Posté le 11.08.2008 par abdoumenfloyd
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Posté le 10.08.2008 par abdoumenfloyd
Le poste de surveillance de la Gendarmerie nationale de la plage de Tassalalt à Tigzirt, une station balnéaire située à 35 kilomètres à l’est de Tizi-Ouzou et très fréquentée en cette période de l’année, a été ciblé par une attaque terroriste à la bombe perpétrée aujourd’hui en début de soirée.
Bilan : trois gendarmes blessés, dont un grièvement. Ils ont été évacués vers l’hôpital de Tizi-Ouzou. Deux autres engins explosifs ont été désamorcés aujourd’hui non loin du poste visé, selon la même source.
C’est la deuxième fois en moins de 24 heures qu’une station balnéaire est ciblée par un attentat terroriste. Hier, aux environs de 22 heures, un attentat suicide avait pris pour cible une caserne des gardes-côtes à Zemmouri, à 10 kilomètres à l’est de Boumerdès, faisant sept morts parmi les estivants et 19 blessés, dont quatre gendarmes.
Posté le 10.08.2008 par abdoumenfloyd
Quatre militaires ont été tués, vendredi soir, à un faux barrage dressé par des terroristes aux environs de 20h30 sur une route située à Ain Echadjra, à une dizaine de kilomètres du chef-lieu de la wilaya d’Oum El-Bouaghi, rapporte le quotidien arabophone Ennahar dans son édition d’aujourd’hui.
Selon le journal, qui cite une source sécuritaire, les quatre militaires ont été égorgés et leurs corps ont été découverts samedi matin sur les lieux de l’attentat. Les soldats étaient habillés en civil. Aucune indication n’a été fournie concernant les circonstances du faux barrage ni sur la composition du groupe terroriste, auteur de l’attentat.
Posté le 10.08.2008 par abdoumenfloyd
Un attentat suicide a été perpétré hier soir aux environs de 22 heures contre un poste de surveillance de la Gendarmerie nationale de la plage de Zemmouri, à Boumerdès. L’attaque, menée par un kamikaze, a fait huit morts et 19 blessés, selon un premier bilan provisoire. Le kamikaze figure parmi les victimes.
Les morts sont tous des civils. Mais au moins trois gendarmes, qui étaient sur les lieux au moment de l’attentat, figurent parmi les blessés, selon la même source. Pour tromper la vigilance des forces de sécurité et des estivants, le kamikaze était à bord d’une camionnette frigorifique bourrée d’explosifs.
Cet attentat suicide, le deuxième en une semaine après celui de dimanche dernier contre un commissariat de Tizi-Ouzou (25 blessés, dont quatre policiers), intervient deux jours après une opération spectaculaire des forces de sécurité contre les maquis du GSPC en Kabylie. Douze terroristes ont été tués, dans la région de Beni-Douala. Parmi eux, des éléments qui ont participé à l’attentat de Tizi-Ouzou, selon le ministère de l’Intérieur.
Ameziane Athali
Posté le 10.08.2008 par abdoumenfloyd
DÉPOSE ICI ET MAINTENANT
Dépose ici et maintenant la tombe que tu portes
et donne à ta vie une autre chance
de restaurer le récit.
Toutes les amours ne sont pas trépas,
ni la terre, migration chronique.
Une occasion pourrait se présenter, tu oublieras
la brûlure du miel ancien.
Tu pourrais, sans le savoir, être amoureux
d’une jeune fille qui t’aime
ou ne t’aime pas, sans savoir pourquoi
elle t’aime ou ne t’aime pas.
Adossé à un escalier, tu pourrais
te sentir un autre dans les dualités.
Sors donc de ton moi vers un autre toi,
de tes visions vers tes pas,
et élève ton pont
car le non-lieu est le piège
et les moustiques sur la haie irritent ton dos,
qui pourraient te rappeler la vie !
Vis, que la vie t’entraîne
à la vie,
pense un peu moins aux femmes
et dépose
ici
et maintenant
la tombe que tu portes !
POUR NOTRE PATRIE
Pour notre patrie,
proche de la parole divine,
un toit de nuages.
Pour notre patrie,
distante des attributs du nom,
une carte de l’absence.
