Posté le 19.08.2008 par abdoumenfloyd
Issers, 14heures. Près de huit heures après l’attentat kamikaze perpétré ce matin aux environs de 7heures, la ville des Issers, à 55 kilomètres à l’est d’Alger, vit encore au rythme des sirènes d’ambulances. La RN12 reste fermée au niveau du centre ville. Les automobilistes sont déviés vers une route secondaire. Un impressionnant dispositif de sécurité a été déployé et des hélicoptères survolent la zone, jusqu’à Tizi-Ouzou.
Le quartier où le kamikaze s’est fait exploser après avoir actionné à distance une autre bombe placée à l’intérieur de son véhicule, est toujours bouclé par les forces de l’ordre. Le mur de l’École supérieure de la Gendarmerie s’est effondré, sous l’effet des deux explosions. Les habitations et les commerces situés dans le quartier ont été fortement endommagés. «J’ai l’impression de regarder Al-Jazeera. On dirait que nous sommes en Irak, je ne reconnais plus le quartier. Je ne reconnais plus l’Algérie», s’indigne un commerçant.
A proximité de l’école, les équipes de la police scientifique poursuivent leur travail d’identification et de recherches d’indices au milieu de restes humains. Le travail de nettoyage des lieux de l’attentat dure depuis plusieurs heures. Il est difficile. Débordés, ils ont sollicité l’appui des secouristes du Croissant rouge. «C’est l’horreur. Nous avons ramassé quatre têtes, des bras, des jambes. Je n’a jamais vu un tel carnage de ma vie. Peut-être même pas à la télévision dans des films d’horreur», témoigne un secouriste du Croissant rouge. Pour lui, le bilan annoncé – 43 morts et 45 blessés- est sans doute provisoire. Sur place, une source de la gendarmerie locale évoque au moins 49 morts. «Le travail d’identification des restes humains sera très difficile. Il prendra sans doute plusieurs jours. C’est après avoir identifié tous les restes que nous pourrions parler de bilan définitif», explique le secouriste du Croissant rouge.
42 civils et un gendarme ont été tués dans cet attentat. Parmi les blessés, 32 sont des civils et 13 sont des gendarmes. La majorité des victimes est composée de jeunes fraichement diplômées venus s’inscrire au concours de recrutement lancé par la Gendarmerie nationale. Mais l’explosion a fait également des victimes parmi les automobilistes. Comme ce père de famille qui se trouvait dans son véhicule avec son fils- un bébé de quelques mois, selon des témoins – au moment de l’attentat. Leur voiture a été soufflée par l’explosion. Ils sont morts sur le coup…
Ameziane Athali
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Posté le 19.08.2008 par abdoumenfloyd
L'attentat suicide perpétré mardi matin devant une école de gendarmerie des Issers a fait 43 morts et 45 blessés, selon un nouveau bilan provisoire du ministère de l'Intérieur. Un précédent bilan officiel faisait état de 43 morts et de 38 blessés.
Parmi les personnes tuées dans cet attentat figurent 42 civils et un gendarme, a précisé le ministère dans un communiqué, ajoutant que 32 blessés sont des civils et 13 sont des gendarmes.
C'est l'attentat le plus meurtrier depuis 8 mois en Algérie, avec un bilan supérieur à celui des attentats simultanés perpétrés le 11 décembre 2007 à Alger contre des bâtiments officiels qui avaient fait 41 morts.
AFP
Posté le 19.08.2008 par abdoumenfloyd
URGENT: au moins 43 morts et 38 blessés dans un attentat suicide contre l’École supérieure de Gendarmerie.
Un attentat suicide a visé, ce matin aux environs de 7H30, l’École supérieure de gendarmerie des Issers, à 55 kms à l’est d’Alger, dans la wilaya de Boumerdès.
L’attaque a fait au moins 43 morts et 38 blessés , selon un premier bilan provisoire officiel .
Des civils passagers d’un bus et des candidats au recrutement à l’École figurent parmi les victimes de cette attaque.
