Posté le 07.07.2008 par abdoumenfloyd
Le discours politique de celui qui rêvait d’un Etat islamique en Algérie a connu une évolution positive.
L’un des fondateurs et dirigeants du FIS dissous, développe un nouveau discours qui surprendra plus d’un. Rabah Kébir, installé en Allemagne, a soutenu qu’il n’obligera pas sa fille à porter le hidjab. «Je n’aurais certainement pas imposé le hidjab à ma fille, c’est une question de conviction», a déclaré Rabah Kébir, invité de la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera à l’émission Ziara Khassa (visite spéciale).
«Le port du hidjab est un devoir écrit dans le Coran. Pour moi, c’est comme la prière qui, elle aussi, est un devoir mais c’est une question qui concerne chaque personne et c’est à elle seule de choisir de le porter ou non.»
A entendre ces phrases, on comprend pourtant que le choix du port du hidjab par la fille de Rabah Kébir a été néanmoins orienté! Le discours politique de celui qui rêvait d’un Etat islamique en Algérie a changé pour connaître plutôt une évolution positive. «J’aspire à un Etat démocratique, libre, indépendant, selon les principes fondamentaux de l’Islam», a ajouté M.Kébir qui s’est rendu en Algérie après la promulgation de la loi portant sur la Charte pour la Paix et la Réconciliation nationale, prônée par le chef de l’Etat. A ce sujet, l’invité d’Al Jazeera ne manquera pas de déclarer son «soutien total et indéniable à la démarche de Abdelaziz Bouteflika», soulignant que de tout temps, «il a été pour une politique de négociation et de paix.»
Ainsi, sans ambages ni jeux de mots bien connus chez les islamistes, Rabah Kébir a exprimé son soutien clair au projet du Président Bouteflika, la Réconciliation nationale, avalisé par le peuple en septembre 2005. D’autre part, il n’incarne pas simplement le processus de réconciliation, en condamnant de la manière la plus ferme les actes barbares et inhumains du Gspc.
Il déclare même qu’il a été hostile à la violence qui a endeuillé l’Algérie depuis 1992 et qui a englouti les espoirs d’un peuple souffrant toujours des affres du terrorisme. Concernant l’allégeance du Gspc à Al Qaîda, Rabah Kébir pense qu’«il s’agit d’une ruse malveillante de ceux qui veulent du mal au pays pour légitimer leurs actes d’hors-la-loi».
D’ailleurs, pour lui, l’appellation Al Qaîda au Maghreb islamique est juste un slogan et à croire son idée, Al Qaîda n’existerait pas en Algérie. Rabah Kébir, évoquera l’époque de la dissolution de son parti et des Etats qui ont opté pour intervenir - dont l’Arabie Saoudite - mais ne dira rien sur les tenants et aboutissants du contenu des pourparlers de l’époque. Il parlera néanmoins de la démarche d’El Gueddafi pour souligner que l’Etat algérien avait totalement décliné la proposition de la Libye, pour des raisons qu’il ne citera pas. Mais le souvenir nous rapproche, peut-être, d’une raison selon laquelle certaines figures libyennes ont participé à encourager la déstabilisation de l’Algérie et à titre d’exemple, on ne citera que le rôle d’Abou Al Laïth El Libye.
Ce dernier n’a jamais caché son soutien aux groupes terroristes en Algérie et adhérera même à leurs actions pour renforcer leur situation en envoyant des aides matérielles et des émissaires.
L’invité de la chaîne qatarie à Doha, parlera également des années universitaires, des réunions organisées à Constantine avec ceux qui partageaient les mêmes idées et objectifs ainsi que le courant islamique auquel il appartenait.
A ce propos, il évoque ses relations avec Djaballah. Rabah Kébir souligne dans ce contexte qu’il ne partageait pas forcément son idéologie avec Djaballah, mais que celui-là reste un homme pour qui il a énormément de respect et avec lequel il a des relations très amicales.
En revanche, quand il parle de Ali Benhadj, M.Kébir dit qu’il n’a jamais été d’accord avec sa façon d’analyser les choses, notamment lorsque le n°2 du FIS dissous a appelé à la violence. D’autre part, il a affirmé qu’il ne le connaissait pas spécialement.
Ikram GHIOUA
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Posté le 07.07.2008 par abdoumenfloyd
Graves révélations sur l’assassinat des moines trappistes
Le crime ne paie pas. Tôt ou tard les criminels seront démasqués.
Un article du journal italien La Stampa et du journaliste VALERIO PELLIZZARI, dans son édition d’aujourd’hui nous apprend qu’un témoignage accablant, celui d’un haut fonctionnaire occidental, très introduit en Algérie, désigne sans aucune ambiguïté, et avec des détails, l’armée algérienne comme étant à l’origine de l’assassinat des moines trappistes.
C’est un hélicoptère MI 24 de l’armée algérienne qui a ouvert le feu sur eux.
Le plus horrible est qu’ils auraient été décapités, après leur assassinat, pour faire croire que c’étaient les islamistes armés qui les avaient tués et mutilés.
Un travail de boucher commandé par des bouchers.
Le haut fonctionnaire qui a livre ce témoignage au journal La Stampa, se trouve en Finlande.
Les révélations qu’il vient de livrer vont déclencher une tempête médiatique.
Le monde entier va découvrir sous leur véritable jour, des généraux assassins de masse. Le monde entier va savoir
Qui tue QUI.
Un des passages les plus forts du temoignage de ce haut fonctionnaire occidental reside dans sa declaration que le commandement de l’armee algerienne est composee dedeux courants, l’un nationaliste et integre, et l’autre criminel et tortueux. voila ce au’il dit:Cette histoire est une confirmation ultérieure de la présence de deux âmes dans l’armée algérienne divisée entre la composante patriotique, nationaliste et la composante des services déviés, des généraux affairistes, liés à une gestion tortueuse du pouvoir.
D.B
Publié dans : www.tahiabladi.com
Posté le 07.07.2008 par abdoumenfloyd
Les agents secrets infiltrés dans les rangs de la guérilla colombienne des FARC y occupent des "positions importantes". Cette affirmation émane du général colombien à la retraite Alvaro Valencia.
