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joli site qui promet! merci de bien vouloir visiter mon jeune blog à l'adresse: htt p://utopia-666 .over-blog....
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Par Nader Kamel, le 23.11.2009

les 2 gouvernements algeriens et egytiens se sont servit de leurs peuples pour remonter leurs cotes de popula...
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Par Nath+Allayenes, le 23.11.2009

le ton est donné… mais au-delà de la qualification en coupe du monde et des blessés, qu’on le veuille ou pas, ...
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Par Sans plus, le 23.11.2009

samira on sait tous que le message d'on tu parles ne t'ai pas attribuer. quand aux egyptiens laissons les a le...
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Par Nath+Allayenes, le 23.11.2009

samira. assalem ahlèkoum. bien-sur se sont les égyptiens les fauteurs de troubles je ne le nie pas, ils ont b...
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Par Anonyme, le 23.11.2009

il faut oublier cette episode d'avec les egyptiens;ce qu'il faut se mettre dans la tete que les arabes ne veu...
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Par Nath Allayenes, le 23.11.2009

slt je m"appelle linda je suis une algerienne rana douk fel mondial enchalah nerebhou ou netel3ou la coup ou h...
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Par Anonyme, le 23.11.2009

samira vous les hommes vous ne pensez qu'a vous entretuez. c'est de la diplomatie qui nous manque a nous les a...
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Par Anonyme, le 23.11.2009

ellah ibarekk tous fhoule ...
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Par massinissa , le 22.11.2009

en tant que marocain francophone t'aurai beaucoup a apprendre;sach e que tu t'exprime mal. apprend deja a lir...
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sahra maroc dyalna ojrb dkhol l sahra .... vive le maroc & sahara % marocain badr ...
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Par bom, le 22.11.2009

les grossieretées ne serves a rien se n'est qu'un manque de maitrise de soit-meme et de retenue envers ses se...
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Par AMENAASH, le 22.11.2009

ce n'est pas une perte si med meziane quitte la sh tous ces rats d'egouts doivent le faire.en reponse a hadjir...
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arretez de racoller personne ne s'est permit de nous empecher de vivre notre foi ;ni les americains ni les is...
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Par AMENAASH, le 22.11.2009

je suis désoler pour tout ce charabia de merde ils étaint ou tout ces pédés lorsque notre équipe à été masacré...
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Par Anonyme, le 22.11.2009

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CULTURE

FESTIVAL LITTÉRAIRE MAGHRÉBIN-Sansal et Tengour à Heidelberg

Publié le 15/06/2009 à 06:11 par abdoumenfloyd Tags : sansal islamisme

 

 
La ville de Heidelberg (Allemagne) organisera prochainement la deuxième édition du Festival littéraire maghrébin, ayant vu le jour en 2007, sur une proposition de Hamid Skif. Seront présents, pour des débats lecture en allemand, français et arabe, pour présenter leurs nouvelles parutions, le 19 juin, Habib Tengour (la Nacre à l'âme) et Boualem Sansal (Algérie), Leila Abouzeid et Valentin Herzog (Maroc).

 

FESTIVAL INTERNATIONAL DIMAJAZZ DE CONSTANTINE

Publié le 17/05/2009 à 00:54 par abdoumenfloyd
Jeudi dernier, le mythique Théâtre régional de Constantine n’a pas pu contenir toutes les personnes venues assister à la soirée d’ouverture du Festival international Dimajazz, animée par les groupes Mardi Brass Band et Tony Allen. Mais un écran géant installé à l’extérieur du théâtre a retransmis en direct les deux concerts.

