HISTOIRE
Posté le 03.06.2008 par abdoumenfloyd
M. Hocine Aït Ahmed est passé sur la chaîne Medi 1 Sat. Voici l'intégralité de l'émission
50 ans après la Conférence de Tanger qui avait réuni en 1958 des représentants du Maroc d’Algérie et de Tunisie, le processus d’unification de la région est en panne. Quez vous inspire cette situation ?
Hocine Aït Ahmed :
Grande colère, frustration énorme ! Les peuples du Maghreb étaient intimement liés sous l’oppression coloniale non seulement dans la résistance armée mais aussi dans les combats syndicalistes. On n’avait pas à être rapproché. Nous étions un seul et même peuple. Des décennies sont passées, les rêves d’unification démocratique du Maghreb ne sont pas encore réalisés. Nous sommes pratiquement, aujourd’hui, les seuls à ne pas voir construit un ensemble régional ou continental comme en Europe, en Asie ou Amérique latine.
Nos positions sont connues depuis très longtemps ; je dirais que depuis que j’étais à la tête de l’Organisation paramilitaire.
En décembre 1948, le rapport que j’avais fait au Comité central élargi du parti indépendantiste algérien, avait fait de l’action libératrice une condition sine qua non de ce que le Maghreb s’unisse, qu’il y ait une lutte à l’échelle du Maghreb, parce que le rapport des forces entre l’Algérie et une puissance industrielle, une impuissance militaire… Déjà à l’époque tout de suite après l’adoption de ce rapport, nous avions envoyé deux délégations : une au Maroc et une autre en Tunisie. Mais par ailleurs, mes positions sont connues depuis 1963, parce que après l’indépendance, lors d’un des débats de politique étrangère à l’Assemblée nationale constituante, j’appelais déjà à des projets communs de développement.
Pardonnez-moi de lire un court instant de ce que je disais à l’époque. « Soyons réalistes ! Si les facteurs affectifs et culturels peuvent aider à instaurer un climat, l’unité ne peut se concrétiser qu’a la faveur des réalisations économiques communes. Si nous parvenions à cela, la question des frontières avec le Maroc comme avec la Tunisie, deviendrait futile. Et nous donnerions à nos peuples des objectifs de construction et de lutte communes».
Donc, je n’ai pas changé. Et puis je vais vous dire: je suis marqué par la façon dont j’étais reçu au stade de Casablanca lors du 40ème jour de la mort de Bouabid (*1). Toute la population s’est levée parce que je venais d’Alger. Ce jour-là, je proposais la création d’instances maghrébines.
Qu’il y ait d’abord un Parlement maghrébin élu au suffrage universel. Qu’il y ait un Conseil économique, social, et culturel dans lequel seront représentées différentes régions des pays du Maghreb et puis une Cour maghrébine des droits de l’Homme. C’est vous dire à quel point je m’intéressais à ça.
Le conflit entre le Maroc et l’Algérie qui se cristallise sur le conflit du Sahara occidental
Hocine Aït Ahmed:
Moi je ne m’y résoudrai jamais, jamais, jamais ! Nos pays ne sont pas condamnés à se regarder comme des chiens de faïence. C’est vraiment, je dirais, une trahison de notre histoire et de nos valeurs.
Nos peuples ne sont pas voués à être nourris de discours agressifs et d’accusations où le nationalisme étriqué fait office de vérité historique. Soyons clairs: on ne sortira jamais de l’impasse sans bonne gouvernance, sans Etat de droit, sans transparence et obligation de rendre des comptes aux institutions légitimes. On est loin, notamment dans mon pays où une grande majorité de la société se disloque, exclue de toutes retombées de la manne pétrolière ou gazière. Je crois qu’un régime qui repose sur la violence et la prédation à peu de chances de créer avec ses voisins les liens qui n’a pas su ou voulu établir avec sa propre population.
L’heure est à choisir les problèmes les plus fondamentaux. L’heure est à la construction de l’avenir de nos enfants. Il n’est pas à la course aux armements.