La RN 12 sur laquelle se trouve l’École de gendarmerie a été fermée pour permettre aux secours d’intervenir sur les lieux de l’attentat et secourir les blessés.
Le bus assurait la liaison Tizi-Ouzou-Oran, ouverte il y a quelques jours.
«Le bus venait d’Oran. Quand on a entendu l’explosion, tout le monde a quitté précipitamment le bus, dans la panique totale. En sortant, je me suis retrouvé sur des cadavres. C’était horrible. Un vrai carnage», raconte un témoin.
*Photos: L’École supérieure de Gendarmerie aux Issers ,sur la RN12.
Posté le 19.08.2008 par abdoumenfloyd
Onze membres des forces de l'ordre – 8 policiers et 3 militaires - et un civil, ont été tués dans une embuscade menée par des groupes armés islamistes dimanche à Skikda, ont rapporté mardi des journaux. L'attaque, une des plus meurtrières de ces dernières semaines, a fait aussi une dizaine de blessés parmi les forces de l'ordre. Quatre terroristes ont été tués dans l'accrochage, selon les quotidiens qui ajoutent que parmi les victimes figure un officier, le lieutenant-colonel Rahmouni Mohammed, 47 ans.
Les forces de l'ordre circulaient dans un convoi de trois véhicules en patrouille dans la région montagneuse de Oued Zeguar, près de Skikda. Une bombe a explosé au passage du convoi, suivie par un violent accrochage entre les forces de l'ordre et les islamistes. Puis, une seconde bombe a été actionnée à l'arrivée d'un premier renfort de militaires venu porter secours aux membres de la police judiciaire formant l'essentiel du convoi. Les policiers tués ont été dépouillés de leurs armes et de leurs uniformes.
Posté le 18.08.2008 par abdoumenfloyd
L’apparition du diplomate algérien Mohammed Ziane Hassani dans le sombre dossier Mecili remonte à 2001. En effet, le 14 juin 2001 : dans un entretien au Nouvel Observateur, Hichem Aboud, ancien chef de cabinet du directeur central de la Sécurité militaire algérienne, affirme que Rachid Hassani (le signataire de l'ordre de mission d'Amellou) lui a confié être l'organisateur de l'assassinat.
Puis, le 2 juillet 2003 : le colonel Mohammed Samraoui, ex-officier de la Sécurité militaire réfugié en Allemagne, témoigne devant le juge d'instruction Baudoin Thouvenot (qui a repris le dossier) : trois mois après le crime, il a vu Rachid Hassani remettre à Amellou une forte somme d'argent en règlement de son « contrat ».
Le 13 novembre 2007, en dépit de ces dénonciations, le parquet estime que « la délivrance d’un mandat d'arrêt ne s’impose pas ».
Le 7 décembre 2007 : contre l'avis du parquet, le juge Baudoin Thouvenot lance un double mandat d'arrêt international contre Abdelmalek Amellou et Mohamed Ziane (Rachid) Hassani
« A l’époque des faits, le tueur présumé avait été rapidement interpellé avant d’être aussi vite expulsé vers son pays d’origine sur ordre du ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, précise M e Antoine Comte, l’avocat des parties civiles. Un mandat d’arrêt international a également été délivré en décembre 2007 à l’encontre de ce suspect. On garde espoir de le voir interpellé un jour. » « L’affaire Mecili, c’est une affaire Ben Barka bis, poursuit M e Comte. Sauf que pour Ben Barka, le président de Gaulle avait tapé du poing sur la table pour exiger que la justice passe. Cela a été tout le contraire dans le cas d’Ali Mecili. »
L.M.
Posté le 18.08.2008 par abdoumenfloyd
Posté le 18.08.2008 par abdoumenfloyd
Pour la famille Mecili, un premier pas vient d’être franchi après l’interpellation, en fin de semaine, du responsable du protocole au ministère algérien des Affaires étrangères à l’aéroport de Marignane (Bouches-du-Rhône).