Capitale par excellence du malouf, la ville de Constantine s’est initiée à la musique jazz depuis sept ans déjà, grâce à l’association Limma qui organise le festival international Dimajazz.
Après des années de lutte acharnée, l’association a obtenu gain de cause puisque Dimajazz a été institutionnalisé l’an dernier, par le ministère de la Culture. Mais la grande réussite a été de convaincre le public constantinois, qui n’a pas mis longtemps pour adhérer à cette musique. Année après année, le festival international Dimajazz revient, avec des artistes aussi éclectiques que talentueux, pour illuminer les nuits constantinoises et permettre aux jeunes, qui affluent de toutes les villes de l’Est algérien, de s’amuser, de s’éclater, de décompresser, de découvrir, et d’écouter de la bonne musique et ce, du14 au 21 mai.
Et c’est dans une ambiance de fête que s’est ouvert jeudi dernier, au mythique théâtre de Constantine, le festival Dimajazz. Le groupe français Mardi Brass Band s’est chargé d’animer en début de soirée, à l’extérieur du théâtre, un spectacle de rue. Les 8 musiciens, munis de leurs instruments en cuivre, n’ont pas manqué de groove et de rythme ; en revisitant des standards ou à travers leurs propres compositions, Mardi Brass Band a apporté un peu de soleil et de chaleur, grâce aux sonorités colorées, ce qui contrastait harmonieusement bien avec le temps brumeux. Place ensuite à la cérémonie officielle à l’intérieur du théâtre. Le représentant de la ministre de la Culture, M. Lardjane, le wali de Constantine, Abdelmalek Boudiaf, ainsi que le commissaire de Dimajazz, Zoheir Bouzid, se sont succédé sur scène pour discourir : le premier a félicité l’association Limma et le festival pour son sérieux, le second a promis de construire un opéra à Constantine et le troisième a rendu un hommage au public pour sa présence depuis les débuts de Dimajazz, tout en remerciant ses partenaires, à savoir le ministère de la Culture, l’ambassade des États-Unis, la ville de Grenoble et d’autres sponsors. Place ensuite à la musique ! Alors qu’on attendait Tony Allen, c’est le collectif Mardi Brass Band qui rejoint la scène. La fanfare a encore une fois enflammé l’assistance, par son concept musical assez original : des sonorités jazz, blues, funky et très groovy, et leur look atypique. Et à la fin, un petit cadeau : Dourbiha ya chibani (du terroir algérien) version Mardi Brass Band, et même un bain de foule. Que du bonheur !
Après quelques minutes de pause, apparaît un pianiste complètement habité par sa musique, un trompettiste au look atypique, un saxophoniste très décontracté, un guitariste timbré, un autre plus modéré, un bassiste très appliqué, une choriste  bien jolie et un batteur : Tony Allen… déjà une légende, à Constantine.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça groove. Le plus étonnant, c’est que l’anarchie des musiciens sur scène, à travers notamment leurs danses improvisées, ne s’applique pas sur la musique de Tony Allen. Celle-ci est carrée, cadrée, mais laisse un large champ d’expression aux solistes. En fait, il y a un rythme qui est joué, et sur celui-ci le trompettiste, le saxophoniste, ou encore le bassiste et le guitariste, improvisent ou du moins interprètent une autre partition. Le tout est ponctué par des paroles, en anglais et en dialecte nigérian. Le meilleur pour la fin : le solo de Tony Allen à la batterie qui a littéralement scotché.
La maîtrise, Tony Allen connaît bien, et la musique aussi, puisqu’il a entamé sa carrière dans les années 60. Ce troubadour des temps modernes qui s’illustre dans “l’afrobeat” (rythmes afro) a offert avec ses sept compères, un spectacle riche en sonorités, à telle enseigne qu’on n’arrivait plus à situer sa musique. Tony Allen, c’est un peu de tout ; un mélange de rythmes et de couleurs, qui s’étale sur un continuum. D’autre part, cette première soirée a eu un effet cathartique sur le public constantinois… de plusieurs régions d’Algérie. Relativement jeune, l’assistance qui maîtrisait son sujet a dansé jusque tard dans la nuit. Par ailleurs, rappelons que des master-class sont organisés tous les jours de 10h à 12h. De plus, hier soir, un concert devrait être  animé par le groupe constantinois Sinouj, ainsi que le collectif français Post Image, qui fait de l’ethno-électro-jazz et qui existe depuis quinze années déjà. Les nuits risquent d’être courtes dans la ville des Ponts suspendus, qui manque d’animations et d’activités culturelles. Heureusement que le Dimajazz est là pour y remédier !

Sara Kharfi


Programme

   
Dimanche 17 Mai 2009 :

www.dimajazz.com

 

CommuniquéFermeture prochaine de la Librairie des Beaux-arts

Publié le 10/05/2009 à 12:00 par abdoumenfloyd



Chers amis,

Nous sommes au regret de vous informer que nous sommes mis en demeure de quitter les lieux dans les prochains jours et de restituer la gérance de notre chère Librairie des Beaux-arts aux propriétaires des murs. Durant 4 ans nous y avons mis notre amour des livres, des arts, de la littérature et de la liberté au service d’un public exigeant, toujours en attente de nouveautés, d’ouvrages de fond ou recherchant tout simplement le plaisir de lire.

Nous avons espéré pouvoir fournir les dernières nouveautés, à la demande des particuliers, dès leur parution dans le monde, par la mise en place d’un service express d’importation. Nous en avons été empêchés par des lois scélérates nous exigeant d’augmenter notre capital social à 2 milliards de centimes. Et puis tout dernièrement des directives de la banque centrale nous ont imposé pour chaque livre importé: des certificats phytosanitaires, des certificats d’origine et de conformité, en plus des traditionnels visas des ministères de la culture, de la police et des affaires religieuses !

Comment sortir de ces carcans répressifs et bureaucratiques ? Comment satisfaire la soif inextinguible de cette jeunesse assoiffée de savoir et de liberté ? Comment aider les professionnels à mieux se former et s’informer lorsque de tels verrous sont imposés à la circulation des livres ?

En notre qualité d’éditeurs, nous avons également été bâillonnés, interdits de dépôt légal et donc de publication, éliminés de tous les programmes de subventions et d’aide à l’édition, par ailleurs généreusement octroyés à tant de «professionnels».

Nous quittons La Librairie des Beaux- Arts avec un amer sentiment d’inachevé. Profitons-en aussi pour rappeler à tous les responsables de ce pays que les grandes artères de nos villes sont désertées par les espaces culturels vue l’absence de vision politique dans la gestion culturelle et urbaine et le mépris de l’aspiration naturelle des citoyens à accéder à la liberté d’apprendre, de s’exprimer… et de lire.


Boussad OUADI

P.S. Nous profiterons de ces 2 ou 3 semaines de présence à la librairie pour offrir à nos fidèles clients des livres à prix soldés. C’est notre façon de leur tirer la révérence. A tous merci !


