par abdoumenfloyd

Par Samir Azzoug, La Tribune

A la veille de la Journée internationale de la liberté de la presse, fêtée le 3 mai, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH) a tenu hier une conférence de presse en son siège. «Nous sommes fatigués des discours creux sur la liberté de la presse. Nous voulons des analyses sur les enjeux. Nous voulons des mesures concrètes et précises», a déclaré Hocine Zehouane. Lors de cette rencontre, le président de la ligue a dresse un tableau chaotique sur les conditions de travail et les traitements réservés à la corporation des journalistes. Un constat qui lui inspire la question suivante : «La corporation est-elle faible ou existe-t-il une force qui cherche à casser toutes les tentatives d’organisation ?» Continuant sur sa lancée, Me Zehouane soutient qu’il «n’y a pas plus faible que la corporation des journalistes. Il n’y a pas de syndicat qui s’occupe réellement d’eux». «Le journaliste vit dans le dénuement, dans les difficultés, sans garantie d’emploi», poursuit-il. L’avocat de profession se dit outré par le fait que des journalistes soient payés à moins de 6 000 DA par mois. «C’est de l’esclavage. C’est une violation du code du travail qui a fixé le SNMG à 12 000 DA». Pour mettre un terme à ces pratiques, le président de la ligue encourage les journalistes à engager une réflexion sérieuse sur la création d’un «syndicat sérieux». «La LADDH est prête à accueillir toute manifestation dans ce sens.» «Au sens des préoccupations de la LADDH, le combat pour la liberté de la presse doit consister à assurer la défense, la protection et la promotion des journalistes en tant que travailleurs juridiquement protégés, matériellement assurés contre l’exploitation et la précarité et moralement reconnus dans leur spécificité de créateurs intellectuels», note la LADDH dans un communiqué. «Face à la mainmise des puissances de l’argent sur l’espace médiatique, la LADDH dénonce la fausse indépendance de tant d’organes devenus des centres d’info imposture, la marchandisation de l’information sous le poids de la publicité, l’ostracisme exercé envers les petites publications par le contrôle des réseaux de distribution, et appelle à la mise en place d’un jury d’honneur qui devra veiller à la moralisation de la profession», poursuit le communiqué. Le président de la ligue va plus loin en affirmant que «la presse est otage d’un monde de rapaces et des réalités sociales. La loi cannibale du plus fort qui mange le plus faible. Le darwinisme social». Et de poursuivre : «Il y a même une ségrégation au niveau de la distribution des titres et leur présentation.» Sur le sujet récurrent et très controversé relatif aux sanctions qu’encourt le journaliste, l’orateur déclare : «On réaffirme avec force l’impératif de dépénalisation du délit de presse. Les contentieux à naître de l’acte d’informer ne peuvent être qualifiés de délit et quasi-délit civil. S’il doit y avoir une obligation de réparation, le journaliste doit être protégé par un fonds de garantie. Il faut créer un fonds de garantie financé par le ministère de la Communication, des entrepreneurs de presse et des syndicats des journalistes.» Toujours en ce qui concerne la protection juridique et pour «suppléer aux lacunes réglementaires», la LADDH demande à ce que l’élaboration et la conclusion de conventions collectives soient rendues obligatoires entre les entrepreneurs de la presse et les représentants des employés. «C’est un objectif urgent et la ligue peut aider.» L’autre suggestion faite par la LADDH concerne la préservation de la liberté intellectuelle des journalistes rédacteurs. Cette suggestion a trait à l’introduction de la clause de conscience dans les contrats et statuts du journaliste. «Je demande, dans un texte d’organisation, le droit de démission pour clause de conscience avec droit à l’indemnisation.» Interrogé sur le statut du journaliste adopté dernièrement, le président de la LADDH le qualifie de «pétition de principe». «C’est un code du travail bis», renchérit un autre membre de la ligue.