« La raison du citoyen s’est enfin dressée contre la raison d’Etat, se félicite Annie Mecili, l’épouse de l’avocat assassiné, interrogée par le quotidien Le Parisien. Cette interpellation est très réconfortante car nous n’avons jamais abandonné le combat contre l’injustice et l’opposition de deux Etats, la France et l’Algérie, à voir ce dossier aboutir. Après vingt et un ans de procédure, c’est aussi le début de la reconnaissance de notre souffrance et un apaisement pour moi et mes enfants. »
En effet, soupçonné par la justice française d’avoir été le commanditaire du meurtre de l’avocat Ali Mécili, abattu de trois balles, le 7 avril 1987, dans le hall de son immeuble du boulevard Saint-Michel à Paris , Mohammed Ziane Hassani a été mis en examen pour « complicité d’assassinat ». Ce dernier était, depuis le 7 décembre 2007, sous le coup d’un mandat d’arrêt international délivré par Baudoin Thouvenot, magistrat instructeur en charge de cet épineux dossier.
Le chef du protocole a ensuite été placé sous contrôle judiciaire avec l’interdiction de quitter le territoire et l’obligation de résider à Paris. D’ici à la fin du mois d’août, il devrait être entendu sur son implication dans l’assassinat de l’opposant algérien. Devant les policiers, Mohammed Hassani s’est défendu de toute implication en expliquant que « le responsable présumé des faits » portait le même nom que lui.
« Il faut se souvenir qu’en 1987 on ne critiquait pas l’Algérie et le pouvoir en place, rappelle Annie Mecili. Mon mari a été un des premiers à le faire au sein du Front des forces socialistes (FFS) au côté de Hocine Aït Ahmed, opposant de la première heure. Il a payé de sa vie son engagement. »
Le Parisien
Posté le 18.08.2008 par abdoumenfloyd
Belliradj est même soupçonné, de par ses relations avec Aymen Al-Zawahiri, le bras droit de Ben Laden, d’avoir influencé le GSPC pour se placer sous les ordres directs d’Al-Qaïda.
Le ministre marocain de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, a révélé en outre que le réseau terroriste Belliradj avait mis au point un plan à long terme visant “l’infiltration des institutions de l’?tat, des partis politiques et de la société civile”.
L’interconnexion avec l’international terrorisme ne fait plus de doute et ce ne sont certainement pas les dernières déclarations du Marocain Abdelkader Belliradj qui diront le contraire.
En effet, celui qu’on accuse d’être à la tête d’un groupe terroriste démantelé le 18 février dernier au Maroc, a réitéré le raffermissement des liens existant avec l’ex-GSPC algérien, à travers ses rencontres avec un certain Berrabeh Benyettou, un Algérien résidant en Belgique. Belliradj affirme avoir reçu la bénédiction de la hiérarchie de l’organisation terroriste algérienne en vue de renforcer sa coopération avec Benyettou au plat pays pour recruter des volontaires marocains à entraîner dans des camps en Algérie.
Belliradj, dans son audition par un juge marocain chargé de la lutte antiterroriste, a déclaré être derrière l’ouverture d’un camp d’entraînement en Algérie après que l’organisation de Droukdel ne décide de changer de bannière et de s’inféoder à Al-Qaïda. Dans ses aveux, l’ancien “indic” des services secrets belges, a affirmé avoir réussi à convaincre les Algériens d’ouvrir des camps qui ont, par la suite, reçu la visite d’une première fournée de volontaires marocains en 2005. Ainsi, ce sont 20 terroristes marocains qui se sont entraînés, dans un premier temps au maniement de la Kalachnikov avant de regagner le royaume pour y commettre des attentats. Abdelkader Belliradj, 50 ans, avait été arrêté le 18 février au Maroc, avec plusieurs autres personnes, en possession d’un important arsenal d’armes à feu. Il est soupçonné par le Maroc d’avoir dirigé un réseau d’islamistes et d’avoir commis six meurtres en Belgique à la fin des années 1980 et au début des années 1990.