PANORAMA DES CINÉMAS DU MAGHREB--Le «youyou» du 7e art en partage

Publié le 14/04/2009 à 12:00 par abdoumenfloyd



La 4e édition du Panorama des Cinémas du Maghreb se tiendra cette année du 30 avril au 03 mai, toujours au cinéma l’Ecran, à Saint-Denis, en France.

«Le panorama des cinémas du Maghreb propose un rendez-vous annuel pour explorer et tisser des liens avec une cinématographie complexe. Le Panorama a pour vocation de devenir une vitrine du cinéma venant du Maghreb et un événement susceptible d’aider les films présentés à trouver un distributeur sur le territoire français», affirme les organisateurs. L’Algérie sera encore une fois présente à cette manifestation qui se veut, avant tout, rassembler et trouver les points de correspondance entre les différentes sensibilités cinématographiques et ainsi confronter les points de vue et créations sans aucune prétention autre que le partage et l’échange. Nous retrouvons au programme la traditionnelle Carte blanche à l’Association Kaïna cinéma, en présence de sa déléguée générale, Habiba Djanine. L’association Kaïna Cinéma présentera deux des films réalisés dans le cadre de la première promotion de l’atelier Béjaïa Doc, initié en 2007 par Cinéma et Mémoire, son association partenaire en Algérie. Aussi, l’ancien directeur de la cinémathèque algérienne, Boudjema Karèche, animera un Master Class, le 2 mai. Il s’agira de raconter «l’histoire d’un parcours». Autrement dit, comment la Cinémathèque algérienne s’est-elle constituée et imposée sur le plan international? Quels sont ses rapports aux différentes facettes du cinéma, et tout particulièrement à la production nationale? Comment s’est-elle forgée d’une part l’image d’un lieu de formation dans le milieu associatif et professionnel, avec pour objectif premier la formation d’un citoyen cinéphile, et d’autre part celle du fer de lance du cinéma arabe et africain? Avec la passion qu’il nourrit pour le cinéma, la verve et l’humour qu’on lui connaît, Boudjema Karèche (cofondateur et ancien directeur de la Cinémathèque d’Alger durant 36 ans), fera partager au public de Saint-Denis et ailleurs l’univers de son itinéraire singulier. Le réalisateur du documentaire La chine est encore loin (Algérie/ France, 2007), Malek Bensmaïl, récipiendaire récemment d’un prix spécial du jury au Festival méditerranéen de Tétouan (Maroc), ira à la rencontre de son public lors d’une projection suivie d’un débat. Autour du film Les Hors-la-loi (1969), le réalisateur Tewfik Farès sera aussi là pour rencontrer son public. Il sera accompagné du grand comédien de talent Sid-Ahmed Agoumi qui s’est distingué ces dernières années au théâtre sur les planches françaises. Une table ronde qui sera assurément des plus intéressantes est celle qui sera animée le 1er Mai et qui aura pour interrogation: «Peut-on parler d’une relance du cinéma au Maghreb?» Vaste et important sujet auquel tenteront de trouver des réponses Boudjema Karèche,Habib Bel Hedi (exploitant, producteur et distributeur tunisien), Tarik Mounim (président de l’association ´´Sauvons les salles de cinéma au Maroc´´), Hachemi Zertal (producteur et distributeur algérien à Cirta Film) et le cinéaste Malek Bensmaïl. Aussi, hormis deux films longs métrages algériens au programme et certainement deux autres en courts métrages, le menu comprend six films marocains et d’autres tunisiens. Parmi ceux-là on peut relever notamment le documentaire J’ai tant aimé de la délicieuse Dalila Ennadre, le long métrage Les anges de Satan du réalisateur marocain Ahmed Boulane, Un si beau voyage (2008), film franco-tunisien de Khaled Ghorbal, Ouled Nenine (Tunisie / France, 2007) de Nadia El Fenni ou encore Les jardins de Samira (Maroc, 2007) de Latif Lahlou, prix de la meilleure interprétation féminine au récent Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. (Fespaco). Notons que Les jardins de Samira sera projeté à la soirée d’ouverture en présence de son réalisateur. Le film ne manquera certainement pas de susciter beaucoup de réactions au sein des spectateurs en raison de l’audace du sujet abordé, celui d’une femme délaissée et mal aimée par son mari, qui trouve refuge et affection auprès du neveu de son époux....Malgré l’audace de l’histoire car évoquant un drame psychologique très profond pouvant toucher beaucoup de couples dans le monde, et notamment dans les pays arabes, on regrettera les fautes techniques impardonnables qui émaillent ce film. Voir la perche d’une caméra plus d’une fois pendant le film dénote d’un manque flagrant de professionnalisme. Côté spectacle, le panorama des cinémas du Maghreb qui veille au bon déroulement de son événement conçoit toujours des soirées de détente musicale. Cette fois se produira devant la Basilique, le 1er mai, le groupe Origines contrôlées. Un répertoire composé de chansons sur l’immigration algérienne. Ces chants, écrits et composés dans les années 40, 50, 60 et 70 par des poètes musiciens, sont le reflet de l’histoire de l’immigration en France. Les connaître nous aide à mieux découvrir l’identité partagée.
Ce nouveau projet est la continuité de l’expérience 100% Collègues ou motivés de la bande de Hakim et Mouss, deux artistes trublions d’un autre groupe qui n’est autre que Zebda!
Enfin, c’est Djamel Allam qui clôturera en beauté cette 4e édition des Panoramas du Maghreb en présentant son dernier album Le youyou des anges.