Hocine Zehouane: “Il faut avoir l’audace de parler de la presse liberticide”

Posté le 03.05.2008 par abdoumenfloyd

Du point de vue du combat pour la défense des droits de l’homme, la célébration de la journée de la liberté de la presse doit être l’occasion de se dégager des pétitions de principe et d’aborder sans complaisance la question des enjeux que recèle l’espace médiatique et qui génèrent les politiques de l’information dans notre pays et dans le monde. S’il faut parler de la liberté de la presse, il faut aussi avoir l’audace de parler de la presse liberticide. Autant en effet, la presse peut être l’objet de politiques cœrcitives et répressives de la part de pouvoirs autoritaires, autant une certaine presse peut constituer des instruments de domination entre les mains et au service de puissances de l’argent. Au sens des préoccupations de la LADDH, le combat pour la liberté de la presse doit consister à assurer la défense, la protection et la promotion des journalistes en tant que travailleurs d’une corporation juridiquement protégés, matériellement assurés contre l’exploitation et la précarité et moralement reconnus dans leur spécificité de créateurs intellectuels. En effet, la Laddh réaffirme avec force l’impératif de dépénalisation du délit de presse. Elle considère que tous les conflits susceptibles de naître de l’action d’informer peuvent se résoudre dans la qualification de délits et quasi-délits civils, qu’à ce titre ils peuvent donner lieu à l’exercice du droit de réponse et à l’octroi de dommages intérêts en cas de préjudice mais qu’en aucune façon, ils ne peuvent exposer le journaliste à une condamnation pénale. Et afin d’assurer le journaliste contre des charges pécuniaires au dessus de ses revenus, la Laddh suggère la création d’un fond de garantie à financer par le ministère de tutelle, les entrepreneurs de presse au prorata de diffusion et le syndicat de la profession. Concernant la protection juridique et pour suppléer et parer aux lacunes réglementaires, la Laddh demande à ce que l’élaboration et la conclusion de conventions collectives soit rendue obligatoire entre les entrepreneurs de presse et les représentants des employés. La ligue considère enfin sur ce registre que pour préserver la liberté intellectuelle des journalistes rédacteurs, l’introduction de la clause de conscience dans les contrats et statuts doit permettre à chaque auteur offensé dans le traitement de ses articles de mettre fin à la relation de travail avec droit à l’indemnisation. En second lieu face à la main mise des puissances de l’argent sur l’espace médiatique, la Laddh dénonce la fausse indépendance de tant d’organes devenus des centres d’info imposture, la marchandisation de l’information sous le poids de la publicité, l’ostracisme exercé envers les petites publications par le contrôle des réseaux de distribution, et appelle à la mise en place d’un jury d’honneur qui devra veiller à la moralisation de la profession. Si le droit à l’information doit s’incarner dans une information saine, alors la liberté de la presse ne doit pas être une liberté qui opprime, mais une liberté qui libère.

La liberté de la presse

Posté le 02.05.2008 par abdoumenfloyd
Maître Ali Yahia Abdennour

La presse algérienne a connu les phases les plus difficiles de son histoire qui l’a vu naître, soumise à la censure et au contrôle des pouvoirs publics qui ont renforcé la rigidité de ces limites, et les a imposées avec plus de sévérité.

Les problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels, présentent aujourd’hui une telle complexité que, sans une opinion publique bien informée, il n’y a aucun espoir de les comprendre et de les résoudre. Paradoxalement, c’est précisément en cette période que les pouvoirs publics redoublent d’efforts, pour imposer leur tutelle sur les moyens de communication de masse.

La mutation majeure tient au fait que les deux tiers de la population mondiale ont obtenu la liberté politique en chassant la domination étrangère. Ce n’est pas vrai. C’est l’indépendance nationale qu’ils ont obtenu, et non nécessairement la liberté. C’est là tout le problème. En l’espèce l’enjeu porte sur la liberté individuelle. La confusion est entretenue entre les droits de l’Etat et ceux de l’individu. La liberté de la presse n’est pas un droit détenu par l’Etat mais par les citoyens, et c’est une liberté par rapport à l’Etat. Les intérêts individuels et par conséquent ceux de la nation, sont mieux servis par un journalisme libre et ouvert, par une presse indépendante et pluraliste. Le déni de la liberté de la presse, est le déni de la liberté même de l’individu.