Pour notre patrie,
petite comme un grain de sésame,
un horizon céleste … et un abîme caché.
Pour notre patrie,
pauvre comme les ailes de la grouse,
des Livres saints … et une blessure à l’identité.
Pour notre patrie,
aux collines assiégées déchiquetées,
les embuscades du passé nouveau.
Pour notre patrie, butin de guerre,
le droit de mourir consumée d’amour.
Pierre précieuse dans sa nuit sanglante,
notre patrie resplendit au loin, au loin,
elle illumine alentour …
mais nous, en elle,
nous étouffons chaque jour davantage !
À JÉRUSALEM
À Jérusalem, je veux dire à l’intérieur
des vieux remparts,
je marche d’un temps vers un autre
sans un souvenir
qui m’oriente. Les prophètes là-bas se partagent
l’histoire du sacré … Ils montent aux cieux
et reviennent moins abattus et moins tristes,
car l’amour
et la paix sont saints et ils viendront à la ville.
Je descends une pente, marmonnant :
Comment les conteurs en s’accordent-ils pas
sur les paroles de la lumière dans une pierre ?
Les guerres partent-elles d’une pierre enfouie ?
Je marche dans mon sommeil.
Yeux grands ouverts dans mon songe,
je ne vois personne derrière moi. Personne devant.
Toute cette lumière m’appartient. Je marche.
Je m’allège, vole
et me transfigure.
Les mots poussent comme l’herbe
dans la bouche prophétique
d’Isaïe : "Croyez pour être sauvés."
Je marche comme si j’étais un autre que moi.
Ma plaie est une rose
blanche, évangélique. Mes mains
sont pareilles à deux colombes
sur la croix qui tournoient dans le ciel
et portent la terre.
Je ne marche pas. Je vole et me transfigure.
Pas de lieu, pas de temps. Qui suis-je donc ?
Je ne suis pas moi en ce lieu de l’Ascension.
Mais je me dis :
Seul le prophète Muhammad
parlait l’arabe littéraire. "Et après ?"
Après ? Une soldate me crie soudain :
Encore toi ? Ne t’ai-je pas tué ?
Je dis : Tu m’as tué … mais, comme toi,
j'ai oublié de mourir.
LE CYPRÈS S’EST BRISÉ
Le cyprès n’est pas l’arbre mais le chagrin
de l’arbre ; il n’a pas d’ombre car il
n’est que l’ombre de l’arbre.
BASSÂM HAJJÂR
Le cyprès s’est brisé comme un minaret
et il s’est endormi
en chemin sur l’ascèse de son ombre,
vert, sombre,
pareil à lui-même. Tout le monde est sauf.
Les voitures
sont passées, rapides, sur ses branches.
La poussière a recouvert
les vitres … Le cyprès s’est brisé mais
la colombe n’a pas quitté son nid déclaré
dans la maison voisine.
Deux oiseaux migrateurs ont survolé
ses environs et échangé quelques symboles.
Une femme a dit à sa voisine :
Dis, as-tu vu passer une tempête ?
Elle répondit : Non, ni un bulldozer …
Le cyprès s’est brisé. Les passants sur ses débris ont dit :
Il en a eu assez d’être négligé,
il a sans doute vieilli
car il est grand
comme une girafe,
aussi vide de sens qu’un balai
et il n’ombrage pas les amoureux.
Un enfant a dit : Je le dessinais parfaitement,
sa silhouette est facile. Une fillette a dit :
Le ciel est incomplet
aujourd’hui que le cyprès s’est brisé.
Une jeune homme a dit :
Le ciel est complet
aujourd'hui que le cyprès s’est brisé.
Et moi, je me suis dit :
Nul mystère,
le cyprès s’est brisé, un point c’est tout.
Le cyprès s’est brisé !
RIEN NE ME PLAÎT
Rien ne me plaît,
dit le passager de l’autobus, ni la radio
ni les journaux du matin,
ni les fortins sur les collines.
J’ai envie de pleurer.
Le conducteur dit : Attends le prochain arrêt
et pleure seul tout ton saoul.