Selon des officiels marocains, Belliradj aurait été “un tuyauteur en or” pour la Sûreté belge dont il était l’informateur pendant huit ans. Mais ce qui a déclenché la polémique, c’est que lorsque Belliradj a acquis la nationalité belge, un avis a été émis, en 2000, à l’attention du procureur du Roi, soulignant les liens de l’intéressé avec “ la mouvance islamiste algéro-marocaine et les milieux marocains pro-iraniens”. Belliradj est même soupçonné, de par ses relations avec Aymen Al-Zawahiri, le bras droit de Ben Laden, d’avoir influencé le GSPC pour se placer sous les ordres directs d’Al-Qaïda. Le ministre marocain de l’Intérieur, Chakib Benmoussa, a révélé en outre que le réseau terroriste Belliradj avait mis au point un plan à long terme visant “l’infiltration des institutions de l’?tat, des partis politiques et de la société civile”.
Selon le ministre Benmoussa, “les investigations menées par les autorités compétentes ont établi que le réseau Belliradj a tissé des liens avec des groupes et organisations terroristes internationaux, particulièrement Al-Qaïda en Afghanistan en 2001, le Groupe islamique combattant marocain (GICM) durant la même année ainsi qu’en 2003 et 2004, et le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) à la même période”.
Des membres du réseau Belliradj ont eu aussi des contacts avec le Hezbollah en 2002, le but étant d’envoyer au Liban des membres du réseau pour entraînement.
De fil en aiguille, l’on s’interroge alors sur de probables relais entre l’ex-GSPC et l’organisation de Nassrallah, accusée par les services secrets américains d’entraîner des volontaires avant de les infiltrer, via le territoire iranien en Irak. L’épisode des Algériens d’El-Oued refait ainsi surface et leur acheminement vers l’Irak pourrait trouver sa réponse dans ses probables circuits les ayant conduits des camps d’entraînement en Algérie, financés par l’argent du racket et des rançons, puis transférés au Maroc avant d’être acheminés en Irak via les circuits du Hezbollah.
Un scénario alimenté par les révélations faites autour de l’affaire Belliradj qui sous-entend une coopération entre les différents groupes terroristes activant en Algérie et au Maroc et téléguidés par Al-Qaïda.
Saïd Oussad
Posté le 18.08.2008 par abdoumenfloyd
Actualités : CRISE AU SEIN DES SCOUTS MUSULMANS ALGÉRIENS
Le MSP serait-il derrière le mouvement de rébellion ?
Le commandant général des Scouts musulmans algériens (SMA) crie au scandale. Dans une sortie médiatique, il parle de tentative de déstabilisation de l’organisation qu’il dirige. Objectif de ses détracteurs : «Me destituer de la tête du SMA ». Ces adversaires ? Des dirigeants du SMA, qui sont par ailleurs membres du conseil national d’un parti politique. Noureddine Benbraham accuse le président de ce dernier, d’être à l’origine de la crise que traverse le SMA.