Réaction du FFS à la demande marocaine d’ouvrir les frontières
Hocine Aït Ahmed :
Nous avons une vraie cohérence dans notre programme. C’est pour cela que lors du congrès que nous avons tenu en septembre dernier, il y avait trois thèmes, le deuxième thème c’est l’unification du Maghreb. C’est vous dire l’intérêt fondamental que nous portons à cette donnée.
Qu’est-ce qu’il faut faire pour la construction du Maghreb ?
Hocine Aït Ahmed :
Je crois qu’il y a des exemples en Amérique latine du fait qu’ils ont fait l’accent, dans leurs luttes démocratiques, sur la nécessité de créer des sociétés civiles. Je crois qu’il faut multiplier les initiatives politiques, culturelles, sociales entre les trois peuples aussi des sociétés civiles. L’urgence pour les Algériens, les Marocains et les Tunisiens c’est qu’ils doivent pouvoir circuler librement dans leur région en même titre que les Mauritaniens et les Libyens. L’urgence pour le développement économique de toute la zone. On le sait: nos pays n’ont aucun chance de se développer séparément.
Nous avons perdu un demi siècle. Je crois que la meilleure manière de dépasser c’est effectivement de créer un dynamique dans la société civile et de faire en sorte que celle-ci devienne le garant d’une alternative démocratique, la garantie aussi, une fois concrétisée la démocrate, puisse tenir la route.
L’Union pour la méditerranée peut-elle favoriser un rapprochement au Maghreb ?
Hocine Ait Ahmed :
Nous n’avons pas besoin de rapprochement. On n’est les uns les autres. C’est vraiment le même peuple. L’UMP ? Tout dépend si elle tient compte des peuples, des sociétés. Je n’ai jamais entendu une déclaration par exemple sur les droits de l’Homme comme pouvant être à la base de création…. Déjà il y a quand même un précèdent significatif et instructif : l’échec du processus de Barcelone. Cet échec est dû à l’exclusion des peuples et des sociétés. Il faut que l’on puisse dire après : au lieu de l’union de la méditerranée on veut faire l’union pour la méditerranée. J’ai une appréhension, il ne faut pas que ça soit une union pour les requins de la méditerranée.
(*1) Abderrahim Bouabid a été un résistant de la première heure, chef de file de la gauche progressiste et social-démocrate, leader de l’Istiqlal, puis de l’UNFP et de l’USFP, ministre dans les premiers gouvernements de l’Indépendance en charge de l’Economie et des Finances. Il est décédé en 1992.
Transcription par El Mouhtarem www.ffs1963.unblog.fr
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Posté le 21.05.2008 par abdoumenfloyd
La France doit-elle se repentir pour sa politique coloniale ?
Je ne suis pas sûr que l’expression soit la bonne. Mais si nous étions plus nets sur ces questions qui nous font mal, les relations avec le Maghreb seraient moins douloureuses. Nous pourrions assumer notre partenariat de sécurité, qui est essentiel dans la lutte contre le terrorisme, et peser en même temps en faveur du pluralisme et des droits de l’homme. Le non dit colonial ne fausserait pas en permanence le dialogue. Nicolas Sarkozy récuse l’idée de repentance... Encore une fois, je ne sais pas si le mot repentance convient. Encore que... Est-il si humiliant d’exprimer des regrets ? En tout cas, ce qui me choque dans le propos de Nicolas Sarkozy c’est que la repentance n’a été exprimée par la France qu’à propos de Vichy et par Jacques Chirac. Donc quand il dit : « Il y en a marre de la repentance », que vise-t-il ? Pour ce qui concerne la colonisation au Maghreb et notamment là où elle a été la plus douloureuse, en Algérie, il faut simplement dire la vérité. Le président a commencé, mais avec quels méandres de la pensée ! L'ambassadeur de France en Algérie nous avait pourtant mis sur la bonne voie en allant reconnaître en février 2005 les massacres de Sétif, qui ont fait tant de morts en 1945. En fait, au-delà des mots qui nous piègent – repentance, excuses, etc. –, dire la vérité suffirait. Dire la vérité, notre vérité et même notre vérité commune. Car elle est faite de domination, d'exploitation, de souffrance imposées aux colonisés en même temps que de liens culturels et affectifs que personne n'a envie de nier, pas plus les Algériens que les Français.