Une dame dit : Moi non plus. Moi non plus,
rien ne me plaît. J’ai guidé mon fils
jusqu’à ma tombe.
Elle lui a plu et il s’y est endormi
sans me dire adieu.
L’universitaire dit : Moi non plus, rien
ne me plaît. J’ai fait des études d’archéologie mais
je n’ai pas trouvé mon identité dans les pierres.
Suis-je vraiment moi ?
Un soldat dit : Moi non plus. Moi non plus,
rien ne me plaît. J’assiège sans cesse un fantôme
qui m’assiège.
Le conducteur dit, énervé : Nous approchons
notre dernière station, préparez-vous
à descendre …
Mais ils crient :
Nous voulons l’après-dernière station,
roule !
Quant à moi, je dis : Dépose-moi là. Comme eux,
rien ne me plaît,
mais je suis las de voyager.
Posté le 10.08.2008 par abdoumenfloyd
Le gouvernement a décidé d'octroyer une nouvelle subvention de 400.000 dinars par an et pour chaque député élu sur les listes des partis politiques siégeant à l’Assemblée populaire nationale (APN). , selon une nouvelle disposition inscrite au budget de l'Etat.
La mesure, contenue dans la Loi de finances complémentaires pour 2008, coûtera 155 millions de dinars à l’Etat.
La nouvelle subvention profitera en premier lieu au Front de libération nationale (FLN), majoritaire à l’APN, avec 136 députés. L’ancien parti unique recevra une subvention annuelle de près de 55 millions de dinars. Il est suivi du RND. Le parti d’Ahmed Ouyahia percevra 25 millions de dinars annuellement pour ses 62 représentants au Parlement. Le parti islamiste d MSP, avec 51 élus, recevra une aide étatique annuelle de 20 millions de dinars. Le Front nationale démocratique (FND), avec un seul élu, recevra une subvention annuelle de 400.000 dinars. Au total, 20 partis politiques sont concernés par cette mesure. Le Front des forces socialistes (FFS), qui a boycotté les législatives de l’année dernière, et les députés indépendants ne sont pas concernés par cette mesure.
Posté le 10.08.2008 par abdoumenfloyd
Le poète palestinien Mahmoud Darouiche est décédé au Texas à la suite d'une opération du coeur, a annoncé à la chaîne de télévision Al Arabiya un médecin de l'hôpital de Houston où il était soigné. Il était âgé de 67 ans.
Considéré comme le "poète national" palestinien, l'oeuvre de Darouiche a été traduite en de nombreuses langues.
Elle évoquait la douleur des Palestiniens exilés comme lui après la fondation d'Israël il y a 60 ans mais aussi des thèmes plus larges.
Gros fumeur, Darouiche avait déjà subi deux opérations cardiaques par le passé.
Peu avant l'annonce de son décès, le ministre palestinien de la Culture, Tahani Abou Dakka, avait déclaré que le poète avait été placé sous assistance respiratoire deux jours après une intervention chirurgicale.
Reuters
Posté le 10.08.2008 par abdoumenfloyd
Une combinaison thérapeutique « inédite », permettant de traiter avec une grande efficacité des patients en multi-échec et porteurs d’un virus immunodéficitaire (VIH) ultrarésistant, a été présentée, jeudi 7 août, à Mexico, dans le cadre de la Conférence mondiale sur le sida qui s’est achevée vendredi 8 août 2008.
« Pour la première fois », note l’Agence française de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) qui a mené l’étude en partenariat avec deux laboratoires, MSD-Chibret et Tibotec, une association « de trois nouvelles molécules » administrée à des malades en grande difficulté présente « une efficacité comparable à celle observée chez des patients qui reçoivent un premier traitement ». Après vingt-quatre mois de traitement, dans l’ensemble bien toléré, « la charge virale était indétectable » (inférieure à 50 copies par millilitre de sang), chez 90 % des patients, explique Jean-François Delfraissy, président de l’ANRS. L’un de ces médicaments, le raltégravir, appartient à une nouvelle classe d’antirétroviraux très prometteurs : les inhibiteurs de l’intégrase, l’une des trois enzymes clés de la réplication du VIH.