Dans un entretien accordé au journal Echourouk, le commandant général des Scouts musulmans algériens pointe du doigt le président d’un parti politique. Ce dernier est accusé d’avoir instruit ses militants, dirigeants du SMA, de mener une rébellion à l’intérieur de l’organisation dans le but principal de «renverser» son président. Noureddine Benbraham évite de citer le nom du parti en question, encore moins celui de son président. Mais, il fera savoir que le premier responsable de cette formation politique «a chargé cinq de ces militants, membres du conseil national de son parti d’orchestrer une tentative de déstabilisation dont le chef d’orchestre est très connu pour être un opposant au courant nationaliste». Mieux encore, le commandant général des Scouts musulmans algériens déclare avoir en sa possession des «preuves irréfutables» qui dénotent selon lui de «l’implication de ce parti dans le complot en question». «Oui, j’ai des preuves de tous genres et pour le moment, je ne citerai ni le nom de ce parti encore moins celui de son président. Je le ferai au moment opportun. Dans moins de dix jours, toute la vérité sera portée à l’attention de l’opinion publique», a-t-il souligné et d’ajouter : «Les agissements de ce parti s’inscrivent dans le cadre d’une perspective politique bien connue : celle de la présidentielle de 2009 et des divergences internes à ce parti. Son objectif premier est de pouvoir transférer 4 milliards de centimes à son compte bancaire. Ces chargés de mission bénéficieront une fois l’objectif atteint de tous les privilèges que leur parti leur octroiera. D’ailleurs, le chef de file de cette opération est devenu du jour au lendemain un milliardaire et dispose d’un nombre impressionnant de locaux commerciaux». De quel parti s’agit-il dès lors ? Noureddine Benbraham évite de citer le nom de ce parti, mais il laisse entendre qu’il s’agit d’un parti actif sur la scène politique nationale, puisqu’il fera savoir que ce «dernier fait face à un conflit interne après avoir récemment organisé son congrès national». S’agitil du RND ? Pas évident. Noureddine Benbraham ne peut accuser son parti, lui qui a été élu lors du dernier congrès de son parti membre de son conseil national. Le FLN ? Traditionnellement parlant, ce parti ne dispose pas d’une influence particulière sur le SMA. Il reste alors le MSP, dont le commandant général des Scouts musulmans algériens est ancien militant avant de rejoindre le RND lors de sa création en 1997. En effet, le MSP était connu pour avoir au lendemain de l’ouverture démocratique investi un grand nombre de mouvements associatifs intervenant dans le secteur éducatif et religieux. C’est le cas des SMA, dont un grand nombre de son encadrement est organiquement lié au parti de Aboudjerra Soltani. Et tout porte à croire que les accusations portées par Benbraham sont à l’adresse de cette formation, surtout lorsqu’il insista en disant que «les scouts musulmans algériens créés en 1936 ont cohabité avec l’association des Oulémas et que ces derniers ne les ont pas «avalés» ou encore sous le règne du parti unique qui a agi de la même manière». Il est à rappeler que des cadres dirigeants des Scouts musulmans algériens (SMA), représentant trois wilayas, accusent le commandant général, Noureddine Benbraham, d’avoir mis main basse sur l’organisation, en exigeant la tenue «immédiate» d’un congrès extraordinaire ou, le cas échéant, un retrait de confiance. Dans un document adressé simultanément à la présidence de la République et aux walis compétents, les commissaires des wilayas d’Alger, de Relizane et d’Oran semblent décidés à se faire entendre. Dans le document en question, il est indiqué que «l’organisation (les Scouts musulmans algériens, ndlr) a tendance à devenir une propriété privée, appartenant exclusivement à Noureddine Benbraham. Nous contestons la gestion financière et le mode de gestion relatif aux camps de scouts. Il n’y a pas de manipulation politique», soulignent les détracteurs de Benbraham.
Abder Bettache
Posté le 18.08.2008 par abdoumenfloyd
Vingt et un ans après l’assassinat de l’avocat Ali Mécili, Mohamed Ziane Hassani, commanditaire présumé de cet acte a été arrêté jeudi en France. Quelle est votre réaction ?
Je suis euphorique ! Ce réveil de la justice française après 21 ans de déni de justice est un véritable triomphe de la justice. J’espère maintenant que les choses iront jusqu’au bout.
Pour moi, il n’y a pas de justice sans éthique de la justice. Au lieu de se gargariser de droits de l’Homme, il faut commencer par civiliser la politique et garantir l’indépendance de la justice des deux cotés de la Méditerranée.
Mohamed Ziane Hassani est-il le seul commanditaire de cet assassinat ou pensez-vous que d’autres personnes devraient être également convoquées par la justice française?
C’est l’affaire de la justice française. Mais le dossier a établi sans ambages la complicité d’autres personnes dans ce dossier. Je fais confiance au juge en charge du dossier. Quant aux commanditaires politiques, c’est une autre histoire. C’est l’histoire d’une police politique qui a pris en otage la justice de notre pays depuis l’indépendance.
Pourquoi, selon vous, la justice française a-t-elle mis plus de 20 ans pour lancer des mandats d’arrêt contre des commanditaires et auteur présumés de cet assassinat ?