– La liberté de la presse est une conquête fragile qui doit être protégée et renforcée.

Toute personne engagée professionnellement dans un aspect quelconque du journalisme de la presse écrite ou de la radio télévision, est un journaliste. Les journalistes de la télévision unique et de la radio unique, sont t’ils des journalistes ou des fonctionnaires de l’information ? Les journaux ont besoins de liberté et d’indépendance pour éduquer, informer, protéger et distraire. L’expérience de la vie en société nous a enseigné que le progrès passe par le dialogue, qui contribue à supprimer les tensions. Un débat public ouvert engendre une meilleure compréhension des problèmes qui se posent au peuple, et par suite les meilleures chances de trouver des solutions. Seule une presse libre permet au peuple de faire entendre sa voix et ses problèmes aux pouvoirs publics. La réponse à la liberté de la presse se situe à deux niveaux : celui de la théorie et de la réflexion tendant à préciser et à approfondir ce concept d’une part, celui de la recherche des voix et moyens par lesquels l’action concrète devrait s’exercer d’autre part. la théorie et la réflexion ne peuvent être dissociées de l’action.

La question fondamentale à se poser pour assurer une circulation de l’information libre et équilibrée est celle-ci : les hommes et les femmes reçoivent t’ils l’information nécessaire pour avoir une large compréhension de leur société, du monde ? De plus s’ont t’ils en mesure d’exprimer leurs points de vue et leurs préoccupations ? les journaux souffrent d’encadrement qualifié, d’institutions de formations et de moyens de financement . D’où la nécessité de former les personnels indispensables à la production des programmes en mettant l’action sur la rédaction, l’interview, l’observation et la recherche, sans oublier de produire des programmes et des messages originaux plus conforme à notre identité culturelle et plus aptes à répondre aux besoins réels et aux aspirations profondes de notre peuple. Il va sans dire que cela ne signifie en aucune manière un repli sur soi, mais au contraire une ouverture aux apports extérieurs et aux grands courants du monde moderne, de manière à provoquer par le dialogue et l’échange un processus d’enrichissement mutuel.

La presse privée s’améliore, sort du conformisme et de l’uniformité. La confiance des algériens dans la presse s’est améliorée. Il y a un vide politique et intellectuel qu’elle tente de combler. La presse doit par un effort accru élevé son niveau qualificatif, son professionnalisme, son prestige, c'est-à-dire son influence et son crédit qui dépendent de la loyauté de ses lecteurs, et de la diffusion honnête et ouverte des informations et des opinions. Le secret des sources des journalistes et leur protection est la pierre angulaire de la liberté de la presse. Un journaliste ne donne pas ses sources et chacun doit l’accepter.

Le pouvoir de la presse est limité par sa diversité, car elle n’est ni unie ni une. Certains le regrettent. On voit en la presse un « quatrième pouvoir » alors même qu’on ne distingue plus très nettement les trois premiers, et qu’il y a non pas séparation mais confusion des pouvoirs. Certains reprochent faits à la presse privées sont justifiés ou du moins ils le paressent.

II - la presse privée est un des principaux vecteurs de la démocratie.

Elle est la clef de la démocratie. Pas de démocratie sans elle et vice versa. L’exigence de liberté implique une démocratisation de l’information, une multiplication des sources d’information. Les journalistes ont du combattre pour gagner le droit à la liberté de la presse qui est un élément essentiel à l’instauration et à la consolidation de la démocratie. Plus la vérité est importante plus elle est cachée, et plus complexes en sont les manifestations. Pour Victor Hugo : « le principe de la liberté de la presse n’est pas moins essentiel, n’est pas moins sacré que le principe du suffrage universel ». Chaque Algérien majeur et électeur et souvent lecteur.

Il faudrait d’une par que les citoyens aient conscience de la gravité de la crise qui se répète, se succède, s’enchaîne, s’amplifie et se prolonge, et d’autre part qu’eux-mêmes se situent, c'est-à-dire qu’ils prennent publiquement position.