Il y avait donc un aspect positif dans la colonisation ?
Non. Il y a eu des aventures individuelles, dont je suis un héritier, qui ont permis à des gens de se connaître, de vivre ensemble et même d'être heureux. Mais le fait colonial reste ce qu'il a été : une domination illégitime, et le plus souvent brutale, découlant d'intérêts économiques et militaires ou d'une volonté impérialiste. Cela n'empêche pas que des individus aient tissé des liens amicaux au temps de la colonisation. Regardez un Tunisien, un Algérien, un Marocain accueillant des Français nés là-bas : ce sont souvent des retrouvailles d'amitié. Enrico Macias n'est toujours pas retourné en Algérie. C'est encore difficile. Mais, enfin, les Algériens écoutent ses disques. Le lien est là. Il faut le préserver. Pour autant, le jugement de l'Histoire est sans appel : la colonisation a été négative. C'est tout.
F
aut-il que le gouvernement algérien reconnaisse, symétriquement, le sort cruel réservé aux harkis qui ont été massacrés au moment de l'indépendance ou bien qu'il condamne l'usage du terrorisme, contre les civils ?
Il ne s'agit pas de troc ni de marchandage. Il s'agit de la vérité et de l'Histoire. Disons déjà toute la vérité, pour ce qui nous concerne... C'est nous qui avons colonisé l'Algérie, ce ne sont pas les Algériens qui ont colonisé la France. Alors disons-le et que chacun prenne ses responsabilités. Les choses évolueront ensuite. Les dirigeants algériens sont des personnes intelligentes.
Par : TSA
Posté le 13.05.2008 par abdoumenfloyd
L'idée n'est donc pas nouvelle : en 1976 déjà, Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères, voulait proposer à Boumediène la création du poste de vice-président à l’occasion de l’élaboration de la Constitution. Le président Houari Boumediène, selon les révélations de Taleb Ibrahimi dans le second tome de ses mémoires, a refusé cette proposition.
Le 14 octobre 1978, le président Houari Boumediène, hospitalisé à Moscou pour un « paratyphoïde B », selon des responsables russes de l’époque, révèle à Ahmed Taleb Ibrahimi des confidences quelque temps avant son décès. Des confidences sur les hommes de pouvoir d’hier et d’aujourd’hui. C’est ce que raconte l’ancien ministre dans le second tome de ses Mémoires (prochainement publié chez Casbah éditions) dont El Watan a présenté de larges extraits hier. Des révélations qui restent d’une actualité : comment l’actuel président Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères, tenait à créer, à l’occasion de la promulgation d’une nouvelle Constitution en 1976, le poste de vice-président. L’histoire semble se répéter si l’on revient avec Taleb Ibrahimi à cette longue discussion nocturne – « de 22h à 4h du matin » – avec Houari Boumediène, malade et fatigué, à Moscou, le 14 octobre 1978. Le président Boumediène semblait, raconte dans son nouvel ouvrage Mémoire d’un Algérien, tome 2, La passion de bâtir (1965-1978), plus rassuré sur son état de santé. Les médecins soviétiques ont écarté le diagnostic du cancer de la vessie et il pense même à préparer son retour à Alger pour tuer dans l’œuf la rumeur qui gronde autour de son absence. Et dans la nuit moscovite, le président appelle Taleb Ibrahimi pour lui dresser un tableau des membres du Conseil de la révolution. Et là, Houari Boumediène révèle à son ministre : « On a beaucoup épilogué sur mes relations avec Bouteflika. La vérité, c’est que Abdelaziz était un jeune homme inexpérimenté, qui avait besoin d’un mentor, j’ai joué ce rôle. Sans doute m’en veut-il de ne l’avoir pas désigné comme "prince héritier" ainsi qu’il le désirait. En effet, lorsqu’en 1976, j’ai chargé Bedjaoui de préparer un projet de Constitution, ce dernier est venu m’informer d’une demande de Bouteflika relative à l’introduction d’une disposition portant création d’un poste de vice-président, élu en même temps que le Président, sur le même ‘‘ticket”, à la manière américaine. A Bedjaoui qui voulait savoir si cette proposition avait mon agrément, j’ai répondu qu’en tant que juriste, il pourrait proposer autre chose sauf introduire un tel article. » Il semble donc que les rumeurs qui foisonnent à Alger depuis des mois autour d’une même proposition – ou deal selon d’autres sources – d’amendement de la Constitution émis par le président Bouteflika rejoignent un ancien désir du locataire d’El Mouradia.
