ASSASSINATS
Posté le 22.04.2008 par abdoumenfloyd
Photo en hommage aux enfants du printemps noir
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Posté le 21.04.2008 par abdoumenfloyd
Photo en hommage aux enfants du printemps noir
Posté le 21.04.2008 par abdoumenfloyd
Photo en hommage aux enfants du printemps noir
Posté le 08.04.2008 par abdoumenfloyd
Je dirai d’abord qu’il ne s’agit pas d’un problème spécifiquement kabyle. La population de Kabylie fait partie d’un ensemble qui s’étend d’un bout à l’autre de l’Algérie et du grand peuple berbère dont l’histoire remonte à la plus haute antiquité.
Les Berbères s’appellent d’ailleurs “Imazighen” ce qui veut dire “Hommes libres”. Il y a dans cette définition tout un programme politique.
Les Imazighen sont d’abord et avant tout fondamentalement attachés à la démocratie : voilà pour la dimension historique et politique du problème.
Question : Il s’agit donc d’une question de langage ?
Maître A. Mecili : Les Berbères à travers la défense d’une forme de langage défendent des institutions démocratiques qui remontent à la plus haute antiquité.
Question : Est-ce que ces manifestations risquent de s’étendre à d’autres régions de l’Algérie ?
Maître A. Mecili : Ces événements se sont déjà étendus puisqu’il y a eu des motions de soutien qui ont été votées dans diverses universités. Les régions arabophones situées en dehors de la zone berbérophone de Kabylie ont également réagi positivement puisque l’université d’Oran, qui se trouve à l’extrême ouest de l’Algérie, a affirmé sa solidarité pleine et entière avec l’Université de Tizi-ouzou en lutte.
Il y a eu des manifestations à Sidi-Belabas, à Batna, vous voyez donc que le mouvement tend à prendre une ampleur qui n’est pas simplement régionale, mais qui devient nationale pour que les Algériens puissent exercer effectivement leur droit à l’autodétermination.
Posté le 08.04.2008 par abdoumenfloyd
Photos prises par www.lemaghrebin.com le 6 avril 2008 lors de la commémoration, à Paris, du 21ème anniversaire de l'assassinat de Ali Mecili.
Posté le 23.03.2008 par abdoumenfloyd
Cela fera bientôt dix ans que Lounès Matoub, le célèbre chanteur kabyle, a été assassiné dans un attentat sur une petite route de Kabylie, le 25 juin 1998. A l’époque, les autorités algériennes avaient attribué sans l’ombre d’un doute l’assassinat aux GIA, un groupe terroriste très infiltré par les services de renseignements. Une version aussitôt contestée en Kabylie même, où le public avait attribué au pouvoir le meurtre d’un symbole de la culture et des revendications berbères.
Aucun procès. Quelle que soit la vérité et aussi étonnant que cela puisse paraître, aucun procès n’a eu lieu. Aujourd’hui, excédée par cette attente interminable, la famille du chanteur, comme celle du principal présumé assassin, demande que justice puisse enfin se faire.
Début février, Nadia Matoub, la veuve du chanteur, a fait le voyage à Tizi-Ouzou pour faire le point sur le dossier. Le 3 février, elle a rencontré les représentants du parquet au tribunal de Tizi-Ouzou avec son avocat, Me Salah Hannoun. «Ils m’ont confirmé que le dossier était clos et la procédure terminée. Mais lorsque je leur ai demandé quand aurait lieu le procès, ils m’ont dit qu’aucune date n’était prévue. Et lorsque j’ai demandé pourquoi, ils m’ont dit: “C’est un dossier sensible, il faut une décision politique. «Pour moi, c’est clair. Il y a une volonté de ne rien faire par rapport au dossier de Lounès Matoub.»
Le pouvoir, échaudé par les émeutes de 2001 en Kabylie, a donc choisi la stratégie de l’autruche.