Baptisé ANRS 139 TRIO, l’essai, mené sur 103 patients traités depuis treize ans en moyenne, a été coordonné par le Pr Yazdan Yazdanpanah, du centre hospitalier de Tourcoing, en France. Les patients étaient porteurs d’un virus présentant « de nombreuses mutations de résistance aux trois principales familles d’antirétroviraux », selon un communiqué de l’ANRS qui salue « une avancée pour la prise en charge des nombreux patients en situation d’échecs thérapeutiques répétés ». Ces résultats montrent aussi qu’on peut se fixer comme « objectif à atteindre », pour ces patients, une charge virale inférieure à 50 copies par ml, note le Pr Delfraissy. Un suivi à plus long terme est en cours de réalisation, pour déterminer si l’efficacité se maintient dans le temps.
AFP
*Photo : Une victime du sida
Posté le 09.08.2008 par abdoumenfloyd
Depuis le début de l'année 2008, les services de sécurité ont enregistré plus de cinq mille cas de disparition de personnes à travers tout le territoire national.
Ces personnes ont quitté la maison ou le foyer conjugal dans «des conditions suspectes», selon la même source. Leurs proches ont sollicité l’appui des services de sécurité pour les retrouver. Ce chiffre ne prend par en compte les «disparitions» liées au terrorisme, un dossier traité dans un autre cadre.
Ces disparus sont essentiellement des fugueurs, de malades mentaux, des vieux et de harraga qui tentent de rejoindre l’Europe clandestinement. La majorité écrasante de ces disparus sont des jeunes filles âgées entre 16 et 38 ans, selon la même source. Et, contrairement à une idée reçue, même les femmes mariées et les mères d'enfants quittent le foyer sans «raison apparente» et ne donnent plus signe de vie à leurs proches. Autre indicateur : les disparitions d’enfants interviennent souvent après la période des examens scolaires, affirme la même source.
Dans ce dossier, les services de sécurité sont confrontés à un problème de taille qui complique la gestion et le recensement des cas de disparitions. Explication : « une grande partie des familles ayant signalé la disparition d'un proche n'avertisse pas forcément les services de sécurité dans le cas de son retour à la maison. Et nombreuses sont aussi les familles qui ne signalent pas la disparition d'un membre, notamment lorsqu'il s'agit d'une fille, par crainte de la réaction de l’entourage», explique notre source.
Pour faciliter la publication des avis de recherche dans l'intérêt des familles, la DGSN a lancé sur son site web une rubrique «Recherche dans l'intérêt des familles». «De cette façon, les parents peuvent consulter les avis de recherche et peuvent aussi signaler un cas de disparition. Les parents doivent aussi signaler le retour d'une personne portée disparue, pour permettre à nos service de l'enlever du fichier des recherchés », conclut la même source (DGSN).
Samia Amine
Posté le 09.08.2008 par abdoumenfloyd
« Les chars russes sont en Géorgie ! » Cette information a rapidement fait le tour de la capitale géorgienne, vendredi 8 août, rappelant les pires souvenirs de l’époque soviétique aux habitants de la république caucasienne. Le président Saakachvili a déclaré la mobilisation générale et rappelé les mille hommes du contingent géorgien en Irak, des troupes aguerries qui risquent d’augmenter encore d’un cran la portée du conflit. Dans la nuit de jeudi 7 août à vendredi 8 août 2008, c’est Tbilissi qui a lancé l’offensive, en attaquant la province indépendantiste d’Ossétie du Sud.
Vendredi 8 août au soir, la Géorgie affirmait avoir totalement repris le contrôle du territoire séparatiste et déplorait 30 morts, tandis que le président ossète, Edouard Kokoïty, en annonçait plus de 1400. Côté russe, on déplore la mort de plus de 10 soldats des forces de maintien de la paix à Tskhinvali, capitale ossète. Le commandant des forces russes de maintien de la paix, le général Marat Koupakhmetov, a assuré que Tskhinvali avait été « presque entièrement détruite par les nombreux bombardements à l’arme lourde ». Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a demandé l’ouverture d’un « couloir humanitaire », afin d’évacuer les blessés des combats.