Alvaro Valencia Tovar, un général à la retraite âgé de 80 ans, est présenté par le quotidien brésilien "Folha de Sao Paulo" comme l’instructeur de l’actuel chef d’état-major des forces armées de Colombie, Freddy Padilla, et le commandant en chef de l’armée de Terre, Mario Montoya. "Le renseignement (militaire colombien) est convaincu que les personnes infiltrées ne seront pas identifiées, parce qu’elles occupent des positions importantes" au sein de la guérilla, a assuré le général dans une interview publiée dimanche 6 juillet 2008. Pour le général Valencia, la libération de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et de quatorze autres otages "a été un coup très sévère qui fragilise encore un peu plus les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), mais nous ne savons pas quelle sera la réaction (du nouveau chef de la guérilla) Alfonso Cano". Le général colombien estime qu’Alfonso Cano "est capable de comprendre qu’ils doivent accepter la défaite et qu’ils doivent négocier" car "l’objectif du gouvernement n’est pas de détruire les FARC mais d’en finir avec la guerre". Il affirme en outre que les guérilleros sont "dispersés" avec des difficultés de ravitaillement et leurs moyens de communications détruits. "Comment vont-ils coordonner leurs actions s’ils ne peuvent pas ouvrir la bouche, parce que l’armée est au courant de tout ?", a-t-il souligné. Le général admet qu’ils "peuvent mener de petites opérations de guérilla, isolées" et estime qu’il n’y aura pas de bataille finale pour se débarrasser des FARC.
Agence télégraphique suisse
Posté le 07.07.2008 par abdoumenfloyd
Le récent accord algéro-marocain sur le transit et l’échange d’électricité vient d’apporter deux réponses à la question de la fermeture des frontières terrestres.
La première est que le gouvernement algérien est favorable à la coopération et l’entraide économique avec le Maroc. La deuxième réponse est que l’électricité comme le gaz sont les seuls produits que les réseaux de contrebande ne peuvent s’accaparer. Ils sont donc autorisés à traverser légalement la frontière. Tout le reste des produits qui traversent illégalement la frontière (drogues, carburant, produits alimentaires, médicaments, …) sont gérés par des circuits de contrebande tombés au fil du temps sous le contrôle direct des généraux du système makhzénien du DRS. Le monopole de la contrebande leur rapporte des gains de plus d’un milliard de dollars par an uniquement pour le hachich. Ils ne veulent donc pas partager cette source de gain facile avec des réseaux concurrents que l’ouverture des frontières va faciliter.
C’est donc bien le monopole des véritables barons algériens du trafic de drogue qui bloque la décision d’ouverture malgré l’appel fraternel pressant et répété du gouvernement marocain.
On savait tous que la contrebande frontalière était couverte par les corps constitués qui fermaient les yeux en échange de commissions plus ou moins grosses selon les grades. Mais depuis la reddition en juillet 2006 du «baron» Ahmed Zendjabil, surnommé le «Pablo Escobar» algérien, on a apprit avec stupeur que ce n’était qu’un homme de paille. Alors que la frontière a été fermée en août 94 sur décision du DRS, Zendjabil a été remis en selle en 1997 pour organiser les réseaux de clientèle en Europe avant ceux du transit algérien. C’est l’ex-Chef de sûreté d’Oran qui a affirmé «avoir délivré un passeport à Zendjabil en 1997 sur ordre du DRS dont il était un indicateur» (El Watan du 23-10-2006).
Auparavant, Zendjabil était connu de la police comme un acteur du fameux réseau Taïwan des véhicules volés en Europe et recyclés en Algérie avec de vraies-fausses cartes grises. Ce trafic de voitures Taïwan était en fait une idée diabolique du DRS pour compromettre les membres des corps constitués, des magistrats, des fonctionnaires… C’est une méthode connue des services secrets de salir le casier judiciaire pour décrédibiliser par anticipation des éléments jugés peu fiables selon les normes maffieuses du pouvoir. Habib Souaïdia, l’officier auteur du livre La Sale Guerre, a été, comme certains de ses collègues du bataillon des forces spéciales de Lakhdaria, une des victimes de ce coup monté.
Ahmed Zendjabil a causé un séisme à l’échelle des autorités algéro-marocaines en se rendant à la police de Blida et en demandant à bénéficier de l’amnistie prévue par la Charte de réconciliation nationale. Il a surtout déjoué le scénario de son élimination avec de grosses manchettes à la une des journaux.
Aussitôt son arrestation rendue publique, la presse a vite pris la mesure de l’ampleur du scandale en croyant découvrir une nouvelle affaire Khalifa qui fera vendre les journaux. Elle a vite été rappelée à l’ordre pour oublier le nom de Zendjabil et tout ce qu’il représente.
«Les officiers de police qui avaient déclenché des enquêtes sur la base de ses aveux ont été sommés de cesser toute investigation…. Un colonel du DRS, qui enquêtait sur le trafic de drogue à Oran avait été mis aux arrêts par le chef de la 2ème région militaire» (El Watan du 23-10-2006).
Le général Kamel Abderrahmane, ex-directeur central de la sécurité de l’armée (DCSA) et commandant de la 2ème région, a été publiquement mis en cause par l’ex-wali d’Oran Bachir Frik au cours de l’audience de son procès qui l’a condamné à 8 ans de prison.
Aujourd’hui, Zendjabil croupit dans l’isolement d’une prison secrète du DRS. Au même titre que Hassen Hatab ou Abderrezk El para, il détient des secrets sur l’implication directe du DRS comme commanditaire du terrorisme qui a ensanglanté le pays. Zendjabil a avoué que sur ordre de ses officiers traitants, il servait d’agent de liaison avec des groupes terroristes pour les financer et leur livrer armes et munitions transitant par le Maroc. Il leur dictait aussi des cibles à abattre ou à terroriser.
Les relations de Zendjabil avec l’establishment marocain ne pouvaient qu’être couverte par la hiérarchie militaire algérienne du renseignement puisqu’elles remontaient jusqu’au général Hamidou Lâanigri, ex-DGSN marocain tombé en disgrâce depuis. L’arrestation de Zendjabil a aussitôt fait tomber le réseau de ses fournisseurs marocains. Notamment Cherif Benlouidene, alias Kharaz, qui connaissait tous les secrets de son client et ami. Sa chute a entraîné celles de ses complices hauts gradés dans la gendarmerie royale, la police et la douane. Le roi du Maroc ne transige pas avec ce genre d’organisation maffieuse qui peut se développer en contre-pouvoir puissant dans le style colombien.