O. HIND

Algérie, pays du mal-vivre

Publié le 29/03/2009 à 12:00 par abdoumenfloyd



Par Boualem Sansal:

Ce que je redoutais est arrivé, on me demande mon avis sur l'élection présidentielle du 9 avril. Franchement, j'ai beau chercher, je ne trouve rien à dire. Et puis c'est dangereux de parler, la récréation est terminée, l'heure est à l'alignement. Le président Abdelaziz Bouteflika sera réélu, point à la ligne. Il l'a décidé, c'est réglé.

Que dire d'autre ? Passée la petite formalité du scrutin, il reprendra son sceptre et fera ce qu'il fait depuis toujours. Idem pour les Algériens, ils rangeront leurs convocations et feront ce qu'ils ont toujours fait. La force de l'habitude. Après une huitaine d'élections présidentielles triomphales depuis la naissance de la République algérienne démocratique et populaire en juillet 1962, chacun sait ce qu'il a à faire, tout se passe comme à la poste.

Pour le dire d'une phrase, je reprendrais une formule célèbre du Canard enchaîné à propos de je ne sais quelle réforme de fond engagée par le gouvernement de je ne sais quel dictateur, le deuxième (Houari Boumediene 1965-1978) ou le troisième (Chadli Ben Djedid 1979-1992) : "Le gouvernement fait semblant d'augmenter les salaires et les Algériens font semblant de travailler" et la pasticherais ainsi : "En Algérie, le président autoproclamé fait semblant d'être candidat, et les Algériens font semblant de voter."

Mais cela, avais-je besoin de le dire, même au pôle Nord on le sait. On le sait depuis si longtemps qu'on a sans doute fini par l'oublier. En se pressant la tête, une image pourrait éventuellement surgir. Oui, c'est ça, l'Algérie, Algeria ! Ce pays lointain où il fait si mal vivre ! Mais les souvenirs forcés comme les cadavres qui remontent à la surface, on sait ce que c'est, ils ne disent pas tout. Qui sont ces cadavres putréfiés que dégorgent des charniers de hasard ? Qui sont ces cadavres déchiquetés que Mare Nostrum charrie d'une rive à l'autre comme des déchets industriels, et ces squelettes qui tombent des placards, qui sont-ils, qui les a mis là, pourquoi, quand, comment ?

Et ces pauvres gens qui hurlent dans les caves, qui sont-ils, qu'ont-ils fait ? Car enfin, mal vivre, c'est cela que ça veut dire, des gens qui meurent comme des chiens, et des gens qui les pleurent en cachette, et des gens qui dépérissent à force de vomir. C'est croiser chaque jour dans son quartier ses tortionnaires et les assassins de ses amis et devoir les saluer, ou baisser les yeux pour ne pas les blesser conformément à la loi de Réconciliation nationale. C'est faire semblant de rien et passer sa route.

Mal vivre, c'est ça, avoir honte de soi, de son pays et de l'humanité. C'est ce pays que M. Bouteflika gouverne depuis l'indépendance, comme second couteau de 1962 à 1979, homme de l'ombre de 1980 à 1998, et comme un roi gâteux de 1999 à ce jour, et entend le gouverner jusqu'à sa mort.

On aimerait pouvoir lui demander pourquoi il y a tant de criminels dans son royaume, protégés par la loi, et tant de miséreux et de persécutés qui rasent les murs. Parce que l'affaire est de retour dans l'actualité, je lui demanderais bien ce qu'il compte faire de l'assassin de Me Ali André Mécili, compagnon de M. Aït-Ahmed, abattu de trois balles dans la tête à Paris en avril 1987 ?

Ne le sait-il pas, il s'appelle Abdelmalek Amellou, il coule des jours sereins à Alger, non loin de son palais présidentiel. Pourquoi ne l'a-t-il pas livré à la justice française comme le demande instamment sa veuve, Anne Mécili. Elle ferait son deuil et nous saurions enfin de qui le tueur tenait son ordre de mission et qui, aujourd'hui, vingt-deux ans après, alors que le patron des services secrets de l'époque est décédé depuis trois ans, le protège à son tour ? Mais il y a eu tant de crimes et d'abominations, on ne saurait par quel bout commencer.

La mémoire n'en peut plus. Alors on regarde ailleurs, dans ces pays de violence, de peine et d'impunité du bout du monde, on les connaît mieux, et parler de leurs crimes ne prête pas à conséquence. On pense à la Corée du Nord du dangereux Kim Jong-il, à Cuba des interminables frères Castro, à l'Afghanistan des sanguinaires talibans, la Libye du colonel terroriste Kadhafi, le Soudan d'El-Béchir l'exterminateur, la Birmanie du généralissime sorcier Than Shwe, la Chine du très hermétique Jintao, la Russie du kagébiste Vladimir Poutine, l'Iran de l'atomiste Mahmoud Ahmadinejad, et à ce pauvre Zimbabwe encore et toujours en proie au choléra et à Robert Mugabe. L'Algérie de M. Bouteflika, c'est un peu tout ça : de l'éternité, du thriller quotidien et beaucoup de pétrole dans les rouages.