Dans la matinée de vendredi 8 août, plus d’une centaine de chars russes ont emprunté le tunnel reliant l’Ossétie du Nord et l’Ossétie du Sud et se trouvent actuellement à Tskhinvali, le chef-lieu de la République autoproclamée, occupé par les troupes géorgiennes. Chars et pièces d’artillerie russes ont « détruit » des positions géorgiennes autour de la capitale ossète. Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, avait prévenu, depuis Pékin, où il était en déplacement pour l’ouverture des jeux olympiques, que l’offensive militaire de Tbilissi entraînerait des « mesures de rétorsion ». Pour les autorités de Tbilissi, la Russie a clairement violé les frontières d’un Etat souverain. Mais pour la Russie, il s’agit « d’éviter un bain de sang ». Dans la soirée, la Russie a annoncé l’interruption de toutes ses liaisons aériennes avec la Géorgie à compter de samedi 9 août. Pendant dix-huit mois, d’octobre 2006 à mars 2008, Moscou avait déjà suspendu les liaisons aériennes, terrestres et maritimes entre la Russie et la Géorgie, après l’arrestation, dans ce pays, de quatre officiers russes pour « espionnage ».
L’Abkhazie et l’Ossétie du Sud représentent les deux épines laissées en héritage à la Géorgie par la défunte Union soviétique. En 1992, l’Abkhazie s’est déclarée indépendante, suite à un violent conflit. Plus tôt déjà, l’Ossétie du Sud avait fait sécession, expulsant elle aussi les Géorgiens vivant sur son territoire. Depuis, la plaie est ouverte et chacun des gouvernements en place à Tbilissi a promis de ramener ces provinces au sein de la mère patrie. Bien que la Russie n’ait jamais reconnu les deux entités, à l’instar de la communauté internationale, elle les soutient militairement et économiquement. Une tension extrême avait déjà été atteinte, à l’été 2004, lorsque des unités géorgiennes ont ouvert le feu sur des milices ossètes. Lesquelles ont répliqué en faisant plusieurs morts du côté géorgien. Tbilissi a tenté une autre méthode, installant un gouvernement provisoire ossète à sa solde et tentant de grignoter le pouvoir du responsable local, Edouard Kokoïty, un ancien lutteur qui a passé quelques années comme homme d’affaires à Moscou. Celui-ci a rétorqué en lançant des attaques sur des villages géorgiens. Du côté de Tbilissi, on a estimé, peu à peu, que seule une action de grande envergure pourrait régler l’affaire. Après plusieurs jours d’intense malaise début d’août 2008, celle-ci a finalement été déclenchée.
Dans un entretien accordé, vendredi 8 août 2008 au soir au Temps, l’ancien directeur de cabinet du gouvernement géorgien et actuel député, Petre Mamradze, estime que les responsables ossètes étaient devenus de plus en plus agressifs ces dernières semaines. « Pour moi, ce qui arrive n’est pas une surprise. Les Ossètes étaient en train de procéder à un nouveau nettoyage ethnique. Monsieur Kokoïty n’agit pas comme un responsable. Il est un simple employé au service du FSB russe qui a succédé au KGB soviétique. Ces derniers temps, il ne contrôlait plus que le chef-lieu, Tskhinvali. Il lui fallait réagir. Le souci des Russes n’est pas l’Ossétie. Il leur fallait trouver un moyen de gêner la Géorgie dans sa volonté d’adhésion à l’OTAN. » A Moscou, le président, Dmitri Medvedev, a averti que la Russie ne laisserait pas « impunie » la mort de ses « compatriotes » en Ossétie du Sud et qu’elle défendrait les ressortissants russes « où qu’ils se trouvent ».