En Algérie, seuls quelques lampistes ont été arrêtés alors qu’ils avaient reçu des ordres et des commissions pour laisser Zendjabil utiliser à sa guise le port d’Oran sans que ses véhicules bourrés de drogue ne soient fouillés.
Deux ans après l’arrestation de Zendjabi, on ne sait pas qui l’a remplacé pour servir de faire-valoir, mais on sait que le trafic de drogue n’a pas cessé et que le monopole a été renforcé par le durcissement des contraintes imposées aux petits concurrents. Des hauts gradés continuent de contrôler le trafic de drogue et laissent leurs subordonnés racketter les petits «hallabs» qui utilisent des mulets pour transporter toutes sortes de marchandises. Comme l’axe Oujda-Maghnia est plus encombré et surveillé, les contrebandiers descendent jusqu’à l’axe Figuig-Bechar.
Pour satisfaire leur appât du gain facile, certains généraux n’ont aucun scrupule à sacrifier les populations frontalières. On ne sait pas ce que ça coûte du côté algérien. Personne ne s’est jamais intéressé à mesurer les conséquences de la fermeture des frontières. Mais la région est du Maroc, surnommée l’Oriental, souffre du mur algérien.
A Oujda, le Chambre du Commerce a fait une étude sur l’apport du secteur informel de la contrebande hors trafic de drogue. Le chiffre d’affaires annuel a été estimé en 2004 à 6 milliard de dirhams (environ 500 millions $). Le nombre de personnes employées était de 6000, essentiellement des jeunes. Le «blocage» de 2 à 3 millions de touristes algériens enlève au Maroc un apport de 2 à 3 milliards de dollars par an. Ce blocage empêche aussi la création de plus de 1000 PME/PMI devant générer plus de 30.000 emplois uniquement dans la région d’Oujda. Alors qu’ils s’implantent partout au Maroc, les investisseurs étrangers, surtout français, évitent l’Oriental à cause de sa proximité avec l’Algérie assimilée à un horrible épouvantail.
Depuis sa création en 994, Oujda la «cité martyre», comme la nomment les historiens, était le point de passage obligé des caravaniers. Les sultans de Fès et Tlemcen se la disputèrent. Elle symbolise aujourd’hui le martyre de la désunion des peuples du grand Maghreb. Oujda est condamnée à vivre avec les algériens. Elle a enfanté Bouteflika qui l’a oubliée et ne songe qu’à mourir au pouvoir à Alger, alors qu’il n’a jamais pensé à revenir dans sa ville natale avec l’habit et les honneurs de président.
Oujda a aussi enfanté le clan d’Oujda qui a renversé le GPRA de Ferhat Abbas et Benyoucef Benkhedda pour prendre le pouvoir en 1962. C’est aussi à Oujda qu’a été formée la première promotion Larbi Ben M’Hidi des «marocains du MALG» qui ont structuré les services secrets algériens qui se sont transformés en Makhzen autour du DRS.
En soutenant la nomination par le président Chadli de Mohamed Mediene, dit Toufik, à la tête du DRS en 1990, le général Larbi Belkheir a en fait placé un virus mortel dans le cerveau de l’ANP. Comme sous l’emprise d’un sida ou d’un cancer, l’ANP, est devenue comme l’Algérie, un grand corps malade incapable de se débarrasser de ses membres corrompus qui souillent son honneur, salissent ses nobles missions et la discréditent aux yeux de la population.
Le Makhzen du DRS ne s’est pas contenté de nommer les présidents, les ministres, les ambassadeurs et les attachés militaires. Il a aussi placé des officiers du DRS à la tête des régions militaires. Cette totale anomalie organisationnelle a donné au DRS les pleins pouvoirs et soumis tous les autres officiers de l’ANP sous son autorité.
Cette grave décadence du pouvoir totalitaire du DRS a engendré la démobilisation politique, la désobéissance civile, la désintégration sociale, la fuite des cerveaux, le phénomène des harragas, la faillite du secteur et du service public, la destruction du tissu économique frontalier, la spoliation de nos richesses, etc …
La décadence du pouvoir algérien a considérablement affaibli l’Algérie et met dans la gêne ses voisins du Maghreb et du Sahel. Il devient de plus en plus urgent d’isoler le virus et de l’éradiquer.
Saâd Lounès
Posté le 07.07.2008 par abdoumenfloyd
Maâmar Boudersa, chercheur et universitaire algérien
La première séance des travaux du conseil national du FFS a été dédiée au débat sur la situation politique du pays. Le professeur Maâmar Boudersa a été convié dans ce cadre à donner une conférence sur l’alternative démocratique au pouvoir. L’invité du FFS n’a pas manqué d’adjectifs pour dénoncer la pratique du pouvoir en Algérie, résultat d’une « succession de viols des différentes Constitutions ».
Maâmar Boudersa qualifie d’ailleurs le pouvoir dans sa pratique de « régime monarchiste » qui s’exerce « sans légitimité et en dehors de la légalité ». Prenant le cas de la situation d’état d’urgence décrété depuis 16 ans, l’enseignant et chercheur universitaire indique que contrairement au discours officiel, « l’Algérie est toujours en état de guerre, puisque les âmes algériennes continuent d’être fauchées par le terrorisme fasciste ». Ce qui confirme cet « état de guerre », estime le conférencier, c’est le maintien de l’état d’urgence qui est une pratique « héritée du pouvoir colonialiste qui l’avait décrété en 1956. C’est une pratique qui a été perpétuée depuis 1962 avec l’arrivée du groupe d’Oujda qui a usurpé le pouvoir en disqualifiant le GPRA ». Ben Bella a instauré, dira le conférencier, l’état d’exception en installant les cours criminelles révolutionnaires. « Hocine Aït Ahmed a eu la vie sauve grâce au président égyptien, Gamel Abdel Nasser, qui avait envoyé un message à Ben Bella lui disant de faire attention à ne pas verser le sang de Aït Ahmed. Boumediène a lui-même apporté un témoignage dans lequel il disait que Ben Bella avait ordonné à l’armée de tuer Aït Ahmed. Boumediène a refusé d’exécuter la sentence et a préféré le livrer vivant et de laisser Ben Bella décider de son sort. » Le conférencier souligne que la situation d’état d’urgence ne peut être décrétée qu’après l’adoption par le Parlement d’une telle option, « alors que le Parlement algérien n’a jamais été saisi sur la prorogation de la durée de l’état d’urgence ». Prenant l’exemple de la Constitution marocaine, l’invité du FFS précise que dans ce pays voisin, l’état d’urgence ne peut excéder les trois mois. « Or, en Algérie c’est illimité. Ce qui veut dire que le pouvoir du roi au Maroc est limité par rapport à celui du président algérien », déclare Boudersa qui s’interroge sur le pourquoi du changement d’une Constitution qu’on ne respecte même pas. Les cas de remplacement de Liamine Zeroual, de Bachir Boumaza et de Karim Younès sont aussi patents du viol des principes de la Constitution, estime le conférencier qui précise que le Conseil constitutionnel n’a pas joué son rôle comme il se doit.