Sur les conseils de son avocat, Nadia Matoub a porté plainte et s’est constitué partie civile pour tentative d’assassinat sur elle et ses sœurs, Farida et Warda. Elles avaient en effet été blessées dans l’attentat. Le 19 février, le parquet a répondu sous la forme d’une ordonnance rejetant sa plainte au motif qu’on ne peut se constituer partie civile deux fois pour la même affaire. L’argument est spécieux car Nadia et ses sœurs ne sont citées que comme témoins dans l’instruction sur la mort du chanteur. Nadia Matoub a aussitôt fait appel et une nouvelle décision de justice doit être rendue dans les prochaines semaines.
Dès le début, l’enquête s’est révélée quasi-impossible. Le juge n’a jamais auditionné Nadia et ses sœurs. L’une des sœurs de Nadia Matoub a beau avoir identifié l’un des agresseurs, il ne fait pas partie de la liste des dix présumés assassins rendue publique en décembre 2000. Le premier d’entre eux, Malek Medjnoun, 37 ans, est détenu sans jugement depuis maintenant huit ans. Enlevé en septembre 1999, détenu au secret pendant huit mois et torturé selon ses dires, ce dernier n’a été présenté au juge d’instruction de Tizi-Ouzou qu’en mai 2000. Son oncle, qui vit en France, dénonce un «déni de justice flagrant» et le présente comme un «bouc émissaire idéal». Toute l’accusation contre Malek Medjnoun repose sur le témoignage d’un terroriste islamiste repenti, Abdelkrim Chenoui, lui-même emprisonné : ce dernier s’est rétracté, assurant avoir passé des aveux sous la torture, puis a réitéré ses accusations… avant de disparaître opportunément de la liste des suspects. Présenté par les autorités comme un ancien terroriste, Medjnoun, qui a purgé trois ans en prison de 1993 à 1996, assure avoir passé la journée du 25 juin 1998, chez un commerçant, alors que l’attentat a été commis à 13 h 30. Sa famille et ses avocats affirment faire l’objet de menaces et de pressions de la part des services de sécurité pour qu’il avoue sa culpabilité.
Sans effet. Alors que la loi algérienne limite à quarante-quatre mois la détention préventive, le cas de Medjnoun a déjà valu à Alger une condamnation du Comité des droits de l’homme des Nations unies en 2006.
Sans effet. Nadia Matoub, sans se prononcer sur la culpabilité ou pas de Malik Medjnoun, dit avoir «confiance dans la justice pour faire éclater la vérité». Quant à Malika Matoub, la sœur du chanteur, elle dénonce une instruction «cousue de fil blanc» destinée à protéger les vrais coupables.
Posté le 23.03.2008 par abdoumenfloyd
Des émeutes ont éclaté mercredi 19 mars dans la commune de Berriane située a située à 40 km du chef-lieu de la wilaya de Ghardaia, a indiqué un communiqué de la fédération du FFS de Ghardaia.
A l'origine des événements, un jet de pétards dans une maison suivi d’un échange de jets de pierres. Au fil du temps, les événements connaissent des développements dangereux. L’aggravation de la situation est due essentiellement à l’absence de intervention des services de sécurité. Pourtant, les émeutes se sont déroulées au niveau de la route nationale 1, à quelques mètres de la brigade de la gendarmerie nationale.
Profitant de l’absence des services de sécurité, certaines parties occultes ont transformé les émeutes en affrontements entre deux communautés. Les aventuriers ont réussi à opposer les jeunes mozabites aux jeunes chaâmbas. Avec une telle instrumentalisation, les événements ont vite connu une extension et pris une dimension dangereuse. Ainsi, des magasins ont été incendiés et des domiciles violés et pillés. L’absence des services de sécurité et des autorités locales ont rendu vains les efforts consentis par les élus locaux pour rétablir le calme. Par ailleurs, les brigades antiémeutes ne sont intervenues que six heures après le déclenchement des événements.