Cinq questions pour comprendre les racines du conflit
1 Qu’est-ce que l’Ossétie du Sud ?
Une montagne de 3900 km2, peuplée de 70000 habitants, très pauvres : l’Ossétie du Sud est l’un de ces confettis du Caucase qui se distinguent avant tout par leurs passions nationalistes. Descendants des Alains, les Ossètes ont été chassés de leurs territoires du sud du Don par les hordes mongoles au Moyen Age et se sont réfugiés sur les contreforts du Caucase, qu’ils auraient aussi habité depuis l’Antiquité. Christianisés au contact des Géorgiens et de l’Empire byzantin, les Ossètes n’en ont pas moins gardé une culture et des ambitions politiques propres, qui s’étaient déjà manifestées, en 1917, lors de la Révolution russe. A l’époque, ils avaient pris parti pour la révolution bolchevique, tandis que la Géorgie profitait des troubles russes pour reprendre son indépendance. L’URSS divisa ensuite les Ossètes en deux entités, l’une rattachée au Caucase du Nord, et l’Ossétie du Sud rattachée à la Géorgie. En 1990, les Ossètes du Sud profitèrent du délitement de l’Union soviétique pour proclamer leur indépendance. Avec l’aide militaire de la Russie, ils réussirent à repousser les troupes géorgiennes et à imposer, en 1992, un cessez-le-feu fragile, qui leur a permis de créer un semblant d’Etat indépendant, reconnu par personne.
2 Pourquoi cette offensive ?
Mikhaïl Saakachvili, le jeune et bouillant président géorgien, avait besoin d’action pour sauver son régime. Le héros de la révolution des Roses, célébré, en 2003, comme un nouvel espoir démocratique pour tout le Caucase, était en train de tourner à l’autocrate, dispersant les manifestations d’opposition ou muselant les médias critiques. Elu avec 95 % de voix en 2004, Mikhaïl Saakachvili n’avait été réélu que par 53 % des suffrages en janvier 2008, avec force pressions et tripatouillages électoraux. Depuis 2003, Mikhaïl Saakachvili promettait aussi à son opinion le retour des deux provinces perdues, Ossétie du Sud et Abkhazie, et il était temps de passer à l’action. En lançant l’offensive, Mikhaïl Saakachvili peut certainement compter sur le nationalisme géorgien. « Le peuple est avec lui, car il comprend qu’il fallait faire quelque chose. Un opposant a déjà appelé à un moratoire de la lutte anti-Saakachvili », indiquait, vendredi 8 août 2008, le directeur du Centre de sécurité régionale du Caucase du Sud à Tbilissi, Alexandre Roussetski. Le statu quo jouait aussi en faveur des indépendantistes ossètes, qui pouvaient se prévaloir de leur propre gouvernement depuis plus de quinze ans maintenant. A la veille du changement d’administration aux Etats-Unis, Mikhaïl Saakachvili a sans doute voulu profiter de ses bons contacts avec l’équipe Bush, pour être sûr du soutien américain face à la Russie. « Son but est soit de reconquérir l’Ossétie du Sud, soit au moins d’entraîner la Russie dans une guerre, dans laquelle la petite Géorgie aura le soutien occidental », redoute l’analyste russe Fiodor Loukianov.
3 Que veut Moscou ?
Moscou s’est lié aux Ossètes, ces dernières années, en leur distribuant (de même qu’aux Abkhazes) des passeports russes. Les habitants de Tskhinvali, bombardés par Tbilissi, sont donc aujourd’hui des ressortissants russes que Moscou se doit de défendre. Sous prétexte humanitaire (les Ossètes et Abkhazes ne voulaient pas du passeport géorgien et n’avaient donc plus de passeports pour voyager), la Russie s’est ainsi, durant les années Poutine, mise elle-même dans un piège, souligne Dmitri Trenine, analyste du centre Carnegie à Moscou. « La Russie s’est engagée moralement à défendre les Ossètes, sans avoir de stratégie derrière pour résoudre le conflit, poursuit cet expert. Elle se retrouve maintenant avec ses citoyens en pleine zone de conflit. » A cause de ces engagements passés, la Russie « n’a pas le choix aujourd’hui : elle est obligée d’intervenir militairement », estime aussi Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de la revue Russia in Global Affairs. « Refuser de soutenir les Ossètes au moment où ils en ont plus besoin que jamais serait une monstrueuse rupture de confiance », insiste Fiodor Loukianov.
