
"Si l'on ne peut soudoyer les mécontents pour qu'ils taisent leurs revendications, il faut les empêcher de s'organiser; s'ils le sont déjà ou arrivent à le faire, il faut les allécher pour les prendre dans la "toile de soumission au système"; si l'on ne peut les capter ou, comme on dit, les "normaliser", il faut provoquer des divisions entre eux afin de faire imploser leurs organisations; si l'on n'y arrive pas, il faut les provoquer pour qu'ils entrent en action, qui ne peut être qualifiée que d'illégale et pouvoir ainsi les réprimer, en emprisonner les leaders, les casser et poursuivre tranquillement notre mission à la tête de ce pays!". Telle semble être, à travers toutes les luttes citoyennes, syndicales et démocratiques qui éclosent de plus en plus, la logique qui préside à l'action délibérée du Pouvoir de la réconciliation avec les terroristes islamistes qui régente le pays face au mécontentement, au désenchantement et à la paupérisation de plus en plus massifs des Algériens/ennes.
Sinon, comment lire par exemple ses promesses à plus d'emploi, pour les jeunes notamment, quand il se refuse à tout investissement productif national structurant et joue à l'aveugle devant toutes les contraintes bureaucratiques et les pratiques de corruption qui rongent ses institutions et qui dissuadent plus d'un entrepreneur national à investir utile et durablement pour le pays? Comment lire son laxisme devant la gabegie qui caractérise le secteur public en charge de l'agriculture et le sinistre de cette dernière qui affaiblit notre pays au point où il se trouve quasiment désarmé devant l'actuelle crise alimentaire mondiale? Comment lire la médiocrité qui s'est encore développée dans la gestion des affaires publiques (Santé, Education, Fiscalité, Administrations, etc.)? Comment lire le maintien d'un état d'urgence dont les dispositions ne semblent être appliquées que contre les citoyens en lutte pour leur dignité et les forces démocratiques, les intégristes religieux porteurs du projet théocratique menaçant pour le pays étant, eux, à côté des gros "trabendistes", parmi les premiers bénéficiaires de la situation créée par la politique de ce Pouvoir ?
Comment lire ses incessants piétinements des lois de la République qui se traduisent, entre autres, par sa non reconnaissance de fait des dispositions positives de la Constitution et sa volonté de plus en plus avérée de les supprimer dans le cadre d'une soi-disant révision constitutionnelle, par son refus crâneur de reconnaître les syndicats autonomes dont nous saluons le courage et la persévérance dans la lutte, par son ingérence inqualifiable dans la désignation de la Direction de l'UGTA, qui lui est pourtant acquise corps et âme? Comment lire son action contre les cadres des entreprises nationales, notamment de Sonatrach et particulièrement de sa Division AVAL si ce n'est pour déstabiliser encore ce secteur stratégique de notre économie et de notre souveraineté? Comment lire, dans cette optique, l'accord donné pour l'ouverture d'un Bureau du FBI (en charge pourtant des seules affaires intérieures américaines) à Alger ?
Comment lire le traitement policier répressif qu'il réserve aux harragas qui échappent à la noyade? Comment lire tout cela et autres aspects non énoncés ici si ce n'est que le Système d'abord, et le Pouvoir qui l'incarne depuis une décennie ensuite, se refusent délibérément à mettre en œuvre une politique de salut national, à même de relancer le développement, de développer l'emploi, de répartir équitablement la richesse national, d'améliorer la qualité des divers aspects de la vie des citoyens/ennes, d'émanciper les libertés démocratiques et de mobiliser le pays pour le faire sortir de la crise multidimensionnelle qui le mine? C'est que jamais rupture entre gouvernants et gouvernés n'a été aussi nette; et jamais décennie n'a été autant porteuse de reculs, de dégradations, de retour aux archaïsmes et de détresse pour notre peuple, pour notre pays et pour ses institutions!