Le jeudi 20 mars, la ville connaît un retour au calme…qui n’a pas duré longtemps. En effet, à 10h00 les événements reprennent de nouveau. « Les autorités n’ont pas mis en place un plan pour maîtriser la situation », constatent les militants du FFS.
La situation s’est détériorée. Des tirs à arme à feu au quartier Kef Hamouda ont fait un mort (Laaskar Ali, jeune de 30 ans ) et plusieurs blessés par balles.
Posté le 18.03.2008 par abdoumenfloyd
Vous venez de déposer plainte 10 ans après l’attentat qui vous a ciblé et qui a coûté la vie à votre époux Lounès Matoub. De quoi s’agit-il ?
Nous venons de procéder à un dépôt de plainte, avec mon avocat-conseil Maître Hanoune, pour tentative d’assassinat sur ma personne et sur celles de mes soeurs Warda et Farida, avec constitution de partie-civile devant le doyen des juges d’instruction près le tribunal de Tizi-Ouzou. Il s’agit de revenir sur les événements tragiques qui ont coûté la vie à mon époux Lwennas Matoub à la date du 25 juin 1998.
Début février, je me suis rendu avec mon avocat- conseil au parquet général de Tizi-Ouzou pour me renseigner sur l’état d’avancement du dossier de l’affaire Matoub, dix ans après. Nous avons été reçus par deux représentants du parquet général qui nous ont déclaré la clôture du dossier. A ma question sur la fixation d’une éventuelle date pour la tenue d’un procès, réponse a été donnée qu’aucune date n’avait été prévue dans cette affaire. Il a été invoqué des raisons intervenant « autour» de ce dossier que les représentants du parquet général estiment «sensible et délicat». Ils attendent sans doute une décision politique.
Je déplore donc les lenteurs de la justice, sans parler des failles de l’instruction et du défaut de publication des éléments d’information. Le 19 février, notre demande a fait l’objet d’une décision de rejet au motif qu’on ne peut pas se porter partie civile deux fois, car nous l’étions déjà dans le dossier de l’affaire Lwennas Matoub. Or, il s’agit de deux approches juridiques différentes.
En effet, l’instruction initiale engagée en 1998 n’a pas porté sur la tentative d’assassinat sur ma personne et celle de mes soeurs Warda et Farida. Suite à cette décision, Maître Hanoune a fait appel devant la chambre d’accusation près la cour de Tizi- Ouzou en vue d’exposer nos moyens de droit motivant notre constitution en tant que partie civile. Le dossier d’appel a été transmis au parquet général. Nous attendons qu’une date soit fixée pour que la chambre d’accusation statue sur notre appel.
Pourquoi avoir attendu si longtemps ?
J’ai été laissée pour morte. J’ai subi des séquelles graves, physiques et psychologiques. Durant des années, et jusqu’à nos jours, ce lâche attentat remue, de jour comme de nuit, mon corps et mon esprit.
Mes soeurs Warda et Farida, qui avaient subi le même déluge de feu, vivent toujours avec ce même traumatisme. Un traumatisme que le temps n’arrive pas à atténuer, la douleur étant toujours vivace, pour elles comme pour moi.
Le 25 juin 1998, j’ai perdu mon mari. C’est une épreuve que le temps ne pourra peut- être jamais atténuer. Malgré cela, tout de suite après cette tragédie, j’ai dû faire face à d’épouvantables rumeurs visant à me discréditer et à me déstabiliser, pour des desseins que l’épreuve du temps a fini par identifier. Cela ne m’a pas empêchée de faire mon devoir dès le début avec toute la force dont je disposais.