Mais le problème est-il seulement algérien ? On ne peut pas ne pas se poser la question. Pourquoi et en échange de quoi Sarkozy a-t-il récemment déclaré : "Je préfère Bouteflika aux talibans." Outre président de la France et chanoine de Latran, serait-il aussi grand parrain dans l'Algérie de ces messieurs ? Pourquoi en son temps, en 1999 et 2004, Jacques Chirac a-t-il adoubé Abdelaziz Bouteflika et de cette façon précipitée et ostentatoire alors que le débourrage des urnes n'était pas achevé ? Pourquoi la France officielle aime-t-elle tant nos tyrans ? Comment se fait-il qu'Alexandre Adler, qui n'est pas le dernier analyste de France, trouve tous les charmes au sieur Bouteflika ?

Il a écrit avec beaucoup de lyrisme dans son encre : "Il a cassé l'armée et désarmé les islamistes." Soit, mais le sait-il, le problème n'est pas tant l'armée mais les services secrets, ils sont plus forts que jamais. Ce sont eux les faiseurs de rois, de généraux, de milliardaires, ce sont eux qui animent la machine de la terreur et décident qui doit vivre et qui doit mourir. Les islamistes désarmés ? Soit, mais ils sont plus forts que jamais, ils sont au gouvernement, à l'Assemblée, ils tiennent le bazar, ils ont converti Bouteflika et ses frères, reconquis la télévision, les mosquées, les écoles, et font ce qu'ils veulent de nos rues qu'ils enflamment à coups de bondieuseries et d'appels à la haine. Bouteflika a fait le vide pour faire de la place à son immense mégalomanie, les islamistes l'ont subrepticement occupé et lui gonflent la gandoura comme s'il était le Mahdi (Messie).

Le djihad est ruse, l'islamisme sait attendre. La vraie question est : Que feront-ils lorsqu'ils auront le pouvoir ? MM. Sarkozy, Chirac et Adler le savent-ils ? M. Bouteflika qu'ils soutiennent et encouragent dans ses malversations n'est pas éternel, vu son âge et son état de santé, on peut même avancer qu'il est fini. On ne tardera donc pas à revenir vers eux pour leur poser la question qu'ils ont oublié de se poser : Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? Encore un coup d'Etat, encore une guerre, un autre génocide, des exodes et des sans-papiers à n'en plus finir ?

En attendant, formalisme oblige, il y a la campagne électorale. Le président-candidat-déjà-élu l'a engagée avant l'heure et la mène comme un sultan fatigué visite ses provinces. Il débarque avec sa police et ses chaouchs (huissiers), dit trois mots au petit peuple, distribue de l'argent, chapitre les pouvoirs locaux honnis des indigènes, inaugure deux-trois vieux trucs repeints à neuf, offre un grand couscous aux nécessiteux, et repart tremblant de fièvre. La télé fera le reste, elle est très équipée pour les superproductions. Au journal télévisé de 20 heures, ce sera Barack Obama puissance 2.

Dans la course, le président-candidat-déjà-élu a cinq concurrents. On ne sait rien d'eux. Peut-être sont-ils des artistes engagés pour le film, peut-être sont-ils des gens sérieux. Il y a une trotskiste de vieille date, un islamiste radical, un ancien douanier, un ex-apparatchik à la retraite. C'est toute la modernité qu'on a trouvée pour emballer les jeunes.

A Alger, on les appelle les lièvres. Les poids lourds de l'opposition démocratique se sont mis aux abonnés absents, jouer les lièvres, ils ont déjà donné aux présidentielles de 1999 et 2004.

Et le peuple dans tout ça ? Il fait ce qu'il a toujours fait, il regarde ailleurs. Pour la terrifiante machine électorale du président-candidat-déjà-élu, il est l'ennemi public numéro un. Va-t-il enfin se décider à se mobiliser pour la sainte victoire du 9 avril ? On a beau le courtiser, le mitrailler de SMS comminatoires, lui rappeler les défis extraordinaires qu'il a relevés et gagnés depuis la glorieuse révolution de 1954 et toutes les bonnes prescriptions coraniques, rien n'y fait. Ecoeuré, un ministre a déclaré : "Qu'il vote ou pas, notre président sera réélu."


Boualem Sansal


Boualem Sansal est écrivain algérien, né en 1949, ingénieur et docteur en économie, il a été enseignant, chef d'entreprise et haut fonctionnaire. En 1999, Gallimard publie son premier roman, "Le Serment des barbares", salué par la critique. En 2003, il est limogé pour ses prises de position critiques sur l'arabisation et l'islamisation. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont "Harraga" en 2006 et "Le Village de l'Allemand" en 2008 chez Gallimard.

Tizi Ouzou se démarque--48 000 ouvrages offerts pour encourager la lecture

Publié le 27/01/2009 à 12:00 par abdoumenfloyd
Tizi Ouzou se démarque--48 000 ouvrages offerts pour encourager la lecture

Quelque 48 000 ouvrages ont été distribués à titre gracieux, par la direction de la culture de Tizi Ouzou à diverses institutions et espaces publics au titre de ses efforts de promotion de la lecture. Ce lot d’ouvrages, englobant 991 titres nationaux et étrangers pour les grands et les petits dédiés aux arts, diverses sciences et littérature, est le second en son genre offert par la tutelle en l’espace de deux ans (depuis 2007). Aussi, il a été relevé l’intérêt de certains ouvrages compris dans ce lot et qui sont exclusivement destinés aux non-voyants, qui ont également bénéficié de divers autres moyens pédagogiques, dont des CD.