Vous savez, la lâcheté des deux États a réussi à effacer la mémoire de l’exécution de Mécili au point où son épouse, Annie Mécili, n’est même pas parvenue à faire publier le moindre texte dénonçant l’impunité du commanditaire de l’exécution de son mari.
C’est précisément pour lutter contre cette amnésie érigée en mode de gouvernance et de gestion de la société qu’il m’a paru de salubrité publique, 20 ans après l’assassinat de Ali, de rééditer et étoffer le livre « L’affaire Mécili » que j’avais publié en 1989, avec de nouveaux éléments.
Force est donc de constater que ce meurtre n’est pas une bavure ni un accident de parcours. C’est au contraire une constante depuis l’indépendance. C’est une volonté des tenants du régime de détruire le politique jusqu’à l’idée même de la politique. Au besoin, par l’exécution de ceux qui menacent les fondements de leur régime. C'est-à-dire, des personnes capables de penser et de mener des combats politiques autonomes pour les droits de l’homme et la démocratie.
Vous avez régulièrement dénoncé l’impunité accordée par la France aux commanditaires et auteur présumés de l’assassinat de M. Mécili. Comment peut-on expliquer cette attitude des autorités françaises ?
Dans cette affaire, il y a tous les ingrédients d’un vrai polar «barbouzo-totalitaire» qui se déroule derrière les murs de la raison d’Etat et des déraisons des contrats. Que dire notamment de M. Pasqua, qui avait envoyé à Alger le tueur alors que son implication ne faisait aucun doute puisqu’il était porteur d’un ordre de mission de la police politique signé précisément par le « sieur » Hassani qui vient d’être arrêté à Paris. Par ailleurs, plus significatif encore, le coup de téléphone de ce ministre de l’Intérieur français à l’ambassadeur d’Algérie à Paris rien que pour le rassurer sur le fait que l’Algérie n’avait rien à faire dans cette histoire. C’est de là qu’a commencé la connivence.
Le changement de président en France, avec l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy en 2007, a-t-il contribué à débloquer ce dossier ?
Je crois que les choses ont été menées à son insu. Je crois que les initiatives viennent du nouveau juge Thouvenot qui a repris le dossier au juge Bruguière. Ce dernier avait refusé de faire aboutir les choses. A mon avis, le pouvoir politique français n’a pas joué un rôle déterminant dans cette évolution du dossier. Je crois qu’il a même été dépassé par l’initiative du juge Thouvenot. C’est pour cela que nous craignons pour l’avenir.
Craignez-vous que Mohamed Ziane Hassani quitte le territoire français avant la tenue de son procès ?
Cela pourrait évidemment bien se produire, sans exclure une planification préalable des deux cotés.
La justice française a décidé de lancer un mandat d’arrêt contre M. Hassani à la suite du témoignage en 2003 de Mohamed Samraoui, un ancien responsable des services secrets algériens aujourd’hui exilé en Allemagne. Avez-vous d’autres éléments pouvant renforcer la thèse d’une implication de M. Hassani dans cet assassinat ?
J’ai tout écrit sur cette affaire. Déjà en 1989, dans « L’Affaire Mécili ». J’ai rajouté des choses dans mon livre, réédité récemment. C’était très clair. On a cité des noms, comment ils se sont réunis, etc. Mais je crois que l’élément qui a fondé la conviction du juge est le témoignage de Samraoui en 2003. Quand il a raconté comment il avait accompagné Hassani pour aller voir Amalou, le tueur et le convaincre d’accepter 800 000 francs pour son « boulot » en attendant le reste.
Qu’attendez-vous du procès de Mohamed Ziane Hassani ?
J’espère que ça sera la fin de l’impunité. Dans cette affaire, en tout cas. Que ça sera le succès de la justice. Au moment où le refus de l’impunité gagne du terrain sur le plan international, comment la France pourrait-elle faire sur ce problème de l’impunité une discrimination exceptionnelle sur l’Algérie sans avouer clairement que la vie des Algériens ne vaut la vie des autres peuples ?
Lounes Guemache