« Si la Constitution avait été respectée, Ben Bella n’aurait pas été Président » L’invité du FFS évoquera en outre les changements successifs des chefs de gouvernement. « C’est en totale violation de la Constitution. On est devant un pouvoir royal qui met fin aux fonctions du chef de gouvernement sans que son équipe soit changée. Où est la responsabilité collective du gouvernement ? », s’interroge Boudersa qui note que le chef de l’Exécutif est destitué de son droit de choisir son cabinet. « Même au Maroc, le Premier ministre est libre de proposer son équipe, chez nous, il ne fait rien. Il ne fait même pas de déclaration de politique générale devant le Parlement. Ouyahia voulait le faire dans un premier temps, il a été congédié, comme Belkhadem aujourd’hui. Au Maroc, le gouvernement est responsable devant le roi et le Parlement, en Algérie, il est responsable devant qui ? Le pouvoir algérien est bien plus royaliste que celui de la monarchie marocaine », affirme l’analyste. Continuant dans l’énumération des cas de non-respect de la Constitution, Boudersa cite l’article 39 de la première Constitution qui disait que le parti se devait de choisir le candidat à la présidence de la République qui devait être élu ensuite par le peuple. « Je n’ai trouvé aucune trace de la désignation de Ben Bella par le parti pour devenir Président. Si la Constitution avait été respectée, Ben Bella n’aurait jamais été Président », indique l’analyste, en relevant que la nationalité algérienne par la filiation comme condition pour devenir président de la République, comme énoncé par la Constitution, n’a pas été respectée dans le cas d’Ahmed Ben Bella. « Il a lui-même accordé un entretien à un journal suisse dans lequel il affirme qu’il est de nationalité algérienne et de parents marocains », indique encore le conférencier. Revenant à nos jours, M. Boudersa relève que les pouvoirs législatif et judiciaire n’exercent pas leurs pleins pouvoirs et sont menacés par le pouvoir exécutif. « L’Assemblée est menacée de dissolution et les magistrats de licenciement. Au Maroc, il existe des cours où les magistrats sont inamovibles, dont une chargée de contrôler les délits des ministres. En Algérie, c’est l’impunité totale, les ministres sont des maîtres et les Algériens n’ont pas le droit d’exprimer leur colère. Tout est soumis à autorisation sous le prétexte du maintien de l’ordre, tout justifie l’arbitraire », assène Boudersa.
« C’est au peuple d’élaborer la Constitution et pas à un groupe de personnes » Ce dernier évoque le projet de révision constitutionnelle et se demande : « Pourquoi suspendre l’avenir d’un pays à un non-évènement ? Les Algériens sont en otages, pourquoi tout ce folklore ? La Constitution est l’affaire du peuple algérien, c’est à lui que revient le droit de l’élaborer et non pas à un groupe de personnes ou au Président ». L’invité du CN du FFS a estimé par ailleurs que la fête de l’indépendance « est devenue une fête officielle, le peuple algérien a été écarté de cette célébration. Il s’agit pour moi aussi d’une date triste, car c’est celle de la signature de la capitulation du Dey d’Alger. Pour moi, la coïncidence n’est pas un hasard », déclare Boudersa en soulignant que l’histoire du peuple algérien a été pervertie pour devenir celle de quelques personnes.
Par Nadjia Bouaricha
Posté le 07.07.2008 par abdoumenfloyd
A quelques jours du procès de l’assassinat du chanteur prévu le 9 juillet à Tizi-Ouzou, et qui doit juger les deux présumés coupables membres du GIA, un "Comité Vérité et Justice sur l’assassinat de Lounes MATOUB" a vu le jour à Alger et qui dénonce le dit procès, « audience programmée dans l’opacité, en catimini, en pleine période estivale. »
PETITION du COMITE VERITE ET JUSTICE SUR L’ASSASSINAT DE LOUNES MATOUB
Dix ans après le lâche assassinat de Lounès MATOUB, le 25 juin 1998, malgré des demandes de justice incessantes et une pression permanente de l’opinion nationale et internationale, les pouvoirs publics n’ont engagé aucune démarche susceptible d’aider à élucider le meurtre d’un symbole régional et national rebelle du long combat pour l’identité et la langue amazigh, la liberté et la démocratie en algérie. Loin s’en faut ! Le pouvoir n’a cesse de manœuvrer tour à tour à travers ses institutions de sécurité et l’appareil judiciaire et ses relais politiques locaux implantés en Kabylie pour tantôt désigner d’office le (s) assassin(s) par voie médiatique et extrajudiciaire et tantôt par l’intox à l’égard de sa famille, ses amis et de toutes les personnes éprises de justice pour faiblir les convictions et lasser par l’usure la population notamment la jeunesse dépossédée depuis 10 ans de son rare porte-voix et celui des démunis et des laissés pour compte.
Dix après cet assassinat suivi d’émeutes ayant fait trois jeunes victimes, une audience pour traiter de l’affaire de l’assassinat de Lounès MATOUB est programmée dans l’opacité, en catimini, en pleine période estivale, par le tribunal criminel de la cour de justice pour le 09 juillet 2009 ; nous signataires du communiqué ci-dessus exigeons instamment la réouverture immédiate du dossier de l’affaire de l’assassinat de Lounès MATOUB :
- Convoquer et auditionner tous les témoins oculaires et autres de l’assassinat ;
- La reconstitution des faits en présence des témoins de la scène de l’assassinat ;
- Confier l’étude balistique à un bureau d’experts indépendant ;
- Convoquer toutes les personnalités et responsables politiques algériens auteurs de déclarations autour de l’assassinat.
Comme nous demandons :
- L’arrêt immédiat des pressions, intimidations et menaces à l’encontre des membres de la famille de Lounès MATOUB et de la fondation éponyme ;
- La protection des témoins ;
- La restitution des effets et objets personnels dérobés du véhicule de Lounès MATOUB après son assassinat.