Aujourd’hui, presque dix ans après, je tente d’avoir une approche pragmatique, avec toute la lucidité politique et humaine qu’exige cette situation. Je suis bien résolue à continuer à me battre pour la vérité. Depuis des années que je recherche un moyen de relancer sérieusement l’affaire Lounès, et sur le conseil avisé de Maître Hanoune, on a porté plainte pour tentative d’assassinat sur mes soeurs et sur ma personne. C’est une voie parmi tant d’autres. Toutes les autres seront explorées, le moment venu. Une chose est certaine : il ne faudra pas compter sur moi pour cautionner la politique de l’amnésie et de l’impunité. Lwennas a été assassiné car il portait et défendait des valeurs de démocratie, de modernité. Comme il le disait souvent, sa vie était faite combat ! Ses valeurs sont toujours miennes.
Au- delà de mon profond attachement à l’homme généreux qu’il était, je continue à vivre dans le sillage de ce que le militant a laissé en moi : ne pas baisser les bras pour ses engagements de vie, être toujours du côté de la vérité. Comme il l’a toujours fait au détriment de sa vie. La Kabylie et tous les militants de la démocratie ne doivent pas perdre cela de vue.
Quelle appréciation portez-vous sur le traitement judiciaire de ce qui est devenu « l’affaire Matoub » ?
Je ne sais pas vraiment si on peut parler d’un traitement judiciaire au juste dans cette affaire qui me tient à coeur, du moins pas depuis plusieurs années. Je déplore les lenteurs de la justice à manifester la vérité sur l’assassinat de Lwennas.Une justice inféodée au pouvoir politique. Une justice qui consacre l’impunité, telle que déclarée par le président Bouteflika. Tant que le procès n’a pas eu lieu, je continuerai à dénoncer cet état de fait. Car le devoir de mémoire passe toujours par le devoir de justice. Donc, encore et toujours, devoir de mémoire, devoir de justice et devoir de vérité sont les maximes qui guident ma vie.
Comment vous avez vécu les calomnies dont vous avez été victime ?
J’ai très mal vécu toutes ces rumeurs infâmes à mon propos à un moment où je devais faire un travail considérable sur moi-même pour surmonter cette tragédie et faire mon deuil. Cette campagne orchestrée par des cercles identifiés, faite de rumeurs, à un moment où je sortais à peine de l’hôpital est d’une lâcheté extrême.
Ils ont choisi le moment où j’étais totalement désarmée pour m’attaquer de toutes parts et de la manière la plus vile. Ceci n’était pas une nouveauté en soi, puisque Lwennas avait lui-même beaucoup souffert de la rumeur. Il disait dans son livre «Le Rebelle» : «la rumeur est abjecte ; elle tue.» La rumeur, un cheval de bataille utilisé pour déstabiliser les personnes honnêtes et sensibles pour qu’elles perdent pied.
Malheureusement pour les uns et les autres, ces épreuves n’ont fait que renforcer ma détermination à aller de l’avant en exigeant toute la vérité sur l’assassinat de Lwennas et en faisant en sorte que son combat continue à germer.
D’aucuns pensent que les émeutes qui ont suivi l’assassinat de Matoub ont été une répétition générale de la révolte de 2001. Partagezvous ce point de vue?
Absolument. Je dirais même que la violence de la révolte de 2001 est l’une des conséquences de l’assassinat de Lwennas et de l’impunité dont ont bénéficié les criminels. La Kabylie a souvent été agressée politiquement et militairement. Le déni d’identité, consacré par l’arabo - islamisme du pouvoir, et l’utilisation de la répression pour étouffer ses légitimes revendications politico-identitaires ne pouvaient laisser les jeunes Kabyles insensibles.
La consécration de l’impunité dans la gestion du dossier de l’assassinat de Lwennas, compilée à l’assassinat des 123 jeunes Kabyles ne pouvaient laisser insensibles toutes celles et tous ceux qui rêvent d’un autre présent et d’un autre avenir.