Quand l’histoire d’un homme est finie, quand son mandat légal se termine, il ne faut pas forcer le destin en ajoutant un dernier chapitre. Respecter le peuple ce n’est rien lui imposer. Eviter le danger, ne pas laisser un désastre s’accomplir, est la qualité indispensable de tous ceux qui ont conduit leur peuple. Il faut entendre la protestation populaire qui s’enfle et se durcit, entendre les voix lançant des cris d’alarme : dix ans c’est assez, dix ans ça suffit.

III – l’Etat exerce un contrôle non seulement sur l’information intérieure, mais aussi sur toute celle qui vient de l’extérieure.

La presse est contrôlée. Le pouvoir qui a peur de l’opinion publique cherche à la détruire en mettant les moyens d’information en tutelle. Les lois promulguées laissent virtuellement le destin de la presse à la merci du pouvoir, ancré en permanence dans son hostilité à la liberté de la presse, pour renforcer les mécanismes visant à la subordonner aux seuls objectifs de la propagande. Les journalistes ont très clairement fait savoir que sur le choix entre une presse libre et la propagande du pouvoir, il n’y a pas de compromis. Défendre la cause de la liberté de la presse, c’est faire obstacle à l’exercice d’un contrôle étatique sur les organes d’information.

La création de nouveaux journaux est soumise à l’autorisation officielle par la justice. L’un des problèmes les plus alarmants pour la démocratie est celui de la télévision, en butte aux convoitises du pouvoir, parce qu’elle est la principale source d’information. Si le pouvoir à le droit de s’exprimer à la télévision pour défendre son programme et la manière dont il gère le pays, il n’a pas le droit de s’acquérir d’un service public financé par tous les Algériens, de le monopoliser pour interdire tout débat contradictoire qui est l’hygiène et même l’hygiène de la vie publique, passage obligé d’une démocratie formelle à une démocratie réelle. L’image à la télévision possède un grand pouvoir de suggestion, mais on peut tout lui faire suggérer.

Le président de la république a déclaré à la chaîne MBC : « la télévision est et continue d’être la propriété de l’Etat, et ne saurait être soumise à une quelque forme d’expression contradictoire ou polémique. C’est l’Etat qui finance la radio et la télévision, et elles sont la pour défendre la politique de l’Etat ». Il est nécessaire de permettre la création de chaînes de télévision privées, libres de leur choix, libre d’offrir à leurs auditeurs des œuvres diverses, ambitieuses, dignes d’intérêt.

A la mort de Franco en 1975, l’Etat Espagnole constituait et de loin, l’entreprise d’information la plus importante. Il possédait les deux seules chaînes de télévision du pays, deux radios dont la principale, une agence de presse et trente six quotidiens, les reformes effectuées ont abrogé la tutelle Etatique dont le pays avait hérite. La liberté d’expression et de la presse a progressé substantiellement en 1981 et en 1982. Le gouvernement a fermé huit de ses quotidiens ainsi que l’agence de presse. Les deux chambres du parlement -les Cortés- Ont adopté une loi qui a décidé que les 25 journaux d’Etat restant seraient vendus au secteur privé. On fermera les journaux qui ne trouveront pas d’acheteur. Ce processus de suppression de la presse de l’Etat devait arriver à son terme en 1983. Le gouvernement a légalisé la télévision privée

IV- la protection des journalistes

La liberté de la presse est plantée, enracinée, mais pour qu’elle puisse s’épanouir il ne faut pas la déraciner. Le journalisme est une profession en butte à des harcèlements, des menaces de représailles et à d’autres pressions qui ne sont pas moins intimidantes. Lorsque le fond d’intolérance s’accompagne d’insultes, de menaces et même d’agressions physiques contre les journalistes, surtout les correspondants de presse à l’intérieur du pays par les représentants locaux du pouvoir, le moment n’est pas loin ou il n’y aura pas eu ni liberté d’expression, ni liberté tout court . La première urgence est de mettre fin à la répression qui les frappe et qui a atteint avec les dernières condamnations en série, l’intolérable qui ne peut être toléré. La liberté d’expression et d’opinion du journaliste bénéficie déjà de la protection assurée en vertu de l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’Homme qui reconnaît « tout individu a le droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions, et celui de chercher, de recevoir et de répondre sans considération de frontières les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit » il faut aussi avoir présent à l’esprit l’engagement contenu dans la constitution de l’UNESCO de « promouvoir la libre circulation des idées par le mot et par l’image » en théorie, mais il s’agit seulement d’une théorie juste dans ses principes, tout pays qui adhère à l’ONU et à l’UNESCO, s’engage à défendre la liberté de la presse.