PREMIERS SIGNATAIRES :
Nna Aldjia MATOUB , Malika MATOUB, Larabi ROUIFED (fondation MATOUB), Ferhat Mehenni (homme politique kabyle et chanteur), Abdenour ABDESLAM (écrivain),Professeur Mohand ISSAD (avocat),Me Rahem Kaci (avocat),Abdelhak Bererhi(CCDR),Ali Yahia Abdenour (fondateur et ex- président de la LADDH), Belaid ABRIKA ( Mouvement citoyen), TAKFARINAS (chanteur), Commandant Azzedine (CCDR), Bélaid TAGRAWLA ( artiste chanteur), Feroudja MOUSSAOUI (Collectif des femmes du printemps noir), Abdellah BENARBIA (avocat), Nacéra HEDDOUCHE (avocate), Touazi Louisa Malika( journaliste), Boudjemaâ GUECHIR ( pdt LADH), Chérifa KHEDDAR (pdt Association DJAZAOUROUNA),Madjid AIT MOHAMED(CDDR), Amirouche LAOUDI (fondation MATOUB),Si Mohamed Baghdadi(FSA), Chenounou Mohamed (médecin), Med Ameziane BACHTARZI (SG Fondation MATOUB),Mohammed HAOUCHINE (journaliste), , MAKHLOUFI Dalil (Président de l'association culturelle berbère Tagmats de Lyon), Ali MOUZAOUI (réalisateur), Mohammed GAYA (auteur), Djamel BENABI (journaliste), Moulay Chentouf (Militant MDS), , ,Lounès KHELOUI (chanteur), Hacène AHRES (chanteur),Said KHAZEM (chanteur), Said GADA (journaliste), Salem KLARI (journaliste), Lakhdar SIAD(journaliste),Mourad HAMAMI (journaliste),Hamid Amour (association Amgud),Kader LAZRI (pdt comité supporters JSK),Abdelhafid YAHA (officier de l’ALN,fondateur du FFS),Lhossaine AZERGUI (journaliste, Maroc), Touazi Louiza Malika (journaliste), Abdellah BENARBIA (avocat), Si Mohamed BAGHDADI (FSA), Nordine MEDROUK (Fondation MATOUB),Madjid Ait Mohamed (CCDR),Ferroudja MOUSSAOUI (CFPN), El Hachimi TOUZAN (Amusnaw), Ali GHERBI (Mouvement citoyen),Mustapha MAZOUZI (citoyen),Yahia TOUFIK (ingénieur), Ali MEZIANE (chanteur),Chafai BOUAICHE (journaliste),Mokrane Ait SAADA (cinéaste),Chérif AGGOUN (cinéaste),Ali ATTAB (cadre gestionnaire),Hamid GOUGUEM (universitaire),Hassina GOUGUEM (universitaire) ,Nordine MEZALLA (journaliste),Linda MEZALLA (enseignant),HICHAM Le HIC (caricaturiste),Said Kaced (citoyen), Makhlouf BESSA (médecin),Ahmed BENNABI (journaliste), Ali CHEBLI (journaliste),Ahcène CHERIFI (ex-détenu politique),Mahiout MERHAB (cadre associatif),Hocine BOUYEFLOU (PES),Smail MERABET (universitaire),Linda MERABET (universitaire),AIT RAMDHANE Ali (enseignant),Samir BEDDOUHANE (traducteur),Hocine REDJALLA (réalisateur),Association culturelle AGHBALOU,Association Tarwa N Gaya,Asso. AMUSNAW, Asso.Tarwa Umazigh (Béjaia),Djaffar ABDEDOU (coordinateur des associations culturelles amazighs de la wilaya de Bouira),Association TAGHARMA (Bouira),Asso. TADUKLI (Haizer),Ass. TIMLILIT (Bouira),Asso. TAGRAWLA (Béni Douala), collectif ITHRAN (Takerbouzt, Bouira),Asso. TANEFLIT (Draa El Mizan),Nehar amar (Président de l'association culturelle franco berbère Annemasse),Djemaoui Redouane ( Président de l'association culturelle berbere Imaziren Idhourar de Vaux en Vélin),Mammeri Mohamed(Président de l'association culturelle berbère stéphanoise),CHIBI Aomar( AKFADOU Production),Sihem Stiti (Chanteuse),Ferhat Iguercha (Chanteur), ,CHIBI Massinissa (Producteur),LAHLOU Thiremt (chanteur),AGRAW Boudjemaâ (Chanteur),Barrache Mohand (Président Taferka),KOULALI Kamel dit Kamal Tarwiht (Animateur BRTV),Karim AZUL (BRTV), Abdelkrim BENCHICOU (citoyen), Nacer Nait Ali chercheur, HAREB Khelifa Montréal Québec, Medjeber Smail, SHAMY artiste, écrivain, co-fondateur du groupe Les Abranis, Olivier Lecour GRANMAISON Universitaire Ecrivain, AMIAR HASSEN universitaire.
Pour signer la pétition Matoub :
comitematoub@yahoo.fr
Posté le 07.07.2008 par abdoumenfloyd
Un civil a été blessé hiere vers 18 h 30 dans une attaque terroriste contre le commissariat de police à Ouacifs (35 kilomètres au sud-est de Tizi-Ouzou) a appris TSA de sources sécuritaires locales.
Selon les indications fournies, les terroristes, entre quatre à sept hommes, armés de kalachnikov ont tiré sur le commissariat situé en centre-ville. La riposte des policiers a permis de repousser les assaillants qui ont tenté de résister pendant plus de 20 minutes avant de prendre la fuite.
Une femme, présente au moment de l'échange de tirs a été touchée à l'épaule et une panique générale s'est emparée des riverains. Contacté par TSA, un habitant qui réside face au commissariat a exprimé le sentiment de peur et de panique qui y règne ce soir à Ouacifs.
Ameziane athali
TSA
Posté le 06.07.2008 par abdoumenfloyd
Une fois de plus, les sources les plus « informées » ont été démenties. Le président de la République a gardé le silence à propos de la révision de la Constitution. Hier, au siège du ministère de la Défense nationale où il a prononcé une allocution à l’occasion de la commémoration de la fête de l’Indépendance et de la fête de la Jeunesse, il s’est, en effet, gardé de la moindre affirmation, voire allusion.