L’Ossétie du Sud et l’Abkhazie sont d’autant plus chères au cœur de Moscou que ce sont aujourd’hui les derniers territoires du Caucase où les Russes se sentent bienvenus. Partout ailleurs, y compris dans le Caucase du Nord resté intégré à la Russie, ils paient aujourd’hui pour leur politique coloniale passée : les Russes ont pratiquement tous été chassés de Tchétchénie ou d’Ingouchie, même si formellement ces régions relèvent de la Fédération de Russie. En elle-même, l’Ossétie du Sud n’a rien de « stratégique », mais pour Moscou c’est aussi une question d’amour-propre : refoulée du Caucase, où elle a perdu des positions clés en 1991 (surtout l’Azerbaïdjan et la Géorgie), la Russie veut garder pied dans la région.
4 L’Abkhazie, prochaine étape ?
« Les troupes abkhazes sont en marche vers la frontière géorgienne », annonçait, dès vendredi 8 août 2008 au matin, le « président » de la république autoproclamée d’Abkhazie, Sergueï Bagapch, promettant son soutien inconditionnel aux frères ossètes. L’Abkhazie, 250000 habitants sur un territoire guère plus grand que la Corrèze, est une autre petite région sécessionniste de Géorgie, au sort tout à fait semblable à celui de l’Ossétie, sauf qu’elle est beaucoup plus convoitée. Il y a ses superbes plages au bord de la mer Noire, qui auraient attiré, en 2007, quelque 1,5 million de touristes russes. Et il y a surtout l’enjeu stratégique, le débouché du Nord-Caucase sur la mer Noire, tout près de la ville russe de Sotchi où se tiendront les jeux olympiques d’hiver de 2014.
Islamisés au 16e siècle, les Abkhazes émigrèrent massivement vers l’Empire ottoman en 1864 plutôt que de se soumettre à la conquête russe. Minoritaires dans leur région, ils s’affrontèrent durement avec les Géorgiens au début des années 1990. Les combats firent plusieurs milliers de morts et 250000 Géorgiens durent quitter l’autoproclamée République abkhaze. Le président géorgien, Mikhaïl Saakachvili a promis de reconquérir ce territoire, indépendant de facto depuis 1992. « Il y a un vrai danger que les séparatistes abkhazes tentent des provocations pour ouvrir un deuxième front, estime à Tbilissi le directeur du Centre de sécurité régionale, Alexandre Roussetski. Mais la Géorgie est prête et tout à fait capable de mener la guerre des deux côtés. »
5 Quels sont les enjeux du Caucase ?
Les immenses réserves gazières et pétrolières de la mer Caspienne ont accru l’importance géostratégique du Caucase, à nouveau au cœur d’un « grand jeu » opposant la Russie et les Etats-Unis. En Transcaucasie d’anciennes républiques soviétiques comme l’Azerbaïdjan, puissance émergente grâce à ses richesses en hydrocarbures, et la Géorgie se sont rapprochées des Occidentaux. Ces derniers ont financé la construction de l’oléoduc BTC, qui porte le pétrole azéri jusqu’à la Méditerranée. Un gazoduc, Nabucco, est en projet avec, pour les Européens, l’idée de réduire leur dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. L’administration américaine appuie en outre la candidature géorgienne à l’OTAN. L’Azerbaïdjan, musulman et turcophone, entretient d’étroites relations avec la Turquie, pilier du flanc sud-est de l’Alliance atlantique.
Les Russes dénoncent « un encerclement ». S’ils contrôlent le nord du Caucase, intégré à la Russie, cette mosaïque de peuples en majorité musulmans reste explosive, d’autant que la rébellion indépendantiste tchétchène persistante produit des métastases en Ingouchie, au Daguestan ou en Kabardino-Balkarie. Moscou contre-attaque en poussant ses cartes en Transcaucasie, aux dépens de la Géorgie, mais aussi de l’Azerbaïdjan, appuyant à fond l’Arménie dans le conflit du Nagorny-Karabakh, gelé depuis 1994. Cette enclave arménienne en Azerbaïdjan s’était libérée en 1992, avant de se rattacher à la mère patrie, occupant au passage 20 % du territoire azéri. Cela complique un peu plus les relations déjà complexes entre Erevan et Ankara, même si une ébauche de normalisation se dessine.
Christian ZEENDER, Lorraine MILLOT et Marc SEMO
*Photo prise à 11h30,le 09/08/2008 à Gori .