EL-WATAN
Posté le 07.05.2008 par abdoumenfloyd
Kherrata la martyre
À la mémoire des martyrs algériens tombés à Sétif, Guelma, Kherrata…
Un certain 8 Mai 1945.
Kherrata la martyre
K herrata, te souviens-tu, te souviens-tu 8 mai ?
H ommes, femmes et vieillards, enfants et bébés.
E xterminés, torturés, mutilés, humiliés.
R atissages, horreurs, terreurs et atrocités.
R épression, blessures, génocide sans pitié.
A ssassinats, massacres, haine, hostilités.
T e souviens-tu, Kherrata, te souviens-tu 8 mai ?
A h ! Fier peuple martyr, frères et sœurs mes aînés.
L 'Histoire indélébile n'est pas effacée.
A utour, ici, là, là-bas et ailleurs, c'est marqué.
M artyre dans ta chair et dans ton âme blessée,
A rriveras-tu à guérir tes profondes plaies,
R ançon payée pour la dignité, la liberté ?
T e souviens-tu, Kherrata, te souviens-tu 8 mai ?
Y eux mouillés, tristesse et le cœur mortifié,
R emémore, remémore encore pour ne pas oublier,
E t glorifie tes chers enfants morts... immortalisés !
Posté le 07.05.2008 par abdoumenfloyd
Un historien français, le professeur Jean-Louis Planche, a qualifié mardi de "terrorisme d'Etat" les massacres du 8 mai 1945 perpétrés par les forces coloniales, notamment dans les villes de Sétif, Guelma et Kherrata.
Se basant sur des rapports des services de renseignements américains établis à l’époque en Algérie, le professeur Planche, de l’université de Paris, qui animait à Guelma une conférence à l’occasion de la 1re journée du 6e colloque international sur les massacres du 8 mai 1945, a indiqué que ces services connus sous la dénomination "OSS" et qui ont été dissous en septembre 1945 pour être remplacés par la C.I.A, avaient fait part d’une "répression et d’un massacre perpétrés contre des Algériens".
L’historien algérien Mohamed Corso de l’université d’Alger a, pour sa part, plaidé pour la consécration du "droit des peuples colonises à leur histoire".
"Peut-on accepter que l’écriture de l’histoire d’un pays se fasse par des étrangers", s’est-il interrogé avant de souligner que l’histoire "restera au cœur des rapports algéro-français au même titre que le secteur du commerce entre les deux pays".
La responsabilité juridique de l’Etat français dans ce qui est appelé "les événements d’Algérie" durant la période coloniale a été développée par le docteur Mohamed Chergui de l’université du 8 mai.
Qualifiant les massacres du 8 mai 45 de "crimes d’extermination", le conférencier a soutenu que "la responsabilité pénale de ces génocides incombe à l’Etat français".
Les crimes de mai 1945 dans la région de l’Aurès Nememcha ont été abordés par le docteur Ouenassa Siar de l’université de Constantine qui s’est attardée sur l’effervescence du mouvement nationaliste algérien dans cette région et sur la volonté insurrectionnelle des masses.
D’autres communications ont été programmées pour demain mercredi, seconde et dernière journée de ce colloque international organisé par l’université du 8 mai 45 à l’occasion de la commémoration du 63e anniversaire des événements sanglants du 8 mai 45.
Aps
Posté le 04.05.2008 par abdoumenfloyd
(commentaire d'un internaute)
Une partie de désolation
Par AMAROUCHE L.AS
Bonsoir !
Si l'ouverture des archives posent problémes de sécurité à certaines personnes, leur fermeture l'est également pour d'autres. La guerre d'Algérie s'appelle mille feuilles. Aussi ce ne sont pas les films montés qui pourront remplacer les historiens qui eux se placent du côté académique beaucoup plus qu'économique.