Tout militait pourtant pour faire de ce 5 Juillet la date idéale de l’annonce solennelle de l’amendement constitutionnel. Le nouveau promu à la chefferie du gouvernement, Ahmed Ouyahia, n’a-t-il pas affirmé à la clôture du tout récent congrès du RND, son parti, que la «révision de la Constitution aura lieu» ? D’aucuns ont eu à comprendre l’affirmation de Ouyahia comme un prélude à une annonce présidentielle imminente. L’annonce, au bout du compte, n’a pas été si imminente, puisque le président Bouteflika a préféré une fois de plus zapper la question de la révision constitutionnelle, faisant, du coup, durer le suspense et maintenir l’illisibilité qui couvre l’univers politique national.
Que se passe-t-il ?
Le temps presse pourtant. La prochaine élection présidentielle aura normalement lieu dans neuf mois. Un temps relativement court si l’on doit supposer que l’amendement constitutionnel fasse au préalable l’objet d’un débat préparant sa soumission à référendum populaire. Le temps est également relativement court, à supposer que la révision constitutionnelle se suffise de l’aval parlementaire, c'est-à-dire des deux chambres du Parlement réunies. En effet, même dans ce cas de figure, l’amendement constitutionnel, pour engageant qu’il est censé être, doit bénéficier d’un temps d’examen et de lecture conséquent. Sinon, même avalisé par le Parlement, il souffrira de ce qu’il sera toujours perçu comme une sorte de victoire à la Pyrrhus. A plus forte raison lorsque l’on sait que cette révision constitutionnelle poursuit en premier chef de faire sauter le verrou constitutionnel qui empêche le président de la République en exercice de postuler pour un mandat supplémentaire. L’enjeu est donc foncièrement politique. C’est, entre autres, pour cette raison que les partis politiques, qui devront retenir de concourir en avril 2009, doivent savoir suffisamment à l’avance dans quelles conditions ils auront à concourir et se préparer en conséquence.
Que se passe-t-il ?
On le saura bientôt.
L.M.
Posté le 06.07.2008 par abdoumenfloyd
L'après-Belkhadem :1.La fin du deal islamiste
Que pouvait dire Abdelaziz Bouteflika aujourd’hui aux Tagarins ? Ceux qui s’attendaient à un coup d’éclat de la part du chef de l’Etat en seront certainement pour leurs frais. Avec le changement à la tête de l’exécutif, les choses sont désormais claires : le scénario de la présidentielle de 2009 ne dépend plus du seul Bouteflika.
L’échappée solitaire semble terminée. La suite des évènements se fera selon le nouveau consensus permettant l’équilibre du système, et dont le renvoi de Belkhadem indique qu’il vient d’être trouvé entre la présidence et ceux qu’on appelle les décideurs. Ces derniers, qui vont écouter aujourd’hui le chef de l’Etat, ont repris l’essentiel de l’initiative. Ils ont mis fin, avec l’éviction de Belkhadem, à la stratégie d’alliance qui se tissait entre Bouteflika et les islamistes sous la patiente et sournoise houlette de l’ancien chef du gouvernement. S’il doit rester au pouvoir à l’issue de son deuxième mandat, Bouteflika sait qu’il doit désormais traiter avec les décideurs et non plus avec l’ex-FIS. Aussi sidérant qu’il le paraît, cet arrangement entre la direction du FIS et la présidence est bien réel. Belkhadem a réussi à faire du prochain quinquennat la période providentielle du retour du FIS aux commandes. L’Algérie disait oui à Madani Mezrag et aux chefs intégristes et se fermait à l’Union pour la Méditerranée. C’était le pire scénario pour les décideurs. Belkhadem ne voyait pas qu’en détraquant le rapport de force politique, il venait de provoquer les décideurs en duel et les mettait en demeure de riposter sans plus tarder. La hiérarchie militaire croyait en effet avoir réduit au silence ses anciens ennemis islamistes par un pacte de paix et espérait se faire réhabiliter grâce à une nouvelle légitimité internationale. Au lieu de cela, Belkhadem lui proposait de s’isoler du monde, de se soumettre au gang d’en face, d’assister à sa réhabilitation et d’offrir son cou à la potence !
«Solution finale»
L’ancien chef du gouvernement avait non seulement replacé les chefs intégristes mais aussi, et surtout, à faire du troisième mandat de Bouteflika l’affaire des islamistes. Ce nouveau quinquennat serait la période bénie où la joumloukia finissante d’Algérie, à bout de souffle, s’engagerait dans la voie d’une république théocratique, libérée des impies, arrachée aux décideurs en képi et restituée à de nouveaux décideurs enturbannés.
Bouteflika a dit oui
«Dès sa réélection en 2009, Bouteflika prononcera une amnistie générale et permettra au FIS de retourner sur la scène politique ; oui, le champ sera rouvert aux enfants du Front dans le cadre d’un parti politique», avait déjà révélé, en décembre, Ahmed Benaïcha, l’ancien émir de la branche armée du FIS, dans les colonnes du journal arabophone El Bilad. L’ancien chef terroriste reconnaît l’existence d’un projet politique clairement défini : «Il y a en ce moment plusieurs initiatives pour donner corps à cette solution politique qui va faire l’objet d’un consensus entre les nationalistes et les islamistes.» Cette solution politique, Benaïcha l’appelle «solution finale», celle qui solderait le contentieux de 1992 né de l’annulation des législatives remportées par les islamistes et de la dissolution du FIS. Elle prévoit une réhabilitation totale et publique et un vrai transfert de pouvoir. C’est dans la bouche de Benaïcha : «Les chefs des deux autres partis de l’alliance présidentielle, le RND et le MSP, ne s’empressent pas de soutenir Bouteflika pour un troisième mandat, parce qu’ils ont eu vent de «la solution finale» préconisée par le président et promise au chef de l’AIS. Ils savent que le retour du FIS dissous sur la scène politique signifie la fin de leur légitimité en tant que représentants du peuple.»
Comment ne pas le croire ?