Nouveau Spectacle de FELLAG: L’humour en bricolant

Publié le 23/11/2008 à 12:00 par abdoumenfloyd
Nouveau Spectacle de FELLAG: L’humour en bricolant
La venue de Fellag à Montpellier, pour son nouveau spectacle, était annoncée depuis plusieurs mois. Et c’est au théâtre municipal Jean Vilar que deux représentations exceptionnelles ont eu lieu au cours de cette semaine, avec à la clé, un public nombreux et ravi d’avoir eu le privilège de décrocher le sésame pour se régaler pendant une heure et demie.

Dans cette nouvelle création, intitulée : Tous les Algériens sont des mécaniciens, Fellag partage la scène avec l’actrice Marianne Epin, qui est aussi sa compagne. L’idée de départ de ce spectacle lui est venue du premier chapitre de son dernier roman L’allumeur des rêves berbères, où l’on découvre que tous les habitants d’une cité populaire d’Alger ont une véritable prédilection pour la mécanique. Dans ce spectacle, qui fait son petit bonhomme de chemin en province avant d’atterrir dans une grande salle parisienne, on fait la connaissance d’un couple d’Algérois, proche de la retraite, qui se nourrit et vit des anecdotes du quartier, en attendant une eau rare et miraculeuse. Salim et Chéhrazade nous introduisent avec délectation dans les mille et un quotidiens de l’Algérien qui n’arrête pas de subir les affres de la nature et de la bureaucratie.

D’emblée, les deux compères nous révèlent que tous leurs amis sont partis s’installer ailleurs, mais eux ont l’Algérie chevillée au corps ; histoire d’aller à contre-courant des clichés en vogue. Salim et Chéhrazade, au bout d’un moment, nous font comprendre que les anecdotes des gens du quartier sont pour eux une manière de rester en vie et de ne pas désespérer d’une situation difficile à tous les niveaux. L’irruption des Chinois dans l’univers des Algérois apporte une nouvelle substance humoristique faite sur la base du rythme de travail et de la performance des uns et des autres, ce qui fait dire à Salim : « Quand ils seront à l’année du cochon, nous on prendra l’année sabbatique ». Et comme les Algérois sont connus pour leur sens de l’humour corrosif, ils ont même fait ressusciter Jésus. Il aurait été vu du côté de la rue Larbi Ben M’hidi, allusion aux débats sur l’évangélisation qui ont touché l’Algérie. Ainsi, beaucoup de quidams sont venus le voir pour lui demander de faire des miracles, sauf un fonctionnaire qui était en arrêt de travail et qui ne voulait pas guérir pour reprendre son travail et profiter d’un repos quasi-éternel. Les autres personnages, qui font des incursions dans le spectacle, sont identifiés par rapport aux marques de voiture qu’ils possèdent. L’identité devient dans la trame de la pièce une identité mécanique, gommant les patronymes et l’appartenance au clan. Dans ce nouveau spectacle, on sent quand même une certaine fébrilité dans le jeu de Fellag, car il avait l’habitude de porter tout seul ses spectacles. Mais là, il prend quelques risques en introduisant un deuxième personnage qui, peut-être, n’a pas la même envergure que lui.

Slimane Aït Sidhoum

"Raconte-moi un livre interdit"

Publié le 29/10/2008 à 12:00 par abdoumenfloyd
"Raconte-moi un livre interdit"

Un chimiste d’El Hadjar amateur de littérature l’avait expliqué ainsi : « Les phrases sont dangereuses parce qu’elles sont composées de mots à la base et que certains d’entre eux provoquent des explosions quand ils sont mis ensemble. » Le Sila (Salon du livre d’Alger) s’est ouvert hier et a déjà fait des victimes : une interdiction, celle du livre de Mohamed Benchicou, un limogeage, celui d’un autre écrivain, Amine Zaoui, directeur de la Bibliothèque nationale, et une déception, celle de Yasmina Khadra, encore un écrivain, qui serait sur le point de quitter la direction du Centre culturel algérien à Paris.

En 2008 donc, soit six siècles après l’invention de l’imprimerie et un an avant l’élection présidentielle, le régime a encore peur des mots. Il préfère les chiffres comme 3e mandat, 100 milliards de dollars de réserves de change ou 1 million de logements. Il n’y a qu’à regarder l’ENTV couper régulièrement le son lors de ses couvertures visuelles d’activités nationales pour comprendre que le régime, sourd, muet et aveugle de naissance, n’aime pas le bruit constitué et les mots qu’il ne contrôle pas.

Qu’est-ce qu’une « phrase assassine » ? Des lettres, signes graphiques représentant des sons, dont la combinaison donne des mots et dont l’agencement fait des phrases. Exemple : « … et Khalida Toumi esprit de la culture, qui a bien besoin d’une femme d’ouverture comme elle », peut donner avec les mêmes mots : « … comme la Khalida Toumi, une femme qui, elle, a bien besoin de culture et d’ouverture d’esprit. »

La chimie est une science neutre de la même façon qu’en arabe « iqra’ » donne « ’arqi » en mettant les lettres à l’envers, le premier faisant référence à la médecine, le second à son contraire, la charlatanerie. Quand le Salon du livre fermera ses portes, il faudra penser à suspendre le livre de la Constitution. De toute façon, personne ne la lit.