Cependant, beaucoup d'images de villages peuvent s'ouvrir sans risquerla vie des gens impliqués dans ce conflit d'un côté comme de l'autre.
Les radicaux ne sont rien d'autres que des cercles hors circuit culturel universel qui consiste à comprendre un fait et se faire comprndre et être compris.
Posté le 30.04.2008 par abdoumenfloyd
Dans "Je n'ai pas tout dit", Paul Aussaresses livre ses "ultimes révélations au service de la France". Entretien.
On le croyait mort. Ou plutôt, au fin fond des oubliettes de l'histoire, tant ses précédents souvenirs ont choqué l'opinion. Paul Aussaresses a presque 90 ans. Désabusé, presque aveugle, il déverse dans un livre au titre choc "Je n'ai pas tout dit" ses "ultimes révélations au service de la France". Exercice à trous, où brillent quelques pépites. Il s'en explique sur Rue89.
Ancien résistant, ancien tortionnaire, ancien marchand d'armes… Le général Aussaresses restera jusqu'à son dernier souffle un espion schizophrène. Officier du SDECE, prêt à tout pour défendre la patrie, même à piétiner ses propres idéaux. Il le dit en conclusion, il n'a pas supporté l'infamie de ses pairs:
"Je ne voudrais pas que les hypocrites qui m'ont enlevé la Légion d'honneur, distinction que, moi, j'ai acquise au combat, puissent continuer à nier l'histoire de France, avec ses réalités dures à dire et à entendre. Après moi, il ne restera plus grand monde pour parler."
Son co-auteur (le journaliste Jean-Charles Deniau) le confirme: il a été "blessé" par le retrait de sa décoration, conséquence logique de ses premiers mémoires. D'ailleurs, dans un épais avertissement, l'éditeur se démarque du personnage et de ses opinions. Les éditions du Rocher ont à l'esprit la condamnation à 7500 euros d'amende de l'auteur (15 000 euros pour l'éditeur Perrin) pour "apologies de crime de guerre", infligée en 2003 par la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris.
Pendant ce procès, plusieurs polémiques avaient émaillé l'audience. La justification de la torture pendant la Bataille d'Alger (1957) bien sûr, mais aussi l'affaire Audin. Plusieurs témoins avaient alors imploré le général de dire tout ce qu'il savait sur l'exécution de ce professeur de mathématiques, militant du PC algérien. Paul Aussaresses y revient aujourd'hui, à pas comptés, prudemment, comme s'il y avait encore dans cette bataille pour la mémoire quelques coups à prendre.
L'affaire Maurice Audin
Il n'en dira pas plus. Il n'en sait pas plus. Pourtant, à bien lire les quarante pages consacrés à cette histoire, on finit par comprendre qu'il sait tout. Le commandant O, comme le surnomme Yves Courrière dans "Le temps des léopards", était alors à la tête du groupe de tueurs qui arrêta, interrogea et fit disparaître le jeune mathématicien. Même si, aujourd'hui, il prétend ne pas en savoir plus.
"Je ne sais pas où Maurice Audin a été enterré", dit-il, reconnaissant ainsi que la thèse de la disparition du jeune militant communiste est bien une fable racontée aux civils et à la justice pour couvrir les exactions des parachutistes. L'explication est à lire sous la plume du journaliste, qui rapporte l'existence d'un serment prêté entre plusieurs militaires pour taire à jamais la vérité.
Et de citer le témoignage du capitaine Yves de la Bourdonnaye-Montluc, successeur d'Aussaresses qui raconta à la journaliste Marie-Monique Robin:
"Certains membres de l'équipe que j'avais récupérée étaient devenus complètement fous. Ils avaient pris l'habitude de tuer les prisonniers d'un coup de couteau dans le cœur."
En clair: un membre de l'équipe Aussaresses, pris de folie, aurait tué Maurice Audin, dont il aurait ensuite fallu se débarrasser pour présenter une version crédible de sa "disparition" aux autorités civiles. En juin 2007, Josette Audin a écrit au président Sarkozy pour qu'il l'aide à connaître la vérité. En vain pour l'instant.
source: http://www.rue89.com/2008/04/29/tortionnaire-non-repenti-le-general-aussaresses-se-souvient