Les chefs du FIS vont donc entreprendre de faire élire Bouteflika et lui prêter main-forte contre les décideurs. Madani Mezrag et les chefs de l’Armée islamique du salut, qui se voyaient déjà aux portes du pouvoir, sortent du bois avec la délicatesse de l’éléphant et toute la subtilité de l’orangoutan. Ils auront le mot de trop qui va précipiter les évènements et condamner définitivement Belkhadem. C’est d’abord Ahmed Benaïcha qui désigne grossièrement les généraux, en soutenant que les auteurs des attentats du 11 décembre dernier sont à chercher parmi «ceux qui ne veulent pas de troisième mandat pour Bouteflika». Il parle en expert assassin : «Du point de vue purement militaire, on n’attaque que les cibles qui constituent un danger. Je me pose la question : pour qui le Conseil constitutionnel représente un danger ? Pour ceux qui sont encore au maquis ? Bien sûr que non, ils n’ont aucun rapport avec lui, par contre, c’est une menace pour ceux qui ne veulent pas de troisième mandat pour Bouteflika.» En mai, Madani Mezrag prend le relais et annonce, toujours dans El Bilad, qu’un congrès de l’ensemble des fractions du FIS est programmé spécialement pour septembre afin qu’il «coïncide avec l’élection présidentielle de 2009». L’ex-chef terroriste signifie par là que ledit congrès appellera à soutenir un troisième mandat pour Bouteflika et que le parti qui sortira de ces assises se mettra au service du président-candidat.
Une performance
En deux années, le chef de gouvernement avait, en effet, fait de l’Algérie une espèce de contrée wahhabiste coupée du monde, mûre pour l’intégrisme, livrée aux inquisiteurs, offerte aux anciens émirs de la mort et mise sur les rails d’une prochaine coalition islamoconservatrice. On y pourchassait les nouveaux convertis au christianisme et les couples dans la rue. On y fermait les églises et les bars. On y interdisait la Bible et les rassemblements…«La société algérienne s'est attachée au Saint Coran depuis qu'elle a embrassé l'Islam (…) le Coran représente sa Constitution qu'elle n'acceptera point de changer», en rajoute Belkhadem, signifiant ostensiblement que le pays se dirigeait vers la charia.
Tout cela est — provisoirement ? — terminé. Deux jours après l’intronisation d’Ahmed Ouyahia, son parti, le Rassemblement national démocratique réuni en congrès, se prononçait contre les négociations avec les islamistes, pour l’éradication du terrorisme et pour un hommage aux Patriotes et aux membres des groupes de légitime défense «pour leur concours précieux à l’éradication du terrorisme». Dans la résolution finale, on lit : «Le Congrès condamne avec force les crimes que perpétuent encore des groupes terroristes ayant avoué que leur cible est le peuple algérien sans aucune exception. Tout en réaffirmant la légitimité de toute mesure à même de réduire l’effusion de sang dans notre pays, le Congrès réitère son plein soutien à la lutte contre ces criminels, traîtres et mercenaires jusqu’à leur éradication totale. Il appelle enfin au renforcement de la vigilance collective pour soutenir la lutte contre le terrorisme.» C’est un discours sur le terrorisme et l’islamisme totalement en rupture avec celui de l’ancien chef du gouvernement : la page est tournée !
L'après-Belkhadem : 2. Voie libre pour aller à Paris
L’Algérie sera donc présente au sommet de lancement de l’Union pour la Méditerranée à Paris le 13 juillet prochain et pourrait même l’annoncer dès demain à partir de Tokyo ! Un tête-à-tête entre les présidents Sarkozy et Bouteflika est prévu à cet effet en marge du sommet du G8 au Japon.
Finie la fausse pudibonderie algérienne qui entourait l'événement et qui s’exprimait par de curieuses litotes : «Chaque chose en son temps» (Bouteflika le 22 juin devant François Fillon), « L’Algérie a toujours besoin de clarifications» (Medelci le 6 juin à la 15e édition de la Conférence ministérielle du forum méditerranéen tenue à Alger). L’éviction d’Abdelaziz Belkhadem a levé le principal obstacle qui bloquait la route pour Paris : le faux argument israélien.
L’ancien chef du gouvernement, dans le cadre du grand arrangement avec les islamistes (lire "La fin du deal islamite"), avait fait de la présence d’Olmert à ce même sommet un motif suffisant et indiscutable pour boycotter la rencontre de Paris. «Si l’Algérie est favorable à une union de projets à géométrie variable, il ne faut pas que ces projets soient une couverture pour une normalisation rampante avec Israël», affirmait-il, péremptoire, au quotidien Le Monde, le 18 juin dernier.
Le prétexte israélien était devenu, de fil en aiguille, l’argument de tout le gouvernement algérien. Le 6 juin, l’Algérie, pays hôte de la 15e session du Forum méditerranéen (Formed), annonçait qu’elle subordonnait son éventuelle participation au sommet des chefs d’Etat de Paris, le 13 juillet prochain, à des «clarifications», notamment sur les «conséquences» de l’entrée d’Israël dans l’UPM. «Ce n’est pas l’UPM qui doit faire la normalisation (des relations) entre Israël et les pays arabes, à laquelle n’était pas parvenu le processus de Barcelone», a notamment déclaré le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, à l’issue de la réunion. Ainsi posé, le problème était insoluble. Nicolas Sarkozy ne peut répondre favorablement aux exigences algériennes, en excluant Israël du projet ou en dotant l’Etat hébreu d’un statut particulier au sein de l’UPM. Il a déjà pris des engagements envers l’Etat hébreu concernant la participation israélienne à ce projet au même niveau que les autres pays méditerranéens et européens.
Tout cela est bien fini !
La réponse fulgurante d’Ouyahia !
La hiérarchie militaire, en quête d’appuis et de légitimité internationale, ne pouvait tolérer plus longtemps ce blocage qui allait isoler le régime algérien et qui, de surcroît, était dicté par les islamistes. Le nouveau chef de l’Exécutif a balayé les fausses pudeurs algériennes. A Belkhadem qui déclarait dans Le Monde qu’«il ne faut pas que ce projet soit une couverture pour une normalisation rampante avec Israël», Ahmed Ouyahia répliquait dans sa conférence de presse du 27 juin : «Nous ne boycotterons pas le sommet de Paris sous prétexte de la présence d’Israël. Allons nous être plus palestiniens que les Palestiniens, quand même Mahmoud Abbas est attendu au sommet de Paris ? »
C’est clair !