Les journalistes disposent d’une arme puissante pour assurer leur propre protection et celle de leurs collègues ailleurs, cette arme est l’information, une information complète, rapide et largement diffusée sur tout exemple d’atteinte où que ce soit aux droits des journalistes.

Le code de déontologie journalistique est avant tout l’affaire des journalistes, de leurs syndicats et de leurs organisations professionnelles, non de l’Etat, du gouvernement, ou de tout autre groupe de pression de quelque nature que ce soit.

Les adversaires du journalisme sont le pouvoir et l’argent. Il serait urgent de doter la presse d’un statut qui assure son indépendance et la mettre à l’abri de l’action maléfique du pouvoir, mais aussi de celles des bailleurs de fonds. Il faut dépénaliser le délit de presse pour expurger de son venin le code de l’information qui n’est qu’un code pénal bis.

Les algériens ne doivent pas renoncer à exercer pleinement leurs droits de citoyens. Une presse mise en tutelle, équivaut à une renonciation à leurs principes et acquis les plus précieux, ainsi qu’à leurs plus hautes aspirations de liberté et de dignité. Leur engagement en faveur d’un journalisme indépendant et professionnel, et pour une information libre, pluraliste et équilibrée qui favorise la réflexion politique, le débat démocratique ainsi que le développement économique, social et culturel, doit être total.

La liberté d’expression est un droit de la vie sociale et culturelle, de la création scientifique et artistique.

La dégradation politique et morale des institutions est due à l’absence d’alternance, qui permet le maintien au pouvoir des mêmes clans et des mêmes intérêts, durant une longue période. Il est temps d’agir si l’on veut libérer la presse et les journalistes des poursuites judiciaires et des condamnations, domaine qui nous concerne tous dans notre vie et notre liberté de chaque jour.

En Tunisie, Ben Ali défait la toile

Posté le 02.05.2008 par abdoumenfloyd

C’était certainement de l’ironie onusienne. En 2005 se tenait à Tunis le Sommet mondial sur la société de l’information. Car depuis, la situation d’Internet et de ses utilisateurs - déjà guère brillante - ne s’est pas améliorée dans le pays. Tour d'horizon des petites tracasseries et grosses censures dont souffrent les militants des droits de l’homme et les Tunisiens lambda.
«Oui, dernièrement il y a une évolution d’Internet en Tunisie. Vers le serrage de vis.» Le jugement de la journaliste indépendante Sihem Bensedrine est lapidaire. Mais l’infatigable opposante au régime de Ben Ali ne se fait pas prier pour expliquer les problèmes rencontrés par les internautes tunisiens. Et la liste est longue: «Régulièrement, les militants et les journalistes voient leur connexion coupée et quand on fait une réclamation, les opérateurs nous assurent que tout est normal. Ensuite, certains mails n’arrivent tout simplement pas (Avant de la joindre par téléphone, Liberation.fr lui avait envoyé un courrier électronique qu'elle assure n’avoir jamais reçu, ndlr). Et depuis une semaine, on voit arriver certains courriers dans notre boîte de réception mais impossible de les ouvrir, d’y répondre. Ils disparaissent complètement, ils ne se retrouvent ni dans la corbeille ni dans les spams. C’est vraiment très performant.»