De son vivant Lwennas a été une icône vivante, un chanteur adulé et un militant clairvoyant, au regard lucide. Les jeunes l’aimaient pour ce qu’il était, pour le fait qu’il soit entier, sensible, écorché, vrai. Sa perte est vécue comme une douleur humaine, mais surtout comme la perte d’un repère. C’est cette violence qui ne fut pas admise. C’est cela qui fut rejeté lors des manifestations ayant suivi son assassinat. C’est cette violence qui fut annonciatrice de celles qu’allait subir la Kabylie en 2001, avec des formes de lutte différentes; avec des résultats politiques différents, mais avec de lourdes conséquences sur l’avenir de la Kabylie.
Comment vous envisagez l’avenir, surtout que reprendre le flambeau n’est pas du tout facile ?
Je tente de tirer les leçons du passé, notamment tout ce qui entoure la mort de cet être exceptionnel qu’est Lwennas Matoub. Ce n’est pas seulement au passé que j’en parle, car il est toujours l’emblème vivant des luttes contre toutes les formes d’oppression. Son message est universel et se fait reconnaître comme tel dans beaucoup d’autres pays. Il vaut aussi bien pour les Kabyles que pour tous les autres hommes. Tous ceux qui s’insurgent contre l’ordre établi pour affirmer des valeurs différentes et meilleures sont dans la continuité du combat de Lwennas Matoub. Il nous a transmis à tous le flambeau qu’il a reçu. La grande question c’est de savoir si nous autres sommes à la hauteur de son combat et de son sacrifice.
A mon modeste niveau, le devoir de justice, de mémoire et de vérité fait partie intégrante de ma vie. Une vie qui puise beaucoup de son sens de ce qui faisait la kabylité de Lwennas : vérité, intégrité, générosité, respect, tolérance, persévérance… Tout un projet de vie !
Propos recueillis par Merhab Mahiout, Le Courrier d'Algérie
Posté le 07.03.2008 par abdoumenfloyd
A quelques mois du dixième anniversaire de l'assassinat du chanteur Matoub Lounès, une nouvelle révélation vient corser davantage le dossier. Selon l’épouse du défunt artiste, Nadia Matoub,le pouvoir algérien a décidé de clore l’affaire et de renoncer à programmer un quelconque procès.
« Début février, je me suis rendue sur les lieux du crime , et me suis recueillie sur la tombe de Lounès à Taourirt Moussa. Je me suis présenté ensuite au parquet de Tizi-Ouzou pour m’informer de l'état d'avancement de la procédure judiciaire concernant l'assassinat de Lounès, évènement qui date quand même du 25 juin 1998.J'y ai été reçue, en compagnie de mon avocat maitre Hannoun, par deux représentants du parquet de Tizi-Ouzou qui m’ont tout simplement répondu que l'affaire était close et qu’aucun procès n’était prévu pour cette année ni pour les prochaines années. Ayant demandé le motif de cette grave décision, ils m’ont alors signifié que le dossier était sensible et qu’il ne dépendait pas de l’autorité judiciaire.»
C’est la première fois que l’instance judiciaire affirme avoir clos l’affaire Matoub Lounès.
le procès de l’assassinat du chanteur avait été maintes fois annoncé mais jamais tenu.
Une grande controverse entoure l’affaire. Des proches de l’artiste refusent de croire à la version officielle qui attribue le crime à des éléments du GIA. Ils soupçonnent que Matoub Lounès a été tué par le pouvoir pour à des fins politiciennes.
Nadia Matoub qui tient à « dénoncer ce blocage et cette rétention d'informations » annonce également avoir, début février, vainement essayé de relancer le dossier en déposant plainte auprès du Doyen des Juges d'instruction au tribunal de Tizi-Ouzou pour tentative d'assassinat sur sa personne et sur celle de ses deux soeurs Warda et Farida. Les trois femmes accompagnaient le chanteur le jour de son assassinat.
Ce dépôt de plainte s’est fait avec constitution de partie civile à la date du 3 fevrier 2008.