Et c’est vrai que le prétexte algérien est fallacieux. Comme le rappelle un confrère allemand, notre pays n’a jamais été vraiment indisposé par la présence d’Israël. «L’Algérie a été à Annapolis, le président algérien a été à l’enterrement de Hassan II où il y avait le Premier ministre israélien, l’Algérie a été partie prenante dans le processus de Barcelone, elle participe dans des manœuvres avec l’Otan où il y a Israël, en plus le protocole s’arrangera pour ne pas mettre Algériens et Israéliens, côte à côte... » La liquidation totale de la stratégie d’alliance avec les islamistes exige la disparition de Belkhadem de la scène politique. Va-t-il garder les commandes du FLN ? Rien n’est moins sûr. A peine avait-il quitté le Palais du gouvernement qu'un vent de contestation s’était mis à souffler dans les rangs d’un parti désorienté. «Ils sont comme cela au FLN, ils n’attendent que l’occasion pour en finir avec la tête du parti maintenant qu’il n’est plus chef de gouvernement !» confie un militant au quotidien La Tribune. On parle ouvertement de son éviction à l’occasion du prochain congrès.
Rafik Abdi
Posté le 06.07.2008 par abdoumenfloyd
CÉLÉBRATION DU 46E ANNIVERSAIRE DE L’INDÉPENDANCE
Les Algériens ont la tête ailleurs
Depuis quelques années, cette fête nationale est tombée dans la banalité de la célébration officielle.
L’Algérie a célébré, hier, le 46e anniversaire de son Indépendance. Cet anniversaire est-il différent de tous ceux qui l’ont précédé? Comme chaque année, une commémoration officielle et des recueillements sur les tombes des martyrs et des cérémonies en l’honneur de ceux qui ont combattu pour libérer le pays, ont été observés. Et puis sans plus.
Depuis quelques années, cette fête «nationale», pourtant symbolique, est tombée dans la banalité de la célébration officielle. Mis à part le côté «chômé, payé», le 5 Juillet est de moins en moins considéré par les citoyens que d’aucuns interprètent comme un manque flagrant de patriotisme et de civisme. C’est donc un constat amer que l’on fait chaque année, à la date de cette fête qui fait notre identité, et la journée d’hier n’était pas en reste. Et pour cause, les citoyens algériens ont appliqué le principe de «la journée chômée, payée» au pied de la lettre. Puisqu’à peine la journée commencée, les rues étaient désertes et les commerces en congé. On aurait pu penser que cette désertion traduisait justement une implication de ces derniers à cette fête nationale, mais on se serait trompé car ce n’était nullement le cas. En effet, si on faisait l’inventaire des activités de ces derniers lors de cette journée, on aurait retrouvé que certains sont partis à la plage, d’autres ont pique-niqué, d’autres encore sont restés chez eux à regarder les «festivités» à la télévision ou faire une sieste. Les rares personnes, qui ont fait un geste envers ceux sans qui, ils seraient toujours sous l’emprise coloniale, sont parties se recueillir sur les tombes des martyrs parfois membres de leurs familles ou ont salué l’opération «un drapeau dans chaque foyer» en accrochant ce dernier chez eux.
N’est-il pas ingrat de constater que la majorité des citoyens n’ont pas commémoré cette journée glorieuse qui a marqué l’histoire du pays, qui a vu couler le sang de près d’un million et demi de martyrs.
Le constat est d’autant plus amer lorsqu’on regarde de l’autre côté de la rive et que l’on voit comment les autres pays occidentaux et orientaux fêtent leur «indépendance day». Prenons l’exemple américain. Cette puissante nation suscite le patriotisme de ses citoyens dans les quatre coins du pays, qu’ils soient en temps de guerre ou en temps de paix. Chaque année, les Etats-Unis célèbrent la fête de leur indépendance le 4 juillet, journée de célébration patriotique et de réunions familiales dans tout le pays.
Pour ce dernier qui veut instaurer la culture du patriotisme chez tous ses citoyens, la fête de l’indépendance est une grande occasion «civique», qui repose sur la tradition anglo-américaine de la liberté politique. Ainsi, pour célébrer ce jour, la société américaine a tout fait pour impliquer davantage ses citoyens à la vie sociale, politique mais aussi historique, et ce, en transformant cette date en un spectacle vivant, durant toute une journée.
Pour ce faire, des pique-niques appelés «garden-partys» sont organisés dans chaque coin vert du pays, accueillant ainsi des familles entières autour d’une cuisine américaine typique et surtout autour de récits historiques et héroïques sur la liberté.
Par ailleurs, des feux d’artifice ont lieu un peu partout dans le pays. A New York par exemple, un grand magasin appelé «Macy’s» organise, depuis trente ans maintenant, un feu d’artifice le 4 juillet. En 2005, trente-cinq mille pièces d’artifice ont jailli de sept bateaux situés dans l’«East River» et dans le port de New York pour éclater pendant trente minutes au-dessus de la ville. Plus de trois millions de personnes ont assisté à ce seul feu d’artifice qui est aussi retransmis à la télévision depuis quelques années. Outre ces festivités, le 4 juillet est aussi une occasion économique, lançant ainsi de grands travaux publics comme celui de la construction du canal Erié, du monument à la mémoire de George Washington et de la ligne de chemin de fer «Baltimore and Ohio». Autre pays, autre continent, la Tunisie. Tous les acteurs sociaux du pays voisin, préparent, chaque année, un programme riche pour fêter l’Indépendance le 20 mars, coïncidant aussi avec la fête de la Jeunesse du 21 mars de chaque année.
Des activités culturelles, artistiques mais aussi sportives sont inscrites au programme national de cette journée de festivités auxquelles tout le monde est convié. Pour son 14 Juillet, la France célèbre la «journée révolutionnaire parisienne» synonyme de la prise de la Bastille. Associé aux bals et aux feux d’artifice, le défilé parisien des troupes françaises est généralement le spectacle par excellence. Ce défilé, qui suscite l’intérêt d’un large public, implique différents corps militaires et de police au sol, à pied, à cheval ou motorisés, défilant à tour de rôle. Compte tenu de ces faits et après 130 années de colonisation, aller à la plage, à la montagne ou rester chez soi à regarder la télévision en guise de célébration, signifie qu’il y a un sérieux problème au sein de la société algérienne.
Cette grande fête-anniversaire, qui devrait être célébrée comme la journée de libération et être solennisée avec grand apparat par des défilés ainsi que des spectacles, des jeux, des sports, des fusils, des cloches, des feux de joie et des illuminations, d’un bout à l’autre de notre pays, inscrivant cette date maintenant et à jamais, est maintenant délaissée par nombre de citoyens, au grand dam de nos aïeuls et de notre histoire.
Yasmine ZOUAGHI