Chawki Amari

Amine Zaoui accuse Khalida Toumi de machination

Publié le 29/10/2008 à 12:00 par abdoumenfloyd
Amine Zaoui accuse Khalida Toumi de machination

« Je suis victime d’un complot », c’est en ces mots qu’Amine Zaoui a qualifié, dans ses déclarations, la notification de sa fin de fonction à la tête de la Bibliothèque Nationale.

Contacté par nos soins, l’écrivain et universitaire originaire de Tlemcen qui a présidé ces dernières années, depuis 2002 exactement, aux destinées de la BN d’El-Hamma, n’a pas mis sa langue dans sa poche pour nous parler de ce limogeage qui survient à la veille de l’ouverture du salon international d’Alger. « Cette décision a été prise sur la base de rapports mensongers qui ont été présentés au Président de la République par la tutelle », a dévoilé Amine Zaoui qui ajoute plus loin : « La tutelle, à savoir le département de Khalida Toumi, a monté toute une machination visant ma personne en faisant parvenir des mensonges au Chef de l’Etat concernant l’affaire du livre de Benchicou et la conférence à la BN d’Adonis ».
Ainsi, le désormais ex-directeur de la BN, nous a appris que le département de Khalida Toumi, avec laquelle le courant ne passe plus depuis déjà des mois, l’a accusé de complaisance dans l’impression du livre de Mohamad Benchicou, « Journal d’un homme libre ». En effet, le directeur du Matin avait indiqué qu’Amine Zaoui lui avait délivré le numéro ISBN avant qu’il n’appelle l’imprimerie Mauguin de Blida pour se déjuger.

A ce propos, Amine Zaoui nous a affirmé que la Bibliothèque Nationale n’est ni une « instance de contrôle » ni « un appareil de censure ». « Mohamed Benchicou a obtenu son numéro ISBN comme le prévoit la législation. Il aurait d’ailleurs pu l’obtenir même via internet. C’est vous dire que je n’ai aucun droit de regard sur cette procédure. Chaque écrivain a le droit d’enregistrer son livre à la BN. C’est un droit garanti par la loi dans notre pays », explique-t-il.

Concernant la conférence d’Adonis, organisée à la BN par l’initiative même d’Amin Zaoui, au cours de laquelle le célèbre poète syrien a présenté tout un plaidoyer contre "l’institutionnalisation de l’islam" qui avait provoqué, rappelons-le, une véritable levée de boucliers dont l’Association des ulémas s’était fait le porte-drapeau, Amine Zaoui estime qu’elle a été instrumentalisée par certains cercles rien que pour lui causer du tort.

« Adonis est un grand poète qui a honoré l’Algérie par sa présence. Certains responsables oublient que notre pays est une terre de culture. La Culture est une composante importante de notre identité. Et puis je tiens à vous assurer qu’Adonis n’a jamais proféré d’insultes à l’encontre de l’Islam ou du prophète. Tout ce qui a été colporté par les rapports mensongers de la tutelle est faux et inexact », s’écrie-t-il.

Par ailleurs, notre interlocuteur nous a précisé dans ce sillage qu’il avait lui-même envoyé au Président de la République l’intégralité de la conférence d’Adonis et ce pour faire taire toutes les critiques infondées.

« La vérité est simple. On m’a limogé parce que je dérange », avance encore Amine Zaoui. « Sous ma direction, la Bibliothèque Nationale est devenu un véritable lieu de rayonnement culturel. Et cela a du déranger la tutelle », poursuit-t-il.

Il faut savoir qu’une guerre en sourdine oppose en vérité depuis quelques années déjà, l’écrivain Zaoui et la ministre de la culture Khalida Toumi. Beaucoup de rumeurs ont circulé pour affirmer que Zaoui est pressenti pour succéder à Mme Toumi à la tête du ministère de la Culture d’autant qu’il aurait donné satisfaction dans sa gestion de la BN. Ces rumeurs ont-elles poussé M. Khalida Toumi à vouloir abattre à tout prix la tête d’Amin Zaoui ? « Je n’en sais rien. Posez-lui la question. Moi je sais que ce poste de ministre ne m’as jamais intéressé. J’étais bien dans mon poste. Je suis un homme fait pour les livres et rien d’autre », se défend de son côté l’auteur de « Festin de mensonges ».

Quant aux responsables du ministère de la culture, nous avons fait de notre mieux pour les contacter afin de recueillir leurs réactions suite aux accusations d’Amine Zaoui. Malheureusement, tous nos coups de fils n’ont pas donné de suite. Des sources proches du département de Khalida Toumi, nous ont appris à ce sujet que le porte-parole du ministère ainsi que d’autres cadres sont actuellement en séjour au Koweït.

Soulignons enfin qu’une journée porte fermée a été organisée hier par le personnel de la Bibliothèque nationale en signe de protestation contre cette décision qu’ils jugent « arbitraires ». Il est à signaler également qu’un groupe d’intellectuels et d’artistes est en train d’élaborer une pétition et ce afin d’exprimer sa consternation à la suite de ce limogeage.


www.lemague.net

Ouverture aujourd’hui du sila 2008 : Salon du livre ou bazar islamiste ?