« Mais le 19 fevrier, ajoute Mme Matoub, notre demande a fait rejetée au motif qu'on ne peut pas se porter partie civile deux fois, car nous l'étions déjà dans l'affaire Matoub Lounès.Or, il n'est pas exact que ce soit le cas .En effet, l'instruction n'a jamais porté sur la tentative d'assassinat concernant ma personne et celle de mes soeurs .Nous n'avons été entendues en seule qualité de témoins. »
Nadia Matoub annonce ne pas en rester là et affirme qu’elle a fait appel de ce rejet dans les formes légales, devant la Chambre d'Accusation près la Cour de Tizi-Ouzou.
« Je reste absolument persuadée de mon droit de porter plainte pour tentative d'assassinat sur ma personne puisque c'est bien vrai que j'ai été victime de coups de feu ayant entrainé des bléssures graves. De plus c'est le seul moyen légal qu'on ait trouvé pour faire éclater la vérité sur l'assassinat de mon mari. La justice algérienne a l'obligation et le devoir de manifester toute la vérité sur cette triste affaire » conclut Nadia Matoub.
Lahbib K.
Posté le 04.03.2008 par abdoumenfloyd
Par François Gèze (Editeur), www.rue89.com
Dans cette “confession”, recueillie en 1993 par Monika Bergmann, Saïd Mekbel, directeur du quotidien algérien Le Matin, assassiné “par des islamistes” un an plus tard, explique pourquoi il est convaincu que les meurtres d'intellectuels attribués aux GIA étaient commandités par le général “Tewfik” Médiène. Et il dit sa conviction que s'il est tué à son tour, ce sera sur son ordre.
C’est le cœur serré que l’on referme, après l’avoir lu, “Saïd Mekbel, une mort à la lettre”, le livre d’entretiens entre Saïd Mekbel et Monika Borgmann. Journaliste algérien, le premier était le directeur du quotidien Le Matin, jusqu’à son assassinat, par deux balles dans la tête, le 3 décembre 1994, “par des islamistes”. La seconde est une journaliste allemande, qui s’était rendue en Algérie il y a quatorze ans, fin 1993, pour tenter de comprendre comment certains intellectuels algériens résistaient alors à la vague d’assassinats de leurs pairs, attribués aux islamistes, et “pourquoi ils restaient en Algérie alors que d’autres quittaient le pays”. Elle obtint alors de Mekbel trois entretiens approfondis, où celui-ci, par la grâce d’une mystérieuse empathie, confia à la journaliste allemande des secrets qu’il n’avait jamais révélés auparavant, même à sa famille.
Un témoignage majeur sur le début des “années de sang”
Pendant des années, “peut-être trop longtemps”, dit-elle, Monika Borgmann n’a pas voulu rendre public ce “testament”, se demandant si elle “avait le droit de le publier”. Son propre parcours de réalisatrice de documentaires engagés au Liban l’a fait changer d’avis, la convainquant “de l’importance de 'raconter l’histoire', […] surtout quand il s’agit de pays qui ont fait le choix de réagir à tant d’années de violence, à tant de massacres, d’assassinats et de disparitions, par l’adoption de lois d’amnistie coupant court à toute recherche de vérité”.
De fait, on peut regretter que ce témoignage majeur sur le début des “années de sang” en Algérie n’ait pu être rendu public plus tôt. Il aurait peut-être contribué à éviter le terrible aveuglement de la majorité des médias internationaux sur la réalité de la “sale guerre” déclenchée en janvier 1992 par les généraux algériens, suite à leur coup d’Etat annulant la victoire électorale du Front islamique du salut (FIS) aux élections législatives de décembre 1991.