Comment alors, dans ces conditions, oser prétendre à un énième mandat présidentiel? En d'autres termes, où sont aujourd'hui "l'Honneur et la Dignité" (el-izza wal karama) promis aux Algériens/ennes pour espérer leur soutien pour un 3ème mandat? Heureux encore devraient être les soutiens de Bouteflika que notre société n'aient pas encore fait émerger les conditions à même de destituer démocratiquement un Président avant la fin de son mandat pour raison de conflits d'intérêts et/ou de mauvaise gestion des affaires et des intérêts suprêmes du pays.
IL FAUT QUE ÇA CHANGE !
Le blocage est dans le Système rentier bureaucratique corrompu et parasitaire, son pouvoir et ses institutions. Ce Système est arrivé à ses extrêmes limites et aucune évolution positive n'est plus à espérer avec lui. Et son blason ne pourra être redoré ni par les kermesses de soutien qu'animent ses partisans, ni par les condamnations tonitruantes de certains cercles et partis dits démocratiques qui apportent de l'eau à son moulin et légitiment ses institutions croupions en acceptant de cautionner les mascarades électorales qu'il organise en y participant et en trompant ainsi la société sur leur crédibilité (n'est-ce pas, Hocine Ali et son MDS frelaté?).
IL FAUT QUE TOUT CHANGE !
Renforçons nos organisations et ouvrons résolument le chantier politique décisif pour un vrai changement démocratique pour sauver notre pays du désordre général actuel et du risque de sa transformation en chaos ouvert!
"Par la lutte, l'Homme forge sa dignité. Toutes les fois que l'opprimé lutte, son humanité prend une dimension nouvelle; s'il renonce à la lutte, il renonce à une part de son humanité" ! (Abdelhamid Benhedouga, "Djazya et les derviches", 1982)
Fédération d’Oran du MDS
Que pensez-vous de cette "perle" de l'inénarrable Hakim Lâalam pour qui, tout ce qu'on dit sur la maffia au pouvoir n'est que mensonge. Et pour cela, il se réfère à ses "amis" français:
"Michèle Alliot-Marie a déclaré aux confrères d’ El Watan : «Nous avons besoin de l’expérience et de l’expertise des services de sécurité algériens en matière de lutte contre le terrorisme.» Ça fait plaisir d’entendre Madame la ministre de l’intérieur dire des choses pareilles. Ça fait plaisir, et dans le même temps, ça fait tout de même bizarre. Sans vouloir jouer au fouillepoubelle, à l’«exhumateur» de cadavres, j’ai pourtant souvenir de déclarations d’officiels, de hauts responsables et de ministres français qui ne s’embarrassaient pas de formules pour qualifier les flics et les militaires algériens de «tortionnaires, de liquidateurs en masse d’une opposition armée et de barbouzes assoiffées du sang des combattants islamistes». J’ai aussi le souvenir que le moindre bâtiment, la plus infime des casernes de quartier était soupçonnée d’abriter un centre de torture où des bandes sadiques de militaires et policiers algériens s’amusaient à couper les doigts et les roubignolles des pauvres tangos au sécateur et à la pince-crocodile. A cette époque de la «junte militaire génocidaire du rêve djihadiste», nous étions tous, publiquement, sur des plateaux télé qui réunissaient des audimats à plus de 35% de parts de marché accusés de cacher la vérité sur le massacre des «éléments armés» du GIA et du GSPC par une armée sans foi ni loi. A cette époque-là, derrière chaque journaliste, il y avait un général ou un DGSN et derrière chaque général et chaque DGSN, un bourreau. C’était le temps où il était exigé des forces de sécurité algériennes qu’elles luttent contre le terrorisme en dorlotant les tangos et en leur offrant des barres chocolatées Mars ou Twix pendant l’aimable échange de questions et de réponses. Aujourd’hui, sans animosité, saluons une nouvelle époque. Celle où la mère Michèle avoue sans rougir que la France «a besoin de l’expérience algérienne ». Que voulez-vous que je vous dise ? Vivons avec notre époque ! Et pour le reste, fumons du thé et restons éveillés, le cauchemar continue."
Pour lui c'est un cauchemar déguisé en un monde merveilleux. Non, personne ne torture ni ne tue en Algérie. Massinissa et les 121 kabyles tués par les gendarmes, c'est du "khorti"