Publié le 27/10/2008 à 12:00 par abdoumenfloyd
Ouverture aujourd’hui du sila 2008 : Salon du livre ou bazar islamiste ?

Ce grand événement a une triple dimension : culturelle bien sûr, mais aussi économique et politico-sociale. Et c’est sans doute cette dernière qui est la plus cruciale.

L’image que véhicule la plus grande manifestation culturelle de l’année – 400 000 visiteurs payants en 2007 – est aujourd’hui déplorable. L’aspect “Salon international” avec ses conférences, son colloque, ses ventes-dédicaces disparaît trop souvent au profit d’une vaste cohue, de couloirs encombrés de cartons, et de la domination absolue de la littérature religieuse, du parascolaire et des ouvrages pratiques. Et ce, sans parler des cas de censure brutale (affaire Benchicou en 2007) ou d’ouvrages de propagande islamiste (lire l’enquête ci-contre) ou même nazie (une traduction de Mein Kampf d’Adolf Hitler en l’occurrence) retrouvés sur les stands.

Cette année, les organisateurs, la puissante agence de communication publique Anep, le Syndicat des éditeurs nationaux Snel, mais aussi les libraires regroupés sous la bannière Aslia promettent une treizième édition débarrassée de ces scories. “Ce sera l’édition de la maturité. Fini la vente en gros au salon, place cette année à trois acteurs seulement : l’auteur, l’éditeur et le lecteur”, a promis Mohamed Boucenna, directeur de l’Anep, lors de la conférence de presse de présentation.

En appui à ces promesses, une application rigoureuse de la réglementation et un train de mesures spécifiques. Parmi celles-ci, deux décisions emblématiques. Primo, l’exclusion du salon des libraires et des importateurs, sauf s’ils représentent une maison d’édition reconnue. Conséquence immédiate, selon Boucenna, cette mesure devrait mettre un terme au spectacle désolant de livres en surabondance, comme les dictionnaires, et présents sur une quinzaine de stands (lire également l’interview en page 4). Cette restriction aux éditeurs et à leurs représentants devrait également permettre un “traçage” plus précis des ouvrages présents au salon, un travail plus efficace de la commission interministérielle de lecture, et une responsabilisation des éditeurs.

Secundo, une limitation des quantités importées, à raison de 100 exemplaires pour les nouveautés, 50 pour les titres de moins de 5 ans et 5 pour les autres. Ces mesures permettront, selon Smaïl Ameziane, représentant la grosse centaine d’éditeurs nationaux présents au salon, et Sid-Ali Sakhri, représentant Aslia, d’augmenter tout à la fois le nombre de nouveautés et d’élargir le spectre des ouvrages importés. Un premier résultat a été atteint en ce sens : 120 000 titres seront exposés cette année, contre 84 000 l’année précédente.

En revanche, on attend 400 exposants représentant 23 pays pour cette édition, soit 7 de moins que l’année dernière (pour 27 pays), alors que les exclusions auraient dû faire baisser ce chiffre. Second bémol, l’attrait économique du salon et ses livres détaxés ont engendré des comportements à la limite de la légalité de la part d’un certain nombre d’opérateurs (lire à ce sujet “Les bonnes affaires du salon” en page 4). On voit mal cesser ces activités, du jour au lendemain, sur simple injonction.
Le Salon du livre a, on le voit, une triple dimension : culturelle bien sûr, mais aussi économique et politico-sociale. Et c’est sans doute cette dernière qui est la plus cruciale. Smaïl Ameziane a tout à fait raison quand il insiste sur l’urgence de “professionnaliser le salon”. Le patron du Snel prévient : “Si l’on ne le fait pas maintenant, il sera trop tard.”
On connaît le triste exemple du Salon du Caire, sans doute la plus grande manifestation littéraire ouverte au public au monde.
Ce salon, malgré les mesures prises par ses organisateurs, est devenu “incontrôlable”. Étals à même le sol, vendeurs ambulants, ouvrages piratés sortis d’imprimeries clandestines, littérature intégriste, la foire qu’est devenu le Salon du Caire, malgré son caractère festif, ne rend pas service à l’écrivain ou à l’intellectuel égyptien. Or, c’est bien de cela qu’il s’agit. Un Salon du livre est censé être un lieu privilégié de rencontres entre des auteurs et leur public, une fête du livre et de la production intellectuelle. À charge pour les organisateurs du Sila de faire oublier les images déplorables du passé – cartons sales, “soldeurs”, littérature islamiste ou de pilon –, à charge également pour les éditeurs nationaux et étrangers de faire leur travail en amenant leurs auteurs, en organisant des évènements crédibles et à l’heure dite, à charge enfin pour les auteurs d’écrire des livres qui racontent et rencontrent la société d’aujourd’hui. Cela fait peut-être beaucoup. Mais il faut se souvenir que le public, notamment les jeunes, les auteurs et les éditeurs nationaux seront les premiers bénéficiaires de ce “retour au livre”. Et qu’il en va non seulement de l’avenir du pays, mais aussi de son prestige et de son rayonnement actuel.

R. A.
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