L’ancien magistrat Mokhtar Yahiaoui, suspendu de ses fonctions pour avoir dénoncé dans une lettre ouverte en 2001 le manque d’indépendance de la justice, est lui aussi victime de rutpures de connexion et de la prise de contrôle inopinée de sa boîte mail. «Je sais que des gens ont accès à mon courrier électronique. De nombreux sites, et même des fils RSS, sont censurés en Tunisie. J’ai parfois l’impression d’être coupé de l’actualité.».

«Il ne sera répondu à aucune question concernant l’arrêt définitif du site»

Car bien sûr nombre de sites indépendants ont été interdits. C’est le cas du populaire mag Tunezine, uniquement disponible désormais par mailing-list (quand elle arrive...) et qui précise sur sa page d’accueil qu’«il ne sera répondu à aucune question concernant l’arrêt définitif de fonctionnement du site». Ambiance. Interdit aussi, YouTube. Et de temps à autre - quand ils évoquent le cas tunisien - les sites des journaux étrangers, dont celui de Libération en février 2007.

La responsable du bureau Maghreb de Reporters sans frontières Hajar Smouni explique que la censure est parfois plus discrète. «L’an passé, j’ai essayé de me connecter depuis la Tunisie sur le site d’Human Rights Watch, la connexion avait l’air possible, le haut de la page s’affichait... mais c’est tout. Parfois les délais de chargement sont si longs que l’internaute abandonne.» Evidemment, le site de RSF qui a déclaré le régime tunisien «ennemi d’Internet», n’est pas accessible dans le pays.

Dans les cybercafés, les restrictions sont légion

Pourtant la pénétration d’Internet progresse en Tunisie. Selon les chiffres officiels de l’Agence tunisienne d’Internet, il y avait 1.765.430 utilisateurs du web en mars 2008 pour 6.029 sites et 105.855 abonnés au haut débit. Sihem Bensedrine confirme que les jeunes «prennent d’assaut les cybercafés», qu’on appelle en Tunisie des publinets. Mais là encore, les restrictions sont légion. Impossible d’utiliser des disquettes ou des Cd-roms. Impossible de vider sa corbeille ou aussi d’effacer l’historique des sites visités. . Les téléchargements et l’emploi de clés USB se font sous le contrôle des responsables du lieu. «Et tous ces renseignements sont ensuite envoyés à ces messieurs du contrôle», assure Sihem Bensedrine. «Sur les murs des publinets, il est écrit que les sites pornographiques sont interdits mais en Tunisie, la pornographie a apparemment un sens très étendu» conclut-elle.


Mais ce n’est rien comparé aux militants ou simple anonymes emprisonnés. L’avocat Mohammed Abbou est ainsi resté sous les verrous plus de deux ans et demi pour avoir écrit sur Internet que les tortures infligées à des prisonniers politiques en Tunisie étaient comparables aux exactions de soldats américains à Abou Ghraib en Irak. Ramzi Bettibi a lui été condamné à quatre ans de prison pour avoir copié un article appelant à l’organisation d’attentats terroristes à l’occasion de la visite d’Ariel Sharon en 2005.

Les «internautes des Zarzis» libérés, pas le Web


Mais le cas le plus célèbre de «prisonniers du net» est celui de huit jeunes gens et d'un professeur de la ville des Zarzis. Soupçonnés de liens avec Al-Qaïda, ils avaient été condamnés en 2004 à des peines très lourdes (près de 20 ans de réclusion pour la plupart d’entre eux) pour avoir prétendument préparé des attentats islamistes. Pour la militante des droits de l’homme Luiza Toscane qui a suivi l’affaire de près, «il s’agissait de préparer le terrain pour la loi antiterroriste qui allait entrer en vigueur.» «Preuve» de la nécessité de cette nouvelle législation, «alors que le ciel était tout bleu en Tunisie, 1.500 personnes ont été arrêtées depuis pour “terrorisme”.»

Aujourd'hui les «internautes des Zarzis» sont libres mais Internet reste verrouillé, piraté, instrumentalisé. Si, pour reprendre les mots de Nicolas Sarkozy, «l’espace des libertés progresse» en Tunisie, ce n’est certainement pas l’espace virtuel.

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