Il faut dire que le paradoxe est vertigineux, car le journal de Saïd Mekbel, journaliste chevronné (il avait fait ses classes à l’Alger républicain d’Henri Alleg, après l’indépendance de 1962), était alors à la pointe du combat des “éradicateurs” algériens: ces intellectuels laïques, le plus souvent sincères, avaient fait le choix de soutenir sans réserve l’entreprise d’éradication des partisans de l’islam politique, en fermant les yeux sur les terribles exactions des “forces de sécurité” pour parvenir à leur but -torture généralisée, exécutions extrajudiciaires, disparitions.
“En haut, il y a des gens qui font tuer par pédagogie”
Et pourtant, au-delà des contradictions et des fulgurances de ce témoignage, son fil rouge, répété de façon obsessionnelle, est la mise en cause par Saïd Mekbel de la thèse officielle attribuant aux islamistes les assassinats en série qui frappaient l’intelligentsia algérienne depuis le printemps 1993:
“Il y a un projet pour liquider cette frange de la population, [parce qu’elle] sait ce que signifie la République, ce que signifie une démocratie” (p. 29); “On veut tuer ceux qui détiennent l’héritage de la civilisation universelle” (p. 30); “Il y a un cerveau quelque part qui choisit. Peut-être que les exécutants, ceux qui tuent, sont recrutés parmi les petits tueurs islamistes, chez les intégristes. Mais moi, je pense qu’en haut, il y a des gens qui choisissent. Ces choix sont faits très froidement” (p. 34); “Au début, je me disais que c’étaient les intégristes qui tuaient. C’était facile. […] Mais maintenant, je suis persuadé qu’il y a des gens qui font tuer un peu par pédagogie!” (pp. 37-38); “Si on me tue, je sais très bien qui va me tuer. Ce ne sont pas des islamistes. C’est une partie de ceux qui sont dans le pouvoir et qui y sont toujours. Pourquoi? […] C’est que je suis le seul responsable d’un journal qui n’a jamais travaillé pour le régime” (p. 74).
“Quelqu’un qui nous connaît tous”
Et cet opposant de toujours, arrêté et torturé par la sécurité militaire en 1967, qui s’était interdit de publier quoi que ce soit entre 1965 et 1988, date de l’”ouverture démocratique”, révèle enfin à Monika Borgmann sa conviction, nourrie d’une connaissance intime du système de pouvoir algérien. Ainsi, selon lui, le commanditaire de ces crimes d’intellectuels, “c’est quelqu’un qui nous connaît tous”:
“Il a géré leurs carrières, leurs fichiers, leur vie, leurs diplômes, etc.” (p. 100).
La journaliste allemande lui demande alors:
“C’est quelqu’un de l’armée? Je te demande ça parce que Khalida Messaoudi a rendu Toufik responsable.”
Il répond:
“C’est ça, c’est lui. […] Son nom est [Mohamed] Médiène. […] Quand j’ai découvert ça, j’ai essayé de rassembler, de faire le puzzle. […] Ce qui est terrible chez cet homme-là, c’est qu’il semble être l’auteur d’une théorie qui affirme que certains pays doivent sacrifier leur élite à un moment donné de leur histoire. […] Et selon cette théorie, il faut commettre des actes choquants pour réveiller les masses, pour réveiller la conscience, la société civile. […] C’est un terrorisme pédagogique.” (p. 100-104)
Début 2008, le général Mohamed Médiène, chef inamovible des services secrets de l’armée (le DRS) depuis 1990, reste le vrai patron d’une Algérie où la majorité de la population est plongée dans la misère, malgré la manne des pétrodollars accaparée par lui-même et ses pairs. Certains contestent toutefois de plus en plus ouvertement sa puissance, au prix d’une nouvelle “lutte de clans” par terrorisme islamiste interposé. Tous ceux qui n’ont pas renoncé à comprendre ce drame toujours actuel doivent impérativement lire ce livre bouleversant.
* Saïd Mekbel, une mort à la lettre, de Monika Borgmann – Téraèdre/Dar al-Jadeed, Paris/Beyrouth, 2008 – 141 